TITUS.--Allons, drôle, approche: ne fais plus de difficulté; mais donne tes pigeons à l'empereur. Par moi, tu obtiendras de lui justice.--Arrête, arrête!--En attendant, voilà de l'argent pour ta commission.--Donnez-moi une plume et de l'encre.--L'ami, peux-tu remettre une supplique avec grâce?

LE PAYSAN,--Oui, monsieur.

TITUS.--Eh bien, voilà une supplique pour toi. Et quand tu seras introduit près de l'empereur, dès le premier abord il faut te prosterner; ensuite lui baiser les pieds; et alors remets-lui tes pigeons, et alors attends ta récompense. Je serai tout près, l'ami: vois à t'acquitter bravement de ce message.

LE PAYSAN.--Oh! je vous le garantis, monsieur: laissez-moi faire.

TITUS.--Dis, as-tu un couteau? Voyons-le.--Marcus, plie-le dans la harangue: car tu l'as faite sur le ton d'un humble suppliant.--Et lorsque tu l'auras donnée à l'empereur, reviens frapper à ma porte, et dis-moi ce qu'il t'aura dit.

LE PAYSAN.--Dieu soit avec vous, monsieur! Je le ferai.

TITUS.--Venez, Marcus, allons.--Publius, suis-moi.

(Ils sortent.)

SCÈNE IV

La scène est devant le palais.