JULIETTE.—Un vers que je viens d'apprendre de quelqu'un avec qui j'ai dansé.
(Une voix dans l'intérieur appelle Juliette.)
LA NOURRICE.—Tout à l'heure, tout à l'heure. (A Juliette.) Venez, allons-nous-en; tous les étrangers sont partis.
(Elles sortent.)
(Entre le choeur.)
LE CHOEUR.—Une ancienne passion languit maintenant sur son lit de mort, et de jeunes désirs soupirent après son héritage. Cette beauté pour qui l'amour gémissait et demandait à mourir, comparée à la tendre Juliette, a maintenant cessé d'être belle. Maintenant Roméo est aimé, et il aime à son tour; la magie des regards a jeté sur eux le même charme. Cependant il faut qu'il se plaigne à celle qu'il croit son ennemie, et qu'elle dérobe sur de cruels hameçons le doux appât de l'Amour. Étant tenu pour un ennemi, il ne pourra avoir accès près d'elle pour exprimer ces voeux que les amants ont accoutumé de jurer; tandis qu'elle, aussi pressée d'amour, aura bien moins de moyens encore de chercher à rencontrer celui qu'elle aime depuis un moment, mais la passion leur prête sa puissance, l'occasion leur fournira les moyens de se rapprocher, et tempérera leur détresse par une douceur extrême.
(Il sort.)
FIN DU PREMIER ACTE.