HORTENSIUS.—C'est contre mon coeur.

TITUS.—Ne paraît-il pas étrange que Timon, en cela, paye plus qu'il ne doit? C'est comme si votre maître envoyait demander le prix des riches bijoux qu'il porte.

HORTENSIUS.—Les dieux me sont témoins combien ce message me pèse. Je sais que mon maître a eu sa part des richesses de Timon; cette ingratitude est plus criminelle que s'il les eût volés.

LE SERVITEUR DE VARRON.—Oui.—Mon billet à moi est de trois mille couronnes; et le vôtre?

LE SERVITEUR DE LUCIUS.—De cinq mille.

LE SERVITEUR DE VARRON.—C'est une grosse somme, et qui fait voir que la confiance de votre maître surpassait celle du mien, autrement sans doute que leurs créances seraient égales.

(Entre Flaminius.)

TITUS.—Voilà un des serviteurs du seigneur Timon.

LE SERVITEUR DE LUCIUS.—Flaminius! Holà, un mot! Le seigneur Timon est bientôt prêt à partir?

FLAMINIUS.—Non, vraiment, pas encore.