LA FEMME.--Bien, bien: quant à lui il a apporté sa maladie avec lui; il ne fait ici que l'entretenir. Je sais qu'il viendra à l'ombre de la maison pour étaler ses couronnes au soleil.

BOULT.--Si nous avions un voyageur de chaque nation, nous les logerions tous avec une telle enseigne.

LA FEMME.--Je vous prie, venez un peu ici. Vous êtes dans le chemin de la fortune; écoutez-moi. Il faut avoir l'air de faire à regret ce que vous ferez avec plaisir, et de mépriser le profit quand vous gagnerez le plus. Pleurez votre genre de vie, cela inspire de la pitié à vos amants: cette pitié vous vaut leur bonne opinion, et cette bonne opinion est un profit tout clair.

MARINA.--Je ne vous comprends pas.

BOULT.--Emmenez-la, maîtresse, emmenez-la; cette pudeur s'en ira avec l'usage.

LA FEMME.--Tu dis vrai, ma foi, cela viendra; la fiancée elle-même ne se prête qu'avec honte à ce qu'il est de son devoir de faire.

BOULT.--Oui, les unes sont d'une façon et les autres d'une autre. Mais dites donc, maîtresse, puisque j'ai procuré le morceau....

LA FEMME.--Tu voudrais en couper ta part sur la broche.

BOULT.--Peut-être bien.

LA FEMME.--Et qui donc te le refuserait? Allons, jeunesse, j'aime la forme de vos vêtements.