Se, come devo credere, la comunicazione scritta di Salisbury è conforme alle dichiarazioni verbali fatte a me, lo scambio delle lettere autografe fra i primi ministri Italia ed Inghilterra costituisce accordo completo nella questione di Tripoli. È probabile che Imperatore di Germania abbia avuto contezza della corrispondenza.

La risposta di lord Salisbury fu la seguente:

Londres, 4 août 1890.

Mon cher Signor Crispi,

J'ai l'honneur d'accuser réception de la lettre dont Votre Excellence a bien voulu m'honorer. Je l'ai lue avec le plus grand intérêt.

Je suis d'accord avec Votre Excellence sur l'avenir probable de la Tunisie. Elle deviendra fatalement Française un jour ou l'autre: mais je crois cette issue assez loin. Aussi, je me trouve en parfaite harmonie avec vos idées sur le danger d'une avance ultérieure de la part de la France. Les intérêts politiques de la Grande Bretagne aussi bien que ceux de l'Italie ne comportent pas que la Tripolitaine ait une destinée semblable à la Tunisie. Il faut absolument parer à une telle éventualité, quand elle nous menacera. Mais je ne la crois pas proche. La France a beaucoup de chemin à faire avant de se trouver à ce point là.

Or, dans une telle affaire, les précautions prématurées sont pleines de danger.

Si l'Italie venait à occuper Tripoli en temps de paix sans que la France ait pris aucune mesure aggressive, elle s'exposerait au reproche d'avoir réveillée la question d'Orient dans des conditions fort désavantageuses. Le Sultan ne supportera pas la perte d'une autre province sans pousser des hauts cris. Pour garder son territoire il fera sacrifice de son indépendance, et il acceptera le protectorat et le soutien de la Russie.

Ainsi, si j'osais offrir une conseil à Votre Excellence, je la prierais vivement d'agir avec beaucoup de circonspection et de patience dans cette affaire; et, tant que les desseins de la France n'ont pas pris corps, d'éviter toute action qui pourrait nous compromettre irrévocablement avec le Sultan.

Je prie Votre Excellence de croire toujours à la sympathie vive que le peuple et le gouvernement Anglais ressentent pour l'Italie: et d'agréer l'assurance de ma considération et mon respect.