« Oui, disait-il, tout a souri au Vieux-Soleil, jusqu'au moment où un étranger, fils des massacreurs de notre race, est venu prendre place à son foyer… »

A ce moment, je pensais :

« Cela va aller mal!… » Mais je laissais mon homme continuer.

Enhardi par mon silence, il s'embarqua dans la triste issue de la chasse ; il montrait la tribu ruinée par la faute… de qui?… de l'étranger ; puis il aborda la mort de Natos-Apiw. Une balle égarée par un mauvais sort avait atteint le chef…

A ce moment, je m'écriai :

« Il n'y a pas eu de mauvais sort, il n'y a eu qu'un assassin… Tu t'appelles la Poudre, et c'est toi qui a fait parler la poudre. »

A ces mots, affolé de colère, le jongleur leva la main sur moi… Je ne lui laissai pas le temps de la laisser retomber. D'un coup de crosse de pistolet, je lui fendis le crâne…

Il s'affala près de moi râlant.

Le peuple était haletant. Instinctivement tout le monde s'agenouilla.

« Mes amis, dis-je, ne croyez plus aux jongleurs. Je ne suis pas plus sorcier que ce misérable ; je suis un vengeur, j'ai vengé le Vieux-Soleil… Et maintenant, adieu! Merci de votre généreuse hospitalité. J'ai goûté parmi vous le bonheur de la vie… Adieu!… Paix à vous!… Adieu! »