C’étaient un homme, une femme et un garçonnet, chargés, l’un, d’une vieille valise, la seconde, d’un paquet noué dans une toilette de couturière, et le troisième, d’une boîte à violon.
— Je n’en peux plus ! déclara tout à coup la femme, en se laissant tomber assise sur le bord de la côte. Pas un souffle de vent n’agitait les verdures roussies des plants de vignes, échelonnées, à perte de vue, à droite et à gauche.
— Encore un peu de courage ! Voilà les premières maisons en vue. Il y à la goutte à boire là-haut ! répondit l’homme en essayant de plaisanter. Il avait une triste figure rasée, sous un chapeau de paille déformé et sali, et la femme, avec un gros soupir, allait se redresser sur ses jambes lasses, quand le gamin, la face soudainement livide, s’affaissa, à son tour, dans la poussière, en portant la main à sa poitrine, avec ce seul cri :
— Maman !
Tous deux, le père et la mère, s’étaient déjà précipités. Mais l’enfant rouvrit ses yeux qu’il avait fermés un moment. Un peu de couleur revint à ses pommettes, et il dit :
— Ce n’est rien. C’est au cœur que ça m’a fait mal… mais c’est passé !!…
Il sourit aux deux visages d’angoisse qui se penchaient sur lui, et bravement se releva, tout à fait.
— Allons ! fit-il. Et, d’un élan vif, ramassant sa boîte à violon, il reprit l’ascension, le premier, à pas rapides.
Au bout de dix minutes, en effet, le trio débouchait dans la grand’rue du village. Un village d’Ile-de-France, aux maisons basses, toiturées de tuiles, et pareilles, aux deux côtés de la route.
— Il faut maintenant trouver l’auberge à la mère Colin ! émit en soufflant et en tamponnant de son mouchoir ses cheveux défrisés, la femme.