Le duel est une réparation.

Pour condamner et flétrir des crimes qui, par leur hauteur même, échappent à la procédure de nos ennemis officiels, je me suis adressé au seul tribunal que je reconnaisse, à un jury de coreligionnaires, attendant de sa justice contre l'infâme que je lui dénonçai, une sentence d'autant plus solennelle et plus terrible qu'elle aurait pour exécutrice la conscience de tous les hommes de bien.

Nos frères de la démocratie européenne, répondant sponta nément à mon appel, unanimes dans leur réprobation, se sor déclarés prêts à flétrir publiquement un homme qui a forfait à l'honneur.

Les choses en étaient là.

Cependant quelques-uns de mes amis, exécuteurs fidèles des volontés dernières d'une sœur respectée, allaient confondre le misérable jusque dans son domicile.

Après l'avoir moralement contraint au silence, ils lui lisaient la lettre que lui avait écrite sur son lit de douleur la femme dont il a creusé la tombe

Cette lettre qu'il avait renvoyée à son auteur, en l'accompagnant d'un commentaire odieux, qu'il disait n'avoir pas voulu lire et qu'il avait ouverte <et>lue, elle contenait sa suprême condamnation.

Le coupable, frappé de stupeur, en écoutant l'arrêt authentique qui le condamnait sans appel, n'a retrouvé quelque semblant de courage que pour fuir et invoquer à grands cris le secours de la police.

Ernst Haug, alors, transporté d'une juste indignation, a puni le lâche, en lui imprimant sur le visage le cachet de son mépris.

Le sieur Herwegh n'a protesté contre la flétrissure, dont il garde l'empreinte, qu'en m'envoyant un second cartel.