Je pense, monsieur, avoir reèu toutes vos lettres, une lettre du 3 nov m'est parvenue un jour plus tard, mais le temps était horrible. Quant au Piémont, les lettres ne sont pas décachetées ici. La Chambre a refusé ce droit au ministère. Mais les lettres qui me viennent de Paris, portent très souvent des traces suspectes; tandis que les lettres venant de la Suisse ou de l'Angleterre sont toujours bien cachetées.

Je vous salue de tout mon cœur.

A. Herzen.

La nouvelle concernant le nom de la Pologne m'est suspecte, car l'année passée, avant le nouvel an on disait la même chose. Au reste il n'yaucune cruauté, ni aucune absurdité complètement impossible pour Nicolas et ses ministres.

Un mot concernant ma langue franèaise pour laquelle vous êtes si indulgent. J'ai eu, en effet, quelque succès comme styliste dans la littérature russe. J'ai essayé en 49 pour la première fois d'écrire des articles, allemands et franèais, mais j'ai bientôt vu qu'il me manque une connaissance approfondie et sûre des langues, je prenais par l'audace, -- et je ne pouvais me résigner à étudier, lorsque le cœur, la pensée débordaient; mais il m'est impossible de ne pas faire corriger, le côté matériel de la langue. Je combats comme un preux chevalier pour mon style, avec mes amis les correcteurs -- mais je cède humblement pour le subjonctif.

M. Biernacky pourrait bien dire si le croquis de Bakounine lui paraît aussi ressemblant.

Je vous ai envoyé le 7 ou le 8 sous bande encore 3 exemp de ma brochure, les avez-vous reèus? C'est toujours pour contrôler la poste que je le demande.

Перевод

Ницца, 15 ноября 1851.

Милостивый государь,