Roma, gennaio 1913.

T. Palamenghi-Crispi. [pg!1]

[GERMANIA, ITALIA E FRANCIA.]

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[Capitolo Primo. — Il cancelliere Caprivi e Crispi.]

Leone di Caprivi annunzia a Crispi di avere assunto la direzione degli affari politici della Germania. — Scambio di saluti e proteste di fedeltà. — Caprivi viene in Italia per conferire con Crispi. — Colloquii del 7 e dell' 8 novembre 1890.

Il 20 marzo 1890 Guglielmo II di Germania nominava Cancelliere dell'Impero e Presidente del Ministero prussiano il generale conte Leone di Caprivi, in sostituzione del principe Ottone di Bismarck. Assumendo gli altissimi uffici il di Caprivi dirigeva a Francesco Crispi, il quale dall'agosto 1887 reggeva il Ministero degli Affari esteri d'Italia, la seguente lettera:

[Confidentielle]

«Berlin, le 3 avril 1890.

Monsieur le Président et cher collègue,

La volonté de mon Souverain m'a imposé la tâche de prendre la direction des affaires politiques de l'Allemagne après le plus grand ministre que ce pays ait jamais vu.

Amené depuis longtemps par la logique des choses comme par mes inclinations à un sentiment de ferme sympathie pour le groupement actuel des amitiés politiques, je m'étais familiarisé avec l'idée d'avoir peut-être à defendre ce principe en soldat, le jour où la défense en serait devenue nécessaire.

Mais mon Auguste Maître en a décide autrement. Il m'a appelé à collaborer avec les hommes d'état, qui [pg!4] ont à coeur de défendre essentiellement par des moyens pacifiques l'état des choses existant.

Puisqu'il en est ainsi, je Vous prie, Monsieur le Président, de croire que, tant que je resterai dans ma position actuelle, l'Empire d'Allemagne continuera sa politique sincère et pacifique, sans s'écarter jamais du principe de rester en toute circonstance l'ami de ses amis. C'est là la tâche qui m'est prescrite par mon Souverain comme par ma conscience. A ce titre je viens réclamer, pour le travail en commun qui est devant nous, la confiance de Votre Excellence. La mienne est acquise de longue date au ministre éminent que ma patrie est heureuse d'appeler son ami.

Je Vous prie, Monsieur le Président et cher collègue, d'agréer l'expression franche et cordiale des sentiments de haute estime de

Votre tout dévoué
von Caprivi.»

Monsieur le Président et cher collègue,

A questo saluto rispondeva Crispi: