(Elles sortent.)
SCÈNE III
La cellule du frère Laurence.
Entrent FRÈRE LAURENCE et ROMÉO.
FRÈRE LAURENCE.—Roméo, sors de ta retraite: viens ici, homme craintif; l'affliction s'est éprise de tes mérites, et la calamité t'a épousé.
ROMÉO.—Mon père, quelles nouvelles? quel est l'arrêt du prince? quelle infortune encore inconnue demande à s'attacher à moi?
FRÈRE LAURENCE.—Mon cher fils n'est que trop accoutumé à cette cruelle société. Je t'apporte la nouvelle de l'arrêt du prince.
ROMÉO.—Eh bien! le jugement du prince est-il plus doux que le jour du jugement?
FRÈRE LAURENCE.—Un arrêt moins rigoureux s'est échappé de sa bouche: ce n'est pas la mort de ton corps, mais son bannissement.
ROMÉO.—Ah! le bannissement! aie pitié de moi; dis la mort. L'aspect de l'exil porte avec lui plus de terreur, beaucoup plus que la mort. Ah! ne me dis pas que c'est le bannissement.