La particule tente les bourgeois. Tandis que la comtesse de Martel, née Mirabeau, adopte un monosyllabe gamin : « Gyp », Louise Chassaigne, épouse Pourpre, se fit appeler « Liane de Pougy » (à cause de son linge, elle garda les mêmes initiales) ; le dramaturge Wiener se mue en « Francis de Croisset » et ce serin de Dupont, né Durand, écrit au-dessous des papotages dont il paie l’insertion : « Marquis de Lardillon de Laboucle de Monbissac ».

Dans la « Ruche » où bourdonnent les Abeilles butinant les Modes des Femmes de France, dans les Tablettes où stridulent moult cigales, dans les Elégances de Paris, ailleurs encore, les pseudonymes sont de rigueur. Il en est de significatifs. Si un mari autorise sa femme à correspondre avec l’une de ces affranchies qui signent leurs communiqués « Bilitis, Mlle de Maupin, La fille aux yeux d’or, Sapho », c’est qu’il n’a jamais lu Pierre Louÿs, Théophile Gautier, Balzac ni la poëtesse à qui l’amour semblait glukupikros « mêlé de douceur et de fiel » comme traduit Lamartine.

Ou bien c’est un daim.

CHAPITRE II

Les deux Willy. Octopodes autobiographiques. Mon ancêtre le Maréchal de Villars.

Le kaiser Guillaume II est né en 1859. Moi aussi.

Il a quitté sa patrie pour vivre à l’étranger. Moi aussi.

Il signe toute sa correspondance « Willy ». Moi aussi.

Mais là s’arrête la ressemblance.

Tandis que le Hohenzollern s’enorgueillit d’aïeux importants, ma naissance est modeste et mes vœux sont ceux « d’un simple bachelier » (ès-lettres).