Le tuteur établi aura en outre l'obligation de revendiquer la propriété du domaine que je possède dans le gouvernement de Kostroma, district de Galitz, lequel se trouve séquestré pour cause politique, mais qui doit être restitué à mes enfants, lorsqu'ils auront tous atteint l'âge de majorité. Les documents concernant ce domaine se trouvent à Moscou entre les mains de M. Gr. Klutchareff, conseiller du collège. Il poursuivra de même la rentrée
d'une somme de quarante mille roubles d'argent dûe par Mrs Pavloff et Satine à Moscou.
Quant à l'emploi de la rente, ma volonté est, qu'à dater de 1852, jusqu'en 1856 il soit prélevé sur les revenus annuels une somme de 12 000 frs. destinée spécialement à l'éducation de mes enfants. Depuis 1856 à 1860 inclusivement cette somme sera portée à 15 000 f.
Toutefois le Conseil de famille et le tuteur pourront disposer de sommes plus considérables chaque fois qu'ils le jugeront convenable et utile au bien, à la santé et à l'éducation de mes enfants.
Désirant vivement que mes enfants vivent le plus longtemps possible dans l'indivision, tout comme aussi qu'ils procèdent au partage en l'absence de toute difficulté, j'émets le vœu que mes héritiers légitimes reculent autant que possible l'époque du partage et que même après avoir atteint l'âge de majorité, mon fils écoute les conseils et n'entreprenne aucun acte important d'administration sans avoir pris l'avis de ceux qui auront présidé à son éducation.
Pour le cas, où mon fils Alexandre persisterait dans sa demande de procéder au partage immédiatement après avoir atteint l'âge de majorité, et pendant la minorité de ses deux soeurs, le legs du bâtiment situé à Paris rue d'Amsterdam, No 14, fait à mon fils prénommé, ce legs tombe et ma volonté est que dans ce cas l'immeuble qui en fait l'objet rentre dans la masse pour être partagé également entre mes trois enfants, comme il est dit plus haut.
Je désire qu'après mon décès mon corps soit transporté à Nice et enterré au cimetière des non-catholiques, à côté de la tombe de ma femme. Là, on élèvera un monument funèbre commun pour ma mère et mon fils péris dans un naufrage, pour ma femme et pour moi.
J'exprime enfin le voeu que le présent acte soit ouvert et publié après mon décès, en l'étude de Henri Benjamin Presset, notaire à Morat.
Je révoque et annulle tous testaments et codicilles que je pourrais avoir faits antérieurement au présent acte auquel seul je m'arrête comme contenant mes dernières volontés.
Dont acte: fait et passé à Fribourg, Maison Lacaze, numéro cent trente neuf b, en présence de Pierre Nicolas Lucien Glasson, fils de Pierre de Bulle, avocat domicilié à Fribourg, et Jean Frédérich Küssler, ffeu Frédérich de Martigny, maître d'hôtel en cette ville, témoins requis, lesquels ont signé à la minute avec le testateur et moi notaire, après lecture et ratification, article par article, le premier août mil huit cent cinquante deux à cinq heures du soir (1 août 1852).