Октябрь — ноябрь 1823 г (?) Из Одессы (?) в Тулу.

Милый мой Кривцов,

Помнишь Пушкина? Не думай, что он впервые после разлуки пишет к тебе. Но бог знает почему письма мои к тебе не доходили. О тебе доходят до меня только темные слухи. А ты ни строчкой не порадовал изгнанника. Правда ли, что ты стал аристократом? — Это дело. Но не забывай демократических друзей 1818 года. Все мы разбрелись. Все мы переменились. А дружба, дружба —

61. МАЙГИН N. и НЕИЗВЕСТНОЙ

Ноябрь (после 4) 1823 г. Из Одессы в Кишинев.

(Черновое)

Oui, sans doute je les ai devinées, les deux femmes charmantes qui ont daigné se ressouvenir de l’hermite d’Odessa, ci-devant hermite de Kichinef. J’ai baisé mille fois ces lignes qui m’ont rappelé tant de folie, de tourment, d’esprit, de grâce, de soirées, mazourka etc. Mon dieu que vous êtes cruelle, Madame, de croire que je puis m’amuser là où je ne puis ni vous rencontrer ni vous oublier. Hélas, aimable Maiguine, loin de vous tout malaise, tout maussade, mes facultés s’anéantissent, j’ai perdu jusqu’au talent des caricatures, quoique la famille du Prince Mourouzi soit si bien digne de m’en inspirer. Je n’ai qu’une idée — celle de revenir encore à vos pieds et de vous consacrer, comme le disait ce bon homme de poète, le petit bout de vie qui me reste… Vous rappelez-vous de la petite correction que vous avez faite dans le temple de l’a… — mon dieu, si vous la répétiez ici! Mais est-il vrai que vous comptez venir à Odessa — venez au nom du ciel, nous aurons pour vous attirer bal, opéra italien, soirées, concerts, sigisbées, soupirants, tout ce qui vous plaira; je contreferai le singe, je médirai et je vous dessinerai M-me de…. dans les 36 postures da l’Arétin.

A propos de l’Arétin je vous dirai que je suis devenu chaste et vertueux, c’est à dire en paroles, car ma conduite a toujours été telle. C’est un véritable plaisir de me voir et de m’entendre parler — cela vous engagera-t-il à presser votre arrivée. Encore une fois venez au nom du ciel et pardonnez moi des libertés avec lesquelles j’écris a celles qui ont trop d’esprit pour être prudes mais que j’aime et que je respecte le plus moralement encore.

Quant à vous, charmante boudeuse, dont l’écriture m’a fait palpiter (quoique par grand hasard elle ne fût point contrefaite) ne dites par que vous connaissez mon caractère; vous ne m’eussiez pas affligé en faisant semblant de douter de mon dévouement et de mes regrets.

Devinez qui à votre tour.