Entrent LE DUC DE FLORENCE, DEUX SEIGNEURS FRANÇAIS; Gardes. Fanfares.

LE DUC.--Ainsi, vous voilà instruits de point en point des raisons fondamentales de cette guerre, dont les grands intérêts ont déjà fait verser bien du sang, en restant toujours altérés d'en répandre.

PREMIER SEIGNEUR.--La querelle paraît sacrée de la part de Votre Altesse; mais de la part des ennemis, elle semble inique et odieuse.

LE DUC.--C'est pourquoi je m'étonne fort que notre cousin le roi de France puisse, dans une cause aussi juste, fermer son coeur à nos prières suppliantes.

SECOND SEIGNEUR.--Mon bon seigneur, je ne puis vous éclairer sur les motifs de notre gouvernement, ni en parler que comme un homme ordinaire qui n'est pas dans les affaires, et qui s'imagine l'auguste machine du conseil d'après ses imparfaites notions: aussi je n'ose pas vous dire ce que j'en pense, d'autant moins que je me suis vu trompé dans mes incertaines conjectures toutes les fois que j'ai tenté d'en faire.

LE DUC.--Qu'il fasse suivant son bon plaisir.

SECOND SEIGNEUR.--Mais je suis sûr du moins que notre jeunesse, rassasiée de son repos, va accourir ici tous les jours pour se guérir.

LE DUC.--Ils seront bien reçus, et tous les honneurs que nous pouvons répandre iront s'attacher sur eux. Vous connaissez vos postes. Quand les premiers de l'armée tombent, c'est pour votre avantage.--Demain au champ de bataille!

(Ils sortent.)

SCÈNE II