HÉLICANUS.--Salut, ô ma reine!
THAISA.--Je ne vous connais pas.
PÉRICLÈS.--Vous m'avez entendu dire que, lorsque je partis de Tyr, j'y laissai un vieillard pour m'y remplacer. Pouvez-vous vous rappeler son nom? Je vous l'ai dit souvent.
THAISA.--C'est donc Hélicanus?
PÉRICLÈS.--Nouvelle preuve. Embrasse-le, chère Thaïsa; c'est lui. Il me tarde maintenant de savoir comment vous fûtes trouvée et sauvée; quel est celui que je dois remercier, après les dieux, de ce grand miracle?
THAISA.--Le seigneur Cérimon. C'est par lui que les dieux ont manifesté leur puissance; les dieux qui peuvent tout pour vous.
PÉRICLÈS.--Respectable vieillard, les dieux n'ont pas sur la terre de ministre mortel plus semblable à un dieu que vous. Voulez-vous me dire comment cette reine a été rendue à la santé?
CÉRIMON.--Je le ferai, seigneur. Je vous prie de venir d'abord chez moi, où vous sera montré tout ce qu'on a trouvé avec votre épouse; vous saurez comment elle fut placée dans ce temple; enfin, rien ne sera omis.
PÉRICLÈS.--Céleste Diane! je te rends grâces de ta vision, et je t'offrirai mes dons. Thaïsa, ce prince, le fiancé de votre fille, l'épousera à Pentapolis. Maintenant, cet ornement, qui me rend si bizarre, disparaîtra, ma chère Marina; et j'embellirai, pour le jour de tes noces, ce visage, que le rasoir n'a pas touché depuis quatorze ans.
THAISA.--Cérimon a reçu des lettres qui lui annoncent la mort de mon père.