Il est bien cruel à vous d’être si aimable et de me faire éprouver si vivement la douleur d’être exilé de votre salon. Au nom du ciel, Madame la Comtesse, n’allez pas croire cependant qu’il m’ait fallu le bonheur inespéré de recevoir une lettre de vous pour regretter un séjour que vous embellissez. J’espère que l’indisposition de Madame votre Mère n’a pas eu de suite et ne vous donne plus d’inquiétude. J’aurais déjà voulu être à vos pieds et vous remercier de votre gracieux souvenir, mais mon retour est encore bien incertain.
Me permetterez-vous de vous dire, Madame la Comtesse, que vos reproches sont aussi injustes que votre lettre est séduisante. Croyez que je resterai toujours l’admirateur le plus sincère de vos grâces si simples, de votre conversation si attable et si entraînante, quand même vous avez le malheur d’être la plus brillante de nos nobles dames.
Daignez, Madame la Comtesse, recevoir encore une fois l’hommage de ma reconnaissance et celui de ma haute considération.
A. Pouchkine.
25 avril 1830.
Moscou.{73}
314. В. Ф. ВЯЗЕМСКОЙ
Конец (не позднее 28) апреля 1830 г. Из Москвы в Остафьево.
Vous avez raison de trouver l’ Ane délicieux. C’est un des ouvrages les plus marquants du moment. On l’attribue à V. Hugo — j’y vois plus de talent que dans le dernier jour où il y ea a beaucoup.Quant à la phrase qui vous a embarrassée — je vous dirai d’abord de ne pas prendre au sérioux tout ce qu’avance l’auteur. Tout le monde a préconise le premier amour, il a trouvé plus piquant de parler du second. Peut-être a-t-il raison. Le premier amour est toujours une affaire de sentiment: plus il fut bète, et plus il laisse de souvenirs délicieux. Le second est une affaire de volupté — voyez-vous. On pourrait pousser le parallèle beaucoup plus loin. Mais je n’en ai guère le temps. Mon mariage avec Natalie (qui par parenthèse est mon cent-treizième amour) est décide. Mou père me donne 200 paysans que j’engage au lombard, et vous, chère Princesse, je vous engage à être ma посаженная мать.
A vos pieds A. P.