L'APOTHICAIRE.—C'est ma pauvreté et non pas ma volonté qui consent.

ROMÉO.—C'est ta pauvreté que je paye, et non ta volonté.

L'APOTHICAIRE.—Mettez ceci dans un liquide quelconque, celui que vous voudrez; avalez-le, et eussiez-vous la force de vingt hommes ensemble, il vous aura expédié sur-le-champ.

ROMÉO.—Tiens, voilà ton or, poison plus funeste pour la vie des hommes, et qui commet bien plus de meurtres dans ce monde odieux que ces pauvres compositions que tu n'as pas la permission de vendre. C'est moi qui te vends du poison; toi tu ne m'en as pas vendu.—Adieu, achète de quoi manger et te remettre en chair.—Viens, cordial et non pas poison, viens avec moi au tombeau de Juliette: c'est là que tu dois me servir!

(Il sort.)

SCÈNE II

La cellule du frère Laurence.

Entre FRÈRE JEAN.

FRÈRE JEAN.—Saint franciscain, mon frère, holà!

(Entre frère Laurence.)