PREMIER SEIGNEUR.—Comment? Comment?
SECOND SEIGNEUR.—Et pourquoi, je vous prie?
TIMON.—Mes dignes amis, voulez-vous vous approcher?
TROISIÈME SEIGNEUR.—Je vous en dirai davantage tantôt: voilà un splendide repas préparé!
SECOND SEIGNEUR.—C'est toujours le même homme.
TROISIÈME SEIGNEUR.—Cela durera-t-il? Cela durera-t-il?
SECOND SEIGNEUR.—A présent, bon; mais un temps viendra, où....
TROISIÈME SEIGNEUR.—Je vous entends.
TIMON.—Que chacun prenne sa place avec l'ardeur qu'il mettrait à s'approcher des lèvres de sa maîtresse: vous serez également bien servis en quelque lieu que vous vous placiez. Ne faites point de cérémonie et ne laissez point refroidir le dîner, pendant que nous décidons des premières places. Asseyez-vous, asseyez-vous.—Rendons d'abord grâces aux dieux.
«O vous, grands bienfaiteurs, inspirez à notre société la reconnaissance. Faites-vous rendre grâces de vos dons, mais réservez toujours quelques bienfaits, si vous ne voulez pas voir vos divinités méprisées. Prêtez à chaque homme assez pour qu'aucun n'ait besoin de prêter à un autre. Si vos divinités étaient réduites à emprunter des hommes, les hommes abandonneraient les dieux. Faites que le festin soit plus aimé que l'hôte qui le donne; qu'il ne se forme jamais une assemblée de vingt convives, sans qu'il y ait une vingtaine de fripons. S'il se trouve douze femmes à table, qu'elles soient.... ce qu'elles sont déjà. Pour le reste de vos dons! ô dieux!.... que les sénateurs d'Athènes, avec toute la lie du peuple athénien, que leurs vices, ô dieux, soient les instruments de leur destruction.—Quant à tous ces amis qui m'environnent, comme ils ne sont rien pour moi, ne les bénissez en rien, et qu'ils ne soient les bienvenus à rien.»