CRESSIDA.—Quoi, ce gage?
DIOMÈDE.—Oui, cela même.
CRESSIDA.—O dieux du ciel!... O joli, joli gage! ton maître maintenant est dans son lit songeant à toi et à moi; et il soupire, il prend mon gant, et le baise doucement en souvenir de moi, comme je te baise ici... Non, ne me l'arrachez pas: celui qui m'enlève ceci doit m'enlever mon coeur en même temps.
DIOMÈDE.—J'avais votre coeur auparavant: ce gage doit le suivre.
TROÏLUS.—J'ai juré que je serais patient.
CRESSIDA.—Vous ne l'aurez pas, Diomède: non, vous ne l'aurez pas: je vous donnerai quelque autre chose.
DIOMÈDE.—Je veux avoir ceci.—A qui était-ce?
CRESSIDA.—Peu importe.
DIOMÈDE.—Allons, dites-moi à qui cela appartenait.
CRESSIDA.—Cela appartenait à un homme qui m'aimait plus que vous ne m'aimerez.—Mais, maintenant que vous l'avez, gardez-le.