Mes deux poneys s’étaient arrêtés devant une vaste maison, toute décorée à son entrée d’arbustes en caisse; je descendis. J’étais non dans un café, mais dans une brasserie. Les cafés sont rares à Carlsruhe, à ce qu’il paraît. J’appelai un garçon, qui accourut aussitôt armé d’une chope de bière.

«Savez-vous le français? lui demandai-je.

—Ia, meinherr.

—Avez-vous ici des journaux français?

—Ia, meinherr.

—Apportez-m’en un, n’importe lequel.

—Ia, meinherr.»

Le journal ne venant pas assez vite au gré de mon impatience, j’appelai de nouveau le garçon, le même, celui qui savait le français; il m’apporta une seconde chope de bière, que je refusai.

«C’est le journal que je demande, lui dis-je; je suis pressé; procurez-le-moi tout de suite.

—Ia, meinherr.» Il s’éloigna, et je ne le revis plus.