ROMÉO.—Quand la religieuse dévotion de mes yeux pourra me soutenir un pareil mensonge, que mes larmes se changent en flammes, et que ces hérétiques diaphanes, si souvent noyés sans pouvoir mourir, soient brûlés comme imposteurs. Une femme plus belle que mon amante! Le soleil qui voit tout n'a jamais vu son égale depuis le commencement du monde.

BENVOLIO.—Bon, vous l'avez vue belle parce qu'il n'y avait personne autre à côté; elle se balançait elle-même dans vos deux yeux: mais pesez dans ces balances de cristal la dame de vos pensées avec telle autre jeune fille que je vous montrerai brillant à cette fête, et à peine trouverez-vous bien celle qui vous paraît maintenant la plus belle de toutes.

ROMÉO.—J'irai, non pour y voir un semblable objet, mais pour m'y pénétrer de plaisir dans la splendeur de celui qui m'est cher.

(Ils sortent.)

SCÈNE III

Un appartement de la maison de Capulet.

LA SIGNORA CAPULET, LA NOURRICE de Juliette.

LA SIGNORA CAPULET.—Nourrice, où est ma fille? Appelle-la, qu'elle vienne.

LA NOURRICE.—Dans l'instant, sur mon honneur[12]..... à l'âge de douze ans—Je lui ai dit de venir.....—Quoi, mon agneau, mon oiseau du bon Dieu..... Dieu nous préserve..... Où est donc cette petite fille? Juliette!

Note 12: [(retour) ]

By my maidenhead.