(Elle s'évanouit.)
PÉRICLÈS.--Que veut dire cette femme...? Elle se meurt: au secours!
CÉRIMON.--Noble seigneur, si vous avez dit la vérité aux pieds des autels de Diane, voilà votre femme.
PÉRICLÈS.--Respectable vieillard, cela ne se peut; je l'ai jetée de mes bras dans la mer.
CÉRIMON.--Sur cette côte même.
PÉRICLÈS.--C'est une vérité.
CÉRIMON.--Regardez cette dame.--Elle n'est mourante que de joie. Un matin d'orage, elle fut jetée sur ce rivage: j'ouvris le cercueil, j'y trouvai de riches joyaux, je lui ai rendu la vie et l'ai placée dans le temple de Diane.
PÉRICLÈS.--Pouvons-nous voir ces joyaux?
CÉRIMON.--Illustre seigneur, ils seront apportés dans ma maison, où je vous invite à venir.... Voyez, Thaïsa revit.
THAISA.--Oh! laissez-moi le regarder. S'il n'est pas mon époux, mon saint ministère ne prêtera point à mes sens une oreille licencieuse. O seigneur, êtes-vous Périclès? Vous parlez comme lui; vous lui ressemblez. N'avez-vous pas cité une tempête, une naissance, une mort?