HÉLÈNE.--Je vous remercie humblement. Je désirerais beaucoup que vous, madame, et votre aimable fille, vous voulussiez bien souper avec moi ce soir. Je me chargerai des frais et des remerciements; et pour vous témoigner davantage ma reconnaissance, je donnerai à cette jeune personne quelques conseils dignes d'attention.

TOUTES DEUX ENSEMBLE.--Nous acceptons vos offres bien volontiers. (Elles sortent.)

SCÈNE VI

Le camp devant Florence.

Entrent BERTRAND ET DEUX SEIGNEURS FRANÇAIS.

PREMIER SEIGNEUR.--Je vous en conjure, mon cher comte, mettez-le à cette épreuve: laissez-lui faire sa volonté.

SECOND SEIGNEUR.--Si Votre Seigneurie ne reconnaît pas qu'il est un lâche, ne m'honorez plus de votre estime.

PREMIER SEIGNEUR.--Sur mon honneur, seigneur, c'est une bulle de savon.

BERTRAND.--Pensez-vous donc que je me trompe à ce point sur son compte?

PREMIER SEIGNEUR.--Croyez ce que je vous dis, seigneur, d'après ma propre connaissance, et sans aucune malice, et avec la même vérité que si je vous parlais de mon parent. C'est un insigne poltron, un déterminé et éternel menteur, qui manque autant de fois à sa parole qu'il y a d'heures dans le jour: en un mot, n'ayant pas une seule bonne qualité pour mériter les bontés de Votre Seigneurie.