— Marguerite Duclore ! sinistre, avec ses cheveux noirs, ses yeux noirs, ses sourcils noirs, ses vêtements noirs, tout une gamme sombre violentée par une fente sanglante, sa bouche, au milieu d’une figure de cire, blafarde et mate, une tête de mort, maquillée, la croupe maintenue dans une résille de chenille, rappel des Ollé ! Ollé ! des soirs d’été aux Champs-Elysées.
— Willat ! le chanteur classique dont les jambes dansent dans le pantalon noir, l’air croque-mort ou charpentier mal habillé, les yeux injectés de sang. On crie à son passage : bravo !
Brave Willat ! on chuchote qu’il a bigrement du talent, celui-là ! Plus que Fernand pour sûr…
— Oui, mais, ajoute une bonne âme, il n’a pas payé la presse lui, pour se lancer !… Et aïe donc !
— Stellaire ! oh ! regardez-la donc, quelle toilette ! C’est pas un chapeau, c’est un canapé qu’elle a sur la tête !
Et tous les titis de se tordre, on lui crie le refrain qu’elle chante tous les soirs :
P’stt, p’stt… écoutez-moi donc !
— Tas d’idiots ! riposte Stellaire fâchée et froufroutante, la taille guêpée d’une ceinture ciselée et incrustée de turquoises, mais entrant pieuse et recueillie dans l’église où elle demande à la Vierge la « veine » pour des choses impures…
A sa suite venaient d’autres femmes, toutes plus belles les unes que les autres, des teints un peu vannés mais ravivés au rouge, des yeux brillants de fard, des bouches en as de cœur saignant, d’un arrangement que la lumière du soir atténue, mais que le jour cru rend d’une inutilité absolue, hélas ! exagérant encore des ans l’irréparable outrage !
L’orgue attaquait la marche nuptiale et derrière les derniers invités, la foule envahit le sanctuaire.