Deux jours après, elle arrivait, émue, chez Drulom.

Un mois après on lui avait appris quatre chansons de « Gommeuse ». Drulom ayant constaté, paternellement, que ses jambes valaient la peine d’être vues, avait choisi pour elle, et cela sans hésiter, la tenue qui mettrait le plus en valeur la jeunesse et les beautés de la petite…

— Gommeuse !! C’est-à-dire épaules nues, bras nus, seins nus, jambes nues… on cacherait juste ce qu’on ne pouvait, hélas ! pas montrer…

Drulom lui vendit son premier costume… des bas jusqu’au grand chapeau… pour le prix de six mois de ses appointements !!!

Mais comme il était un brave homme… il lui laisserait la facilité de le payer à raison de 75 francs par mois… il resterait donc à la fillette 75 autres francs pour son entretien, blanchissage, nourriture et son logement !!!

C’était maigre, la petite en resta toute bouleversée ! Mais elle avait signé… Monsieur Drulom avait d’elle un grand papier… et puis, ce n’était que six mois à patienter ; une fois les premiers frais payés, ça irait mieux… Mais dans six mois, le costume serait fané, il en faudrait un autre, et alors ?

Elle alla, toute inquiète, chez la couturière qui fabriquait les commandes des protégées de Drulom, et lui demanda si elle ne pourrait pas, en cas de besoin, lui faire une jolie robe pour beaucoup moins cher… Pensez donc, neuf cents francs pour un costume !

— Je vous donnerai le même pour deux cents, mademoiselle, lui dit la couturière narquoise et renseignée…

— Deux cents francs ! alors, pourquoi est-ce neuf cents, cette fois-ci ?

— Je ne sais pas… moi, je le vends à Drulom deux cents voilà tout…