--Qu'il te donne plutôt deux canes et un canard, dit Mme Dumont; je t'enverrai un coq et deux poulettes de ma belle race.
--Et moi, dit Auguste, qui était devenu un bel officier, je t'apporterai une paire de ces jolis pigeons que tu aimes tant.
--Et moi, dit Mme Sophie, je te donnerai une jolie chatte à longs poils pour te tenir compagnie; car, ma pauvre Jeanne, tu vas trouver la maison bien grande quand tu seras seule toute la journée.
--Oh! je vais chercher de l'ouvrage tout de suite après avoir sevré Sylvain. Quand vous aurez besoin de quelqu'un, ne m'oubliez pas, s'il vous plaît.
--Et la petite Nannette, qu'en feras-tu quand tu iras travailler?
--Je la mènerai au Grand-Bail, ainsi que son frère; ils s'amuseront autour de la maison: Nannette gardera le petit, et Louise aura l'oeil sur les deux.
--Comme il est frais, ton Sylvain! Jeanne; si j'ai un enfant, tu me le nourriras, dit Mme Isaure.
--Avec grand plaisir, ma chère dame; ordonnez ici comme chez vous.»
Jeanne a de la peine à s'habituer à vivre seule.
Mme Sophie avait raison; Jeanne n'était pas accoutumée à tant de tranquillité: il lui semblait qu'elle n'eût point d'occupation. Quand son ménage était fait, qu'elle avait promené la chèvre et qu'elle lui avait amassé de l'herbe, le reste de la journée lui paraissait bien long.