TIMON.—Sois toujours prostituée. Ceux qui jouissent de toi ne t'aiment point. Donne-leur des maladies pour prix de leur incontinence. Emploie bien tes heures de lubricité, prépare ces esclaves pour les baquets et les bains, et réduis à la diète et aux remèdes la jeunesse aux joues de rose.
TIMANDRA.—Va te faire pendre, monstre!
ALCIBIADE.—Pardonne-lui, chère Timandra; son esprit s'est perdu et noyé dans ses calamités.—Brave Timon, il ne me reste qu'un peu d'or, dont la disette excite tous les jours quelque révolte parmi mes soldats indigents. J'ai appris avec douleur comment la maudite Athènes, sans faire cas de ton mérite, oubliant tes grandes actions, qui la sauvèrent lorsque les États voisins allaient l'écraser, sans ton épée et ta fortune....
TIMON.—Je te prie, fais battre tes tambours, et va-t'en.
ALCIBIADE.—Mon cher Timon, je suis ton ami et je te plains.
TIMON.—Comment peux-tu plaindre celui que tu importunes? J'aimerais mieux être seul.
ALCIBIADE.—Eh bien! porte-toi bien; voilà un peu d'or pour toi.
TIMON.—Garde-le, je ne peux pas le manger.
ALCIBIADE.—Quand j'aurai fait de la superbe Athènes un monceau de....
TIMON.—Fais-tu la guerre à Athènes?