—Oui, monsieur.

—Eh bien?... Et le malheureux tressaillait d'espérance.

—Eh bien! répondit le commandant, pour ce fait seul, vous allez être transporté dans une des loges du vieux bastion, où vous resterez au secret durant un mois.

—Mais enfin,—s'écria Charney, essayant de lutter encore contre la cruelle réalité qui le dépouillait de ses dernières illusions,—l'empereur, qu'a-t-il dit?

—L'empereur ne s'occupe point de pareilles fadaises, lui fut-il dédaigneusement répondu.

Charney prit la chaise unique dont sa chambre était meublée, s'assit, et ce qui se passa ensuite autour de lui parut à peine distraire son attention.

—Ce n'est pas tout. Vos moyens de communications connus, vos relations avec le dehors dévoilées, il est naturel de penser que votre correspondance s'est étendue plus loin. Avez-vous écrit à d'autres personnes qu'à Sa Majesté?

Charney ne répondit pas.

—Une visite a été ordonnée, continua le commandant d'un ton plus sec, et ces messieurs que voici, délégués par le gouverneur de Turin, y vont procéder sur-le-champ, en votre présence, comme le veut la loi. Avant l'exécution de cet ordre, désirez-vous faire des révélations? Elles ne peuvent être que favorables à votre cause.

Même silence de la part du prisonnier.