13го іюня 1773.

Г. Баронъ Черкасовъ! Признаюсь, я не мало была удивлена, получивъ посредствомъ естифеты адресованной ревельскимъ почтмейстеромъ вице-канцлеру,-- извѣстіе о томъ что вы 11го числа благополучно выѣхали изъ Ревеля и что вы нынче же будете имѣть ночлегъ въ Ямбургѣ. Ужъ не изъ наклонности ли къ противорѣчію юлите вы и пять дней сряду оставляете меня совершенно безъ извѣстій?... Если вы придумаете еще что-нибудь новое и непереночуете у Сиверса, то не найдете обѣда въ Гатчинѣ, да и я не успѣю васъ тамъ встрѣтить. И еслибы такъ, то вѣдь все-таки вамъ бы слѣдовало меня предупредить въ какой именно день вамъ заблагоразсудится пріѣхать къ Сиверсу. Меня извѣщаютъ изъ Ревеля что вы будете обѣдать у Сиверса въ пятницу; сознаюсь вамъ,-- все это меня сбиваетъ съ толку. Однакожь я пошлю сказать князю Орлову чтобъ обѣдъ былъ приготовленъ въ субботу, развѣ вы еще напутаете, не прибывъ туда или пріѣхавъ въ пятницу. Не знаю что и подумать; но молю Бога чтобы онъ васъ берегъ и хранилъ.

Примѣчаніе:

Послѣдніе ужинъ и ночлегъ, именно на мызѣ Сельцо, у гр. Сиверса, послѣдовали въ пятницу, 14го іюня; а къ обѣду въ Гатчину ландграфиня прибыла въ субботу, 15го іюня.

XXVI.

Catherine II à Czerkassow.

Le 14 Juin à 8 heures du matin.

Monsieur le Baron Czerkassow. Ce vilain Mâitre de Poste de Réval est cause avec son empressement que pendant une demi-heure j'ai crû bonnement que par esprit de contradiction vous me laissiez sans nouvelles. Ces donneurs d'avis sont des gens insupportables et bons à rien; son estafette à lui vient toujours deux heures avant la votre, et moi, qui, après des cinquante ans, suis vive comme un pétard, je n'ai rien de plus pressé que de vous écrire et de régler le tout pour l'arrivée des Princesses à Gatschina; mais mettez-vous à ma place; j'ignore le départ de Réval, n'ai aucune nouvelle de Votre part depuis le 8 jusqu'au 13 et ee 13 j'apprends que vous coucherez la même nuit à Yambourg. Après que ma lettre fut partie, j'ai reèu la votre du 11, où vous m'annoncez votre départ, et ce matin, entre six et sept, j'ai reèu votre lettre de chez Steinbock qui porte, par distraction apparement, la date du dix. Je suis bien aise que vous soyez en chemin sans avoir attendu le Pacjuet-Boat qui peut aller tout droit à Kronstadt, comme je vous lai mandé hier matin, si la Landgrave le désire, et alors, vous en écrirez à Krouse, qui j'espère, n'en fera point de difficultés. Vous avez bien fait de procurer à Réval aux Princesses le plus d'amuse-mens que vous avez pu. Je suis charmée qu'elles ne soyent pas peureuses; c'est bon signe. Puisque la Landgrave et vous, vous vous accomodez ensemble, je suis fort contente de votre ménage et de tout ce que vous lui avez dit, et ce qu'elle vous a répondu. Assurément je lui donnerai les meilleurs conseils dont je pourrai m'aviser, dès que je verrai qu'elle suivra les miens et point d'autres. J'excuse votre baise-main en cette occasion, il était très à sa place. Dans l'occasion, vous déconseillerez à la Landgrave de mener ses filles à l'Eglise Luthérienne ici, et cela seulement pour un certain tems; cette précaution n'est que pour la populace; on en a agi de même avec moi; lorsque mon choix sera fait, les deux autres iront entendre la prêche quand elles voudront. J'ai ordonné à Rehbinder d'envoyer à Kipen un homme qui vous portera un billet de ma part, vous n'oublirez pas de n'amener à Gatschina que les gens qui pourront dîner avec moi et le reste vous pourrez envoyer de Garéloy-Kaback tout droit ici à Czarsco-Célo. Je suis très contente de vous parceque j'ai de vos lettres et que tout le reste est bien. Portez-vous bien. Adieu.

Caterine.

Екатерина II Черкасову.