Le fait à peine ébruité, tous les géants pères de famille le voulurent pour gendre, et, voyant de quelle façon le peuple nain récompensait ses serviteurs, ce fut à qui, parmi eux, se ferait l’homme-lige d’une peuplade.

C’est ainsi que, grâce à Kreiss, on vit les géants entrer au service des nains, et reconnaître leur supériorité.

Des sceptiques ont avancé qu’il n’y avait dans cette histoire qu’un symbole. Selon eux, ce géant attaché à la terre et muselé par des nains, c’était le peuple, le peuple toujours courbé, toujours soumis malgré sa force; les nains qui habitaient sous le chêne (l’arbre sacré de tous les peuples d’origine celtique), c’était le clergé. Fi des vilaines gens qui d’une tradition font un apologue et de notre ami Kreiss un druide!

Les nains, réconciliés avec les hommes, firent exécuter par leurs géants des travaux de viabilité, des ponts, des routes, dont plus tard on attribua la construction aux Romains.

La croyance aux petits nains existe encore aujourd’hui dans la plupart des pays du nord. Ils peuplent par myriades les souterrains et les rochers de la Westphalie, de la Suède et de la Norvége, où ils travaillent à amasser des trésors.