745. М. Л. ЯКОВЛЕВУ

19 ноября 1836 г. В Петербурге.

Милый и почтенный мой Михайло Лукьянович! виноват! я было тебя зазвал сегодня к себе отобедать, а меня дома не будет. До другого раза, прости великодушно. Не забудь записку о святых доставить мне, грешному.

746. Л. ГЕККЕРЕНУ

17 — 21 ноября 1836 г. В Петербурге.

(Восстановленный текст непосланного письма)

Monsieur le Baron,

Avant tout permettez-moi de faire le résumé de tout ce qui vient de se passer. La conduite de M-r votre fils m’était entièrement connue depuis longtemps et ne pouvait m’être indifférente; mais comme elle était restreinte dans les bornes des convenances et que d’ailleurs je savais combien sur ce point ma femme méritait ma confiance et mon respect, je me contentais du rôle d’observateur quitte à intervenir lorsque je le jugerai à propos. Je savais bien qu’une belle figure, une passion malheureuse, une persévérance de deux années finissent toujours par produire quelque effet sur le coeur d’une jeune personne et qu’alors le mari, à moins qu’il ne fût un sot, deviendrait tout naturellement le confident de sa femme et le maître de sa conduite. Je vous avouerai que je n’étais pas sans inquiétude. Un incident, qui dans tout autre moment m’eût été très désagréable, vint fort heureusement me tirer d’affaire: je reçus des lettres anonymes. Je vis que le moment était venu, et j’en profitai. Vous savez le reste: je fis jouer à M-r votre fils un rôle si grotesque et si pitoyable, que ma femme, étonnée de tant de plattitude, ne put s’empêcher de rire et que l’émotion, que peut-être avait-elle ressentie pour cette grande et sublime passion, s’éteignit dans le dégoût le plus calme et le mieux mérité.

Mais vous, Monsieur le Baron, vous me permettrez d’observer que le rôle à vous dans toute cette affaire n’est pas des plus convenables. Vous, le représentant d’une tête couronnée, vous avez été paternellement le maquereau de votre bâtard ou du soi-disant tel; toute la conduite de ce jeune homme a été dirigée par vous. C’est vous qui lui dictiez les pauvretés qu’il venait débiter et les niaiseries qu’il s’est mêlé d’écrire. Semblable à une obscène vieille, vous alliez guetter ma femme dans tous les coins pour lui parler de votre fils et lorsque, malade de vérole, il était retenu chez lui par les remèdes, vous disiez, infâme que vous êtes, qu’il se mourait d’amour pour elle; vous lui marmottiez: rendez-moi mon fils. Ce n’est pas tout.

Vous voyez que j’en sais long: mais attendez, ce n’est pas tout: je vous disais bien que l’affaire se compliquait. Revenons aux lettres anonymes. Vous vous doutez bien qu’elles vous intéressent.