LE ROI.--Les cieux te protègent, Lafeu, puisqu'ils ont mis au jour cette découverte. Qu'on cherche cette infortunée: allez promptement, et qu'on ramène ici le comte. (Le gentilhomme sort avec quelques autres personnes de la suite du roi; les gardes ramènent Bertrand.)--Je tremble, madame, qu'on n'ait traîtreusement arraché la vie à Hélène.
LA COMTESSE.--Eh bien! justice sur les assassins!
LE ROI, à Bertrand.--Je m'étonne, seigneur, puisque les femmes sont des monstres à vos yeux, puisque vous les fuyez après leur avoir juré mariage, que vous désiriez vous marier.--Quelle est cette femme?
(Entrent la veuve et Diane.)
DIANE.--Je suis, seigneur, une malheureuse Florentine, descendue des anciens Capulets. Ma prière, à ce que j'entends, vous est connue. Vous savez donc aussi combien je suis digne de pitié.
LA VEUVE.--Et moi, sire, je suis sa mère, seigneur, dont l'âge et l'honneur souffrent également des affronts dont nous nous plaignons ici; tous deux succomberont si vous n'y portez remède.
LE ROI.--Approchez, comte. Connaissez-vous ces femmes?
BERTRAND.--Mon prince, je ne puis ni ne veux nier que je les connaisse. De quoi m'accusent-elles?
DIANE.--Pourquoi affectez-vous de ne pas reconnaître votre femme?
BERTRAND.--Elle ne m'est rien, seigneur.