--Ce n'est pas possible, mon enfant: les bijoux ne poussent pas comme l'herbe dans les champs.
--Et si personne ne le redemande?
--Ça ne doit pas nous empêcher de chercher à qui ce bracelet peut appartenir; nous nous en informerons dans tout le pays.
--Et s'il n'est à personne?
--Eh bien, nous le garderons soigneusement, et l'on finira par venir le réclamer.»
Jeanne ne paraissant pas très-contente, sa mère lui dit: «Écoute-moi, ma Jeanne: si tu avais perdu ton bissac en chemin, ne serais-tu pas contente qu'on te le rendît?
--Oui, maman, car il m'est bien utile pour mettre le pain qu'on me donne.
--Eh bien! la dame qui a perdu ce joyau en est en peine; elle le regrette comme tu regretterais ton bissac. Dès que nous saurons où elle demeure, nous le lui reporterons.»
Quand elles furent rentrées chez la mère Nannette, elles lui montrèrent ce qu'elles avaient trouvé et lui demandèrent si elle savait qui pouvait avoir perdu un si beau bijou.
«Ce ne peut être que Mme Dumont; il n'y a qu'elle dans le pays qui porte des choses pareilles. Elle demeure dans le voisinage, derrière les beaux arbres que l'on voit d'ici. Il faut aller le lui reporter tout de suite, si vous n'êtes point trop lasses; suis sûre qu'elle en est fort inquiète.