21 janvier.

Madame, Мr Vogt part pour Gênes. Tout le monde connaît la rupture, personne -- le véritable état des choses.

Vos confidences concernant votre mari dans nos entretiens de Paris m'ont montré que v ne ménagez pas vos prochains. Vous me permettrez donc de v rendre responsable si quelque chose d'attentatoire à l'honneur de ma famille sera ébruité.

Vous me ferez encore une grâce, c'est de cesser toute correspondance avec moi. Je n'ai absolument rien à vous dire, ni vous à moi -- les choses blessantes peuvent très bien être susentendues. Dans votre dernière lettre, il v a plu par exemple de vous moquer de ma position en la trouvant égale à la vôtre. Et en quoi, s'il vous plaît? Vous étiez du secret, madame, comme vous me l'avez avoué v-même, vous pressiez tous les jours la main d'un ami, aidant à le perdre, en perdant votre propre dignité.

Vous avez pris part à rendre malheureux un homme après avoir entretenu toute votre famille à ses frais, et avoir payé vos dettes avec son argent.

Car vous, madame, vous connaissez trop le monde pour ne pas croire à la plaisanterie des 200 frcs que vous m'avez payés par mois.

Non, madame, la différence est immense même en cela que de ma bouche il n'est jamais sorti une parole contre N; je ne l'ai pas traînée dans la boue comme vous faisiez avec votre mari en parlant avec moi. -- J'ai bonne mémoire, madame, et aucune parole ne sortira de cette bouche, car je l'aime d'un amour digne et fier, car je sais qu'elle a un grand amour pour moi -- et qu'elle reste.

Tandis que vous n'êtes pas gâtée sous ce rapport.

Madame, c'est dur, mais c'est l'honneur outragé qui parle. Recevez mes désirs sincères de ne plus continuer de correspondance hors le cas où vous aurez une véritable nécessité d'argent que je me donnerai le plaisir de v envoyer.

P. S. Je ne répondrai plus, madame, à aucune lettre, je n'en recevrai pas même; pour les petites affaires il vaut beaucoup mieux de v adresser par l'intermédiaire de Mr Vogt.