[Note 40: ][ (retour) ] Allusion à la maladie française, Morbus gallicus.

LAFEU.--Quel est ce prince?

LE BOUFFON.--Le prince noir, monsieur: Alias, le prince des ténèbres; Alias, le diable.

LAFEU.--Arrête-là, voilà ma bourse. Je ne te la donne pas pour te débaucher du service du maître dont tu parles: continue de le servir.

LE BOUFFON.--Je suis né dans un pays de bois, monsieur, et j'ai toujours aimé un grand feu, et le maître dont je parle entretient toujours bon feu. Mais puisqu'il est le prince du monde, que sa noblesse se tienne à sa cour. Je suis, moi, pour la maison à porte étroite, que je crois trop petite pour que la pompe puisse y passer; quelques personnes qui s'humilient le pourront; mais le grand nombre sera trop frileux et trop délicat, et ils préféreront le chemin fleuri qui conduit à la porte large et au grand brasier.

LAFEU.--Va ton chemin: je commence à être las de toi, et je t'en préviens d'avance, parce que je ne voudrais pas me disputer avec toi. Va-t'en; veille à ce qu'on ait bien soin de mes chevaux sans tour de ta façon.

LE BOUFFON.--Si je leur joue quelques tours, ce ne seront jamais que des tours de rosse; ce qui est leur droit par la loi de nature.

(Il sort.)

LAFEU.--Un rusé coquin, un mauvais drôle!

LA COMTESSE.--C'est vrai. Feu mon seigneur s'en divertissait beaucoup. C'est par sa volonté qu'il reste ici, et il s'en autorise pour se permettre ses impertinences. Et en effet, il n'a aucune marche réglée: il court où il veut.