— Allez retrouver votre cabotine ! puisque vous n’aimez de l’amour que les sales plaisirs que ces créatures-là peuvent donner ! avait ordonné dédaigneusement l’éthérée péronnelle qui définitivement refusait de redescendre de son nuage.
Et Fernand, les nerfs à bout, la gorge étranglée de sanglots, était parti, sans chapeau, comme un fou.
Vraiment, à revoir la douce figure tendre de Blanche, il éprouva un soulagement reconnaissant ; un remords le saisit, et comme sa maîtresse lui offrait ses lèvres dans un baiser de bienvenue, il éclata soudain en larmes, se jeta sur les molles mains bienfaisantes qu’on lui abandonnait et s’en voilant le front où elles mirent, ces mains amies, une fraîcheur d’absolution, il cria :
— Pardon, ma chérie ! pardon ! si tu savais ! si tu savais !
— Mais je sais, mon pauvre petit, je sais, et tu es tout pardonné, sois tranquille ! dit Mésange simplement. Et, lui entourant la tête de ses bras, elle baisa les tristes yeux du criminel repentant.
Fernand murmura :
— Oh ! c’est fini. Tu ne m’aimes plus ; tu n’es même plus jalouse.
— Quand même je serais jalouse, à quoi bon t’ennuyer de ma jalousie, puisque te voilà revenu ? Tu es bête, mon chéri. C’est justement parce que je t’aime que je veux te rendre accueillant le seuil de la maison. Quand l’enfant prodigue est rentré chez son père, le père a tué le veau gras. Justement, tiens ! ce soir il y a de la blanquette ! Ris donc, puisque je te jure que tout est oublié !!
Elle ajouta, plus sérieuse :
— Tout ça n’est pas de ta faute ! Tu t’es laissé monter le coup ! Tu n’es pas le premier et tu ne seras pas le dernier. Embrasse-moi, tiens, et ne pensons plus à tout ce cauchemar !