—Préférez–vous, Sanderini, que jʼaille mʼacheter mon coin de terre dans un petit cimetière de banlieue? Je le ferai sans doute, ce soir peut–être, ou le premier jour que jʼaurai la force de vaincre ce petit frisson... Car là–bas, dans le Gharb, cʼest plus facile quʼici. Je sais bien pourquoi ils se font tuer... Lʼair est tellement rouge! Mais ici, quand on est sur le point de faire ce petit geste, cʼest une sensation de froid qui vous arrête... Et puis on a toujours envie de ne pas sʼenlaidir... Voyons, Sanderini, vous reviendrez ce soir, demain peut–être; vous mʼapporterez ma vie dans un petit flacon très limpide...

—Fichtre! Mais cʼest que ça fait terriblement mal ces saloperies–là!

—Quʼimporte? Ça ne fera jamais si mal que dʼêtre morte... Et puis, si vous refusez, mon brave Sanderini, qui est–ce qui mʼempêchera dʼen prendre ailleurs?

—Tant pis! Je nʼaurai pas à me dire que cʼest «ma drogue».

—Mais elle me guérira, et vous nʼaurez pas non plus ma reconnaissance.

—Vous guérirez du noir, sans doute, mais non pas de la morphine.

—Croyez–vous?

—Hélas, ma divine, cʼest pire que lʼalcool, pire que le jeu, que lʼamour, que le crime... Rien ne vous sauvera dʼelle, quand vous en aurez pris le vice.

—Cʼest peut–être bien ce quʼil me faut, Sanderini!...

—Horrible!