MARGARÉLON survient.—Tourne-toi, esclave, et combats.

THERSITE.—Qui es-tu?

MARGARÉLON.—Un fils bâtard de Priam.

THERSITE.—Je suis bâtard aussi. J'aime les bâtards: je suis bâtard de naissance, bâtard d'éducation, bâtard dans l'âme, bâtard en valeur, bâtard en tout. Un ours n'en mord pas un autre; pourquoi donc les bâtards se feraient-ils du mal? Prends-y garde, la dispute nous serait fatale. Si le fils d'une femme perdue combat pour une femme perdue, il appelle le jugement. Adieu, bâtard.

MARGARÉLON.—Que le diable t'emporte, lâche!

(Ils sortent.)

SCÈNE IX

Le théâtre représente une autre partie de la plaine.

Entre HECTOR.

HECTOR.—Coeur gangrené, sous de si beaux dehors, ta belle armure t'a coûté la vie! A présent ma tâche de ce jour est finie, je vais reprendre haleine. Repose-toi, mon épée: tu es rassasiée de sang et de carnage.