MUTIUS, à Titus.--Seigneur, vous ne passerez point cette porte.

TITUS.--Quoi, traître, tu me fermeras le chemin à Rome!

(Il le poignarde.)

MUTIUS, tombant.--Au secours, Lucius, au secours?

LUCIUS.--Seigneur, vous êtes injuste, et plus que cela; vous avez tué votre fils dans une querelle mal fondée.

TITUS.--Ni toi, ni lui, vous n'êtes plus mes fils: mes fils n'auraient jamais voulu me déshonorer. Traître, rends Lavinia à l'empereur.

LUCIUS.--Morte, si vous le voulez; mais non pas pour être son épouse, puisqu'elle est légitimement promise à la tendresse d'un autre.

(Il sort.)

SATURNINUS.--Non, Titus, non. L'empereur n'a pas besoin d'elle; ni d'elle, ni de toi, ni d'aucun de ta race; il me faut du temps pour me fier à celui qui m'a joué une fois; jamais tu n'auras ma confiance, ni toi, ni tes fils perfides et insolents, tous ligués ensemble pour me déshonorer. N'y avait-il donc dans Rome que Saturninus, dont tu pusses faire l'objet de tes insultes? Cette conduite, Andronicus, cadre bien avec tes insolentes vanteries lorsque tu dis que j'ai mendié l'empire de tes mains.

TITUS.--O c'est monstrueux! quels sont ces reproches?