TAMORA.--Où est votre frère Bassianus?

SATURNINUS.--Oh! vous touchez au fond de ma blessure; l'infortuné Bassianus est ici assassiné.

TAMORA.--Alors je vous apporte trop tard ce fatal écrit, le plan de cette tragédie prématurée; et je suis bien étonnée que le visage d'un homme puisse cacher dans les replis d'un sourire gracieux tant de cruauté et de barbarie.

(Elle donne une lettre à Saturninus.)

SATURNINUS la lit.--«Si nous manquons de le joindre à propos;--mon bon chasseur!--C'est Bassianus, que nous voulons dire.--Songe seulement à creuser un tombeau pour lui; tu nous entends.--Va chercher ta récompense sous les orties au pied du sureau, qui couvre de son ombrage l'ouverture de cette même fosse où nous avons résolu d'enterrer Bassianus, fais cela et tu acquerras en nous des amis sûrs.» O Tamora! a-t-on jamais entendu rien de pareil? Voici la fosse, et voilà le sureau; voyez, amis, si vous pourriez découvrir le chasseur qui doit avoir assassiné ici Bassianus.

AARON, cherchant.--Mon digne souverain, voici le sac d'or.

(Il le montre.)

SATURNINUS, à Titus.--Deux dogues nés de toi, dogues cruels et sanguinaires, ont ôté ici la vie à mon frère. (A sa suite.) Arrachez-les de la fosse pour les traîner en prison; qu'ils y restent jusqu'à ce que nous ayons inventé pour leur supplice des tortures nouvelles et inouïes.

TAMORA.--Quoi! ils sont dans cette fosse? O prodige! avec quelle facilité le meurtre se découvre!

TITUS.--Auguste empereur, je vous demande à genoux une grâce, avec des larmes qui ne coulent pas aisément, c'est que ce crime atroce de mes enfants maudits, maudits si leur crime est prouvé.....