FACECIES,
et motz subtilz, d'aucuns excellens
espritz et tresnobles
seigneurs.
En Francois, et Italien.
A Lyon,
Imprimé par Robert Granjon.
Mil. vc. Lix.
Aueq priuilege du Roy.
Extrait du priuilege du Roy.
Par grace et priuilege du Roy, est permis à Guillaume Rouille, d'imprimer ou faire imprimer, vendre et distribuer, vn liure Intitulé, (Facecies, et motz subtilz: En Francois, et Italien.) Et defendu à tous autres Libraires, Imprimeurs, et personnes quelconques de ce Royaume: de non imprimer, ou faire imprimer, vendre ne distribuer lesdits liures, sans le congé & consentement dudit Rouille. Et ce iusques au temps et terme de dix ans, sur peine d'amende arbitraire, et confiscation des liures qui seroyent imprimez.
Ledit priuilege ha esté donné à saint Germain en Laye le xxix. de Nouembre, L'an Mil cinq cens cinquante sept, signé, De Lomenic, et séelé du grand seau en cire Iaune à simple queuë.
Par le Roy, M. Ian Nicot, maistre des requestes de l'hostel, present.
Epistre.
A Tresmagnifique et noble seigneur,
Sebastien Cruz.
Loys Dominique.
Nul est entre nous qui doute, la nature humaine auoir esté tellement creée de Dieu tresbon et tresgrand, qu'elle ne puisse (aueq vn si debile corps subiet à diuerses infirmitez et passions) souffrir les continuelles fatigues. Et tout ainsi que dieu par vne supreme prudence, ordonna dés le commencement du monde (aueq vne certaine douce harmonie) que ores resplendist le Iour serain, commode aux trauaux, par lesquelz s'acquierent les nourrissemens de la vie: ores suruient la nuit obscure, aymant le repos, et reparant les forces perdues, semblablement aussi au cueur des hommes, lors que le perseuerant estude, leur apporte melancholie, on void l'heure qu'il est opprimé de la machine et pesant faiz de diuers pensemens, et l'heure qu'il est plein d'allegresse, et toutellement deliure de trauail: pourautant qu'en nous sont, par vn certain moyen plantez, la tristesse et douleur, comme aussi la liesse & contentement, mais c'est aueq vne douce temperance et egal contrepois des choses. Il est donques besoin, que la pensée humaine, aucunefois se procure, quelque peu de recreation aggreable, pour ne succomber souz les continuelz desplaisirs, ou bien pour ne mourir entre les perseuerantes fatigues. Attendu mesmement que, selon les prophetes l'esprit triste deseiche les os. Et celuy qui ne prend repos, ne pourra longuement durer. A ces causes se trouue par escrit, que les plus sages pour se recreer, en quelque sorte, et pour n'anichiler la vertu, souuentefois ont discontinué les affaires de la Republique, se retirans en lieux delectables & de repos. Lon lit de Scipion, et Lelius, que quand ilz se trouuoyent lassez des manimens publiques, s'occupoyent à recueillir des coquilles, et des petites pierres sus le sablon du riuage de la mer. Et Sceuola pour se recreer iouoyt quelquefois à la paume: Socrates aussi, homme tresgraue, mettant vne canne entre ses iambes, simuloit de piquer vaillamment vn cheual entre les petis enfans. Saint Augustin consoloit son amy Licencius, luy persuadant de se retirer en l'habitation des Muses. Or en suiuant les mieux renommez, pour me deliurer en partie de mes plus molestes pensemens, ces Iours fascheux, à l'occasion du temps d'esté (durant lequel assez proufité, et apprend, qui se conserue en sa santé) ie me suis addonné à lire vn petit liure de Facecies, et motz exquis, extraitz de plusieurs tresnobles et excellens espritz: lequel ie recouuray de tresciuil & gentil mon honnoré amy M. Ian Massuoli de strata, autrement nommé l'Estradin, habitant de Florence. A la courtesie et diligence duquel sont grandement attenuz les hommes doctes et vertueux. Pourautant que durant le temps de toute sa vie, en allant par diuers païs, n'ha iamais espargné, ny sa poine, ny sa course, pour reassembler de toutes les parties du monde, les plus antiques, et plus exquis liures qu'il ha peu trouuer, en langue Tuscane: de sorte que faisant harnois de telz bons liures seulement, en ha congregé plus ensemble, que non seulement dans Florence, ains aussi, en toute l'Italie ne s'en pourroit trouuer si grand nombre. De ces tresors, se monstre tant liberal et amiable dispensateur, que sans attendre aucune priere, souuentefois ha preuenu le desir des hommes curieux. Apres donques que i'ay receu ledit liure de ses mains, et que i'en ay retiré le plaisir que ie desirois le plus, i'en ay bien voulu faire part à vostre Seigneurie, à celle fin que se trouuant quelquefois deliure de ces solicitudes (que ie say estre de plus grande importance, que ces soulacieux propos, et Ioyeuses fables) puissiez recouurer quelque plaisir delectable. Et ne vueille s'esmerueiller icelle vostre Seigneurie, si I'ay prins hardiesse de ce faire. Car ayant ces iours passez (par le moyen de mon trescher et honnoré amy M. Marco Anthonio Passero de Naples) prins amitié et demeurance domestique, aueq mon tresnoble seigneur Messire Leonard vostre frere, et sachant que comme vous estes coniointz de sanguinité, ainsi l'estes vous par charité et bon amour, pour reconnoistre en partie la debonaireté d'iceluy vostre trescordial frere: et pour ne mesconnoistre la beniuolence, qu'il me porte, i'ay voulu enuoyer à vostre Seigneurie, ces parolles recreatiues, lesquelles neantmoins me semblent estre vn petit don, et peu de cas: mais c'est pour faire quelque moyen de tesmoignage, de l'affection que ie porte à l'un et à l'autre, qui est la cause pourquoy i'y ay adiousté plusieurs autres plaisanteries, en partie par moy recueillies de diuers autheurs, partie entendues d'aucuns mes amis. Et par ainsi i'espere par vn mesme don conseruer l'amitié du seigneur Leonard, et aussi acquerir la vostre: estant certain que la rare concorde regnant en voz espritz et pensemens, (tout ainsi qu'aux ieunes enfans de Leda) egalement estime son propre, ce qu'est en la puissance d'autruy, Au moyen de quoy telle est vostre bonté, que ie me pourray vanter d'auoir esté agreable à tous deux, faisant vn petit seruice à l'vn de vous. Et à vostre Seigneurie ie baise la main aueq honneur et reuerence.
Facecies, et motz subtilz, d'aucuns
excellens espritz et tresnobles
Seigneurs: En Francois
et Italien.
| Laurens de Medicis futrequis de fauoriser en l'election desseigneurs, Ie ne say quelcitadin, aucunement suspect à l'estat,pourautant qu'il estoit hommeà qui plaisoit le suc de la vigne:et disant celuy qui luy parloit,Tu luy feras faire, aueq vn verrede vin, tout ce qu'il te plairra,respondit Laurens, Et si vnautre luy en donnoit vn flascon,ou me trouuerois ie? | Lorenzo di Medici furichiesto di fauorirenella electione di signorinon so chi alquantosospecto allo stato, percheera huomo a cui piaceuail succo della vitte, edicendo gli chi glieneparlaua, Tu gli faraifare ciò che tu vorraicon vn bicchiere di vino:Rispose, che se vnaltro gliene desse vnfiasco, doue mi trouerai io? |
| Cosme de Medicis Pere etgouuerneur du païs de Florence,grand pere d'iceluy Laurens,requis de l'arceuesque Antonin,de luy donner faueur, quant àvne prohibition qu'il vouloitfaire, pour empescher les prestresde iouër aux cartes, ny aux dez,respondit, commencez à faire quelquepeu par vous, premier que lesmeschans dez soyent iettez. | Cosmo di Medici padrede la patria Fiorentina,auo di predettoLorenzo, richiesto del'Arciuescouo Antoniode gli far fauore, circavna prohibitione chevoleua fare, che i pretinon giocassero a li carteni dati, gli disse, Cominciatea fare vn poco primada voi, che si mettanocattiui dati. |
| Laurens filz de Pierre qui fut filzd'iceluy Cosme, deuisant entreplusieurs prestres dont l'vn dit,que les hommes ne peuuent sedeffendre d'eux, dit Il, ne s'enfaut point esmerueiller: pource queles prestres qui ont les accoustremenslongs, ont plustost baillé vncoup de pied, que les autres ayentveu remuer la iambe. | Lorenzo di Pietro diCosmo predetto ragionandoin vna compagnia dipreti, e dicendo l'vn,che l'huomo, non si poteaguardare di loro, disse,non esser marauiglia:perche hauendo essi ipanni luonghi, haueandatto prima il calcio,che altri vegga loromuouere la gamba. |
| Braccio Martelli voulant donnerà connoistre que René de Passiestoit paureux et de petit courage,pourautant qu'il n'auoit vouluiouster à vnes ioustes lorsordonnées, dit, que la causepourquoy il absentoit, estoit qu'ilauoit peur dans son armet. | Braccio Martelli volendomostrare che Rinatode Pazzi era pauroso,non hauendo eglivoluto giostrare ad vnagiostra ordinata, disse,che lo faceua per che eglihaueua paura nell'elmosuo. |
| Puccio d'Antoine Pucci confortantvn ie ne say quel citadin pouraccepter l'office de Gonfalonierde la iustice, en temps d'importanceet respondant Iceluy, qu'il ne seconnoissoit assez sauant pourexercer tel office, luy demanda,s'il luy suffisoit point estreautant sauant comme Cosme. Ilme souffiroit (dit il) de lamoitié, pour bien y satisfaire. Orie t'enseigneray dit Puccio, à estreplus sage que luy. N'as tupoint d'entendement, de toymesmes? Ouy dit il, i'enpense auoir quelque peu. Apres,dit Puccio, fay donques ce queCosme te dira, & par ce moyentu auras en cest endroit tout sonsens et tout le tien. Parquoy tuen auras plus que luy. | Puccio di AntonioPucci, confortando nonso che cittadino ad accettarel'vfficio del Gonfalonieredi Iustitia intempo importante, erispondendo egli, che nongli pareua esser tanto sauioquanto a quello vfficios'aspectaua, gli domandòse gli bastauaesser sauio come Cosmo.E dicendo gli che se fussela metà sauio, che eglicrederebbe assai bene sodisfare.Oh io t'insegnero,disse Puccio, ad esser piufauio di lui. Non hai tupunto senno da te? E dicendoche pur credeuahauere ne qualche poco,subiunce Puccio, fadunche cio che Cosmo tidice, e harai a questomodo tutto il suo, e cossiad essere piu sauio cheCosmo. |
| Matthieu Franco, estant à voir vnedispute qui se faisoit à Pise,laquelle auoit esté desia poursuiuieiusques à la nuit, & assez tard, ditaux disputans, qu'ilz feroyent biende la laisser, pource qu'en nevoyant point de lumiere, leur argumentse pourroit verser dehors, ou à toutle moins qu'ilz se tinssent assis,de crainte que leurs argumensne tombassent au bas par lefondement de leurs chausses. | Matteo Franco standoa vedere a Pisa vnadisputa, laqualle era giàcondutta a tardi, disse,che farebbeno bene alasciar la stare, che nonsi vedendo lume, l'argumentosi verserebbe fuori:e che al meno sedesseroaccio che l'argumentisen'andesseron giùper le calze. |
| Laurens de Medicis susnommé,estant à Florence. BernardBenuolenti, Ambassadeur Senois,en le rancontrant vn certain iourpar son chemin, luy print le bras& luy tasta le poulx, luy demandantcomme il se trouuoit, touchantsa disposition. Lors Laurensescoust le bras, & l'empoigna parle poulx, en luy disant, C'està moy de sauoir comment vousportez. Car ie suis des Medecins,et vous estes des malades. | Lorenzo de Medicipredetto, essendo in FirenzeBernardo Benuollenti,Ambasciadore Senese,il quale trouatoloper vn certo andamento,gli tocco il polso, domandandocome si sentisse.Scosso il braccio Lorenzo,riprese il polso didetto Bernardo, dicendo,Questo tocca a me, chesono de Medici, e voisiete de gli Infermi. |
| Ambroise Pannochi deuisant aueqLaurens de Medicis dugouuernement des Sienois, dit,ie croy qu'ilz sont saintes gens,en qu'ilz viuent de miracles. | Ambrosio Pannochi,ragionando con Lorenzodi Medici del gouernode Senesi, gli disse, iocredo che sono tutti santi,e che viuono de miracoli. |
| Vn Paisan des montaignes auoitvn iour disne aueq Laurenset en sa table: despuis reuenuen sa maison, dit à sa femme.I'ay auiourd'huy plus fait, queiamais ne feit Iesus Christ.Et interrogué d'elle par quelmoyen, luy respondit, IamaisDieu ne mangea, aueq plusgrand seigneur que soy, eti'ay auiourd'huy mange aueqle seigneur Laurens, qui est milefois plus grand seigneur quemoy. | Vn Contadino de gliAlpi haueua vn giornomagnato nella tauola diLorenzo, e con esso lui:dapoi venuto in casa,disse à la donna sua. Vedimoglie, io ho hoggifatto piu che mai nonfece Christo, e domandatogliin qual modo, rispose:Mai Christo nonha magnato con piu granSignor di se, e io ho magnatohoggi con il SignorLorenzo, il quale è mileuoltepiu gran signordi me. |
| Messire Agnel de la Stufaayant receu vne lettre du DucGaleas de Milan, laquelleestoit pleine de plusieurs presens,entre lesquelz estoyent ces parolles,ce que i'ay, est du tien. MessireAgnel luy respondit ainsi, Ormon seigneur ne le ditesplus. Car si lon sauoit icyque ie fusse si riche, on medesferoit à force d'impostz etcharges. | Messer Agnolo dellaStufa hauendo riceuutovna lettera dal DucaGaleasso di Milano, laqualera piena di molteofferte, fra lequali eranoqueste parole, cio cheio ho, è del tuo. MesserAgnolo gli rispose cossi:Oi me Signor, non lo dicete,che se qua si sapesse,che io fusse si ricco, midisfarebbeno con le lorograuesse. |
| Cosme de Medici auoit coustume dedire que Francois Sacchetti,qui tousiours frequentoit aueq lesgens sauans, et ne sauoit rien,estoit comme l'arnion qui estvne petite beste qu'en tous temps,se tient en lieu gras, & iamais n'estgrasse: mais tousiours maigre. | Cosmo di Medici soleuadire, che FrancescoSaccheti (ilquale semprevsaua con dotti, enon sapeua niente, eracome l'arnione, che sempresta nel grasso, e sempreè magro. |
| Laurens de Medici en parlantd'vn soupper qu'on luy auoitfait, dit qu'entre les autreschoses estans en la maison,on auoit esté fait ledit souper.le lieu plus froid estoit lacheminée, et le plus chaud estoitle puys. | Lorenzo di Mediciragionando d'vna cenache gli fu fatta, disse chefra le altre cose, che eranoin detta casa, douedetta cena fu fatta, ilpiu fredo luogo che fusseera il camino, e il piucaldo luogo era il pozzo. |
| Martin dit Scarpha, en pissant vnefois, et voyant vn ieune gars quile regardoit, pource qu'il estoitfort gras, se retourna pardeuers luy en disant: Si tu levois salue le de ma part, caril y ha dix ans que ie nel'ay veu. | Martino detto Scarfa,orinando vn tratto, evedendo vn fanciulloche lo rigardaua, percheera grassissimo, voltosia lui dicendo, se tulo vedi salutalo da miaparte, che son dieci anni,che io non l'ho veduto. |
| Quelcun se lamentoit à Strossepource que vne antique colonneerigée en memoire d'vne certainevictoire luy ostoit la veuë d'vnesienne fenestre. Auquel Strossedit qu'il sauoit bien vn bonremede. Et interrogué quel Ilestoit, respondit, Il te fautmurer la fenestre. | Strosso aduno che silamentaua che vna colomnaantiqua fatta inmemoria d'vna certavittoria, gli tollieua laveduta di non so qualfinestra, disse, io so vnbuon rimedio. E domandandocolui, Qual? risposeStrozzo, muratequesta finestra. |
| Venant à Cosme vn de Pistoye,appellé le Balafré, qui pourestre enrolé au nombre dessoldats, se vantoit de iamais nefuir deuant les coups: et entesmoin de ce monstroit son visageplein de balafres. Cosme luy dit:Encores moins prenoit la fuitteceluy qui te frappoit ainsi. | Venendo à Cosmo vnPistolese, chiamato loBardellato per acconciarsial soldo, si vantauache non fuggiua mai,mostrando in segno diciò, il viso tutto frappato.Alquale Cosmo rispose,E ancora colui che tidaua nel viso, non deueafuggire. |
| Bernard Gerard estant Gonfalonier deiustice, respondit au pape Pie, quipar plus grand magnificence sevouloit faire porter aux seigneursde Florence, comme il auoit estéporté par les Sienois, & luy dit,Il est meilleur Pere saint, que vousfassiez porter par voz Capitainesque voicy. Car nous auonsles accoustremens trop longs. | Bernardo Gherardiessendo Gonfaloniere digiustitia, rispose a PapaPio, ilquale voleua pergloria esser portato da iSignori Fiorentini, comeera stato portato daSenesi, Santo padre, disse,meglio è che vi portinoquesti vostri Capitani:che noi habbiamo ipanni troppi luonghi. |
| Iceluy Pape Pie vouloit faire sonneueu Arceuesque de Florence,disant, pource qu'il n'estoit natifde la ville, que saint Pierre futbien Euesque de Rome, combienqu'il feust estranger et Hebrieu.Auquel respondit Iceluy Bernard,Aussi y fut il crucifié. | Il medesismo a PapaPio, che voleua fare ilnipote Archiuescouo diFirenze, e allegaua chea Roma era stato santoPietro, ilquale era forestierie Hebreo, rispose,E però vi fu egli crucifisso. |
| Ian Antoine de Siene, Ieunehomme et de tresbon esprit, fortfamilier du Cardinal de Pauie,alla vn iour visiter le Papeestant à table, aueq IceluyCardinal de Pauie, et leCardinal de Siene, Auqueldemanda le Cardinal de Sienes'il auoit quelque querelle contreluy, attendu, qu'il ne le venoitplus voir. Et respondant quenon, pource qu'il estoit atout àsa seigneurie, le Cardinal dePauie dit: Or donques n'es tuplus à moy? Auquel il respondit,Ie me nomme Ian Antoine.Ian est à vostre seigneurie,et Antoine, au Cardinal deSiene. Lors dit le PapePie, Ie n'y ay donques rienpour moy. Auquel il respondit:Ian et Antoine est entierementtout de vostre sainteté. | Giouan Antonio daSiena giouano d'ottimoingegno, e familiare delCardinale di Pauia, andandovn tratto a visitaril Papa, che era amensa con esso Cardinaledi Pauia, e con Senese:fu domandato diquel da Siena, se haueuacon lui questione,che non andaua a lo vederepiu, e rispondendolui che non poteua conlui fare questione, percheera tutto di sua Signoria.Il Cardinale diPauia disse, dunche nonsei tu mio? E egli: Io honome Giouan Antonio.Giouan è di vostra Signoria,e Antonio diSiena. Al'hora PapaPio disse, Io dunche nonci ho d'affare nulla. Rispose,e Giouan e Antonioè tutto di vostraSantita. |
| Vn Senois auquel fut dit queles Florentins, estoyentMercurialistes, pource queMercure leur auoit appris à bienparler & ornément, & à bien traitterleurs marchandises, Ouy responditil, et à bien desrober aussi. | Vn Senese alqual fudetto, che i Fiorentinisono Mercuriali, percheda Mercurio hanno apparatoil parlare ornato,e il fare mercantie,rispose, E anchora dirubare. |
| Sante, qui ne risoit, ainsi appellé,pource que iamais on ne le putfaire rire, allant voir vne damequ'on luy auoit promis de donneren mariage, laquelle estoit laidecomme par despit, quand il laveid si treslaide, se print à rire.Lors elle luy dit, Mais commeSante, lon dit que vous ne rieziamais. Et il luy respond, Maisqui se garderoit de rire, voyant vntel caquesangue de visage. | Santi, che non ride,cosi detto, perche mainon era stato potuto farridere, andando a vederela sposa sua, laqual'erabrutta comme perdispetto, vedendo la bruttissima,comincio a ridere,e dicendogli essa,Oh tu ridi? rispose, Ohchi diauol non riderebbea vedere cotesto cacasanguedi viso? |
| Le Poltron Caualcant, et HenryRucellay, estoyent par ensemblegrands compaignons, & mutuelzamis, et tousiours iouoyent,dancoyent, & faisoyent bonne chereensemble, De sorte qu'ilz nepouuoyent obtenir office aucun dela ville. Henry estimoit que lacause procedast par faute d'estrebien conneuz des seigneurs duConsulat. Or aduint que commede costume les seigneurs etgouuerneurs furent changez, etquelques vns subroguez, quiconnoissoyent assez le Poltron, &Henry. Ce que venant à laconnoissance de Henry, il fut fortioyeux, & vint hurter à la porte duPoltron luy disant, Bonnesnouuelles, mon amy, Tel & tel,qui bien connoissent, & sont gens debien, sont esleuz Seigneurs de laville. Loué soit Dieu. Car nousserons ores conneuz. Respondit lePoultron, Ouy bien Henry: maistu n'entens pas. Ce seroitle meilleur pour nous d'auoiraffaire à gens qui ne nousconneussent point. | Il Poltrone Caualcanti,e Arrigo Rucellai eranoinsieme gran compagni,e sempre giocauanoe papauano, onde nonpoteuano hauere vfficionessuno de la terra. Arrigopensaua (che piusimplice era) che cionassesse per non esser conosciutide gli Signoridel concilio. Auenne chemutati furono gli Signori,e altri commessinel luogo loro, donde alcunicognosceuan Arrigoe il Poltrone. Di checertificato Arrigo subitose n'andò a casa del Poltrone,e picchiato l'vscio,e egli fattosi alla finestra,disse, Arrigo buonenouelle: è son fattital e tal, che ben cognoscono,Signori de la terra.Laudato sia Dio,che noi seremo hora cognosciuti.Rispose il Poltrone,Hoi me Arrigo, tunon te n'entendi. Pernoi si farebbe di hauereaffare con persone chenon ci cognoscessero. |
| Messire Ian Tingi Prestre deSainte Reparée, estant vieux ettout chenu, confessoit vne Dame.Aduint que luy feignant de dormir,elle se hasta de dire vn peché,qu'elle auoit vergogne de declarer.C'estoit qu'elle s'estoit vn iourseparée de ses damoiselles poursecrettement mieux se retirer envne chambre secrette. A ce proposmessire Ian luy demande, sielle eust lors consenti à vn homme,s'il se feust illec trouué: et elledisant, que ouy, Messire Ianrespond, O Dieu, que ne metrouuay ie là! Apres, dit la dame,ie n'entendois pas de vousMonsieur. | Ser Giouan Tingiprete in Santa Riparata,sendo vecchissimo etutto canuto, confessauavna donna: auenne chefacendo esso vista di dormire,la buona donnapresto disse vn peccatodi che si vergognaua. Equesto è, che vn trattose era separata delle suedomigelle, e andata d'introvna camera suola.A questo la domandòser Giovanni, se gleiharebbe consentuto ad unhuomo, se al'hora vifusse stato, e dicendo gleiche si, risponde il serGiouan, Stato vi, fusseio. Poi disse la donna, ionon intendeua di voi. |
| Vn seruiteur en ioustant à selle bassedans Florence sans iamaistomber, de sorte que ceux de lacompagnie estimoyent qu'il feustlié aueq son cheual: aduint ceneantmoins, vn coup qu'il fut ruépar terre. Or là estoit presentle Seigneur Ludouic Viscomte,auquel fut demandé, lequel descoups estoit le plus beau, que ceseruiteur auoit fait: C'est, dit il,quand il est tombé. | Giostrando vn famiglioa sella bassa in Firenze,e non cadendomai, stimaua la brigatache lui fusse ligato,Auenne che per vntratto fu gittato in terra.Era presente il SignorLudouico Visconte,il quale nel fine dela giostra, domandandoqual fusse stato megliorcolpo che colui auessefatto, rispose, quando ècadduto. |
| Semblable fut vn mot de DonatelSculteur, qui interrogué quellefut la meilleure oeuure que iamaisfeit Laurens de Bartoluccio,respondit, ce fut lors qu'il venditLeprian. Pource que leprian estoitvne petite maison champaistre,de laquelle ne pouuoit retirergrand fruit. | Simile fu il motto diDonatello, scultore ilquale domandato qualfusse la meglior cosa, chefacesse mai Lorenzo diBartoluccio, rispose, avendere Lepriano. Imperòche questo era vnasua villa, de trarne pocofrutto. |
| Le susdit Donatel faisoit à Venizevne statue de cuiure du CapitaineGattamellata, par le commandementde la seigneurie de Venize, etestant trop importunément solicitéd'icelle Seigneurie, print vnmarteau et aueq courroux, meitpar pieces la teste d'icelle effigie.Et venant cecy à la notice desSeigneurs, le manderent venirdeuant eux, et entre plusieursautres corroux et menasses, luydirent, que tout ainsi qu'il auoitrompu la teste à la statue, & toutainsi on luy romproit la sienne.Lors il respondit, I'en suis (mesSeigneurs) content: Pourueuqu'en vous soit la hardiesse deme promettre de refaire aussitost ma teste, comme ie referayà vostre statue la sienne. | Il predetto Donatellofaceua in Venecia vnastatua di bronso del CapitanoGattamellata,per comandamento de laSignoria di Venecia, eessendo troppo solecitatodi essa Signoria, presevn martello, e con furia,eschiacciò il capo a dettastatua. Inteso questola Signoria di Venecia,fattolo venire a se, e frapiu altre minacie glidisse che come haueuafatto a quella statua,cossi voleuano schiacciareil capo a lui. Aiquali rispose Donatello,Signori, io son contento,se vi da il cuore,di rifarmi il capo, comeio lo riffarò, a la vostrastatua del vostro Capitano. |
| Messire Andrieu Prieur de Lucardeinterrogué de quelcun, s'il y auoitrien de nouueau. Auquel ilrespondit, Non: tout est vieux,& principalement mes habillemens. | Messer Andrea Priore di Lucardo, domandandoda vn, Ecci nulladi nuouo? rispose non,e massimo di panni mei. |
| Vn Lucquois disoit que à Lucquesestoit vn aueugle qui iouoyt bienaux eschaitz, et les remuoit etconduisoit bien. Auquel responditMarabet Manetti, Ie le croyfort bien, pource que nous auonsà Florence vn aueugle, auquelquand on luy presente vne lettre,apres l'auoir maniée deux outrois fois, il la lit aussi bien ques'il auoit de la lumiere. | Vn Lucquese diceuache in Lucqua era vncieco che giocaua a scacchi,e muoueua bene gliscacchi, Marabbeto Manettigli rispose, Io lo credomolto bene, perchenoi habbiamo in Firenzevn cieco, che quandogli è dato vna lettera,toccandola due, ò trevolte, poi la lege comese hauesse lume. |
| Denis Pucci souloit dire, queIan Francois Venturin, pourn'estre sans affaires iamaisn'en expedioit vn. | Dionigi Pucci era costumedi dire, che GiouanFrancesco Venturinper hauer semprequalche facenda, nonexpediua mai niuna. |
| Laurens de Medicis interroguépar Vgolin Martelli pourquoy ilse leuoit le matin à heure sitarde, respondit en demandant,que c'est qu'il auoit fait lamatinée? Et apres qu'il luy eutrecité quelques petits affaireslegers qu'il auoit expediez, luydit, Mieux vaut ce que i'aypensé ce matin dans mon lict,que tout ce que tu as faitauiourd'huy. | Lorenzo di Medicidomandando da VgolinoMartelli perche si leuassela mattina tardi,rispose domandando gliche cossa hauesse fattoquella mattina: e contandogli alcune cosse legieregli disse, E val piuquello che io ho pensatofra il letto, che quelloche tu hai fatto tuttohoggi. |
| Dante disnant vne fois aueqvn, qui estoit tellement eschaufédu vin, & de parler, qu'il en suoitde tous coustez, et disant encertain propos, que iamais lonne se lasse à dire verité, luyrespondit, Ie m'esmerueilloyegrandement aussi de ce que tusuois en si grand' abondance. | Dante essendo vnavolta à desinare con vno,il quale era riscaldatodal vino e dal fauellare,in modo, che tutto sudaua,dicendo egli a certoproposito, Chi disse il vero,non se affatica, RisposeDante, Io mi marauigliaua ben d'el tuosudare. |
| Vn pauure homme et tout nud,dés qu'il auoit vn solz ledespendoit à la tauerne: & estantreprins de cela, dit à ceux qui lereprenoyent: Puis que dieu veut,que ie doiue monstrer le cul,ie le veux monstrer groset gras. | Vn pouer' huomo eignudo come haueua vngrosso, lo spendeua à latauerna: e ripreso d'alcuni,disse, Poi che Domenediovuole che iohabbia a mostrare il culo,io lo voglio mostraregrosso e grasso. |
| Il y auoit deux hommes qui seperforcoyent à dire chosesmerueilleuses, et disant l'vnqu'il auoit veu en certain païsvn chou, souz lequel pouuoyentdemeurer, mil et cinq censhommes à cheual, dit l'autre,i'ay veu en vn païs vne chaudiere,laquelle cent maistres forgeoyent,et estoit si grande, que l'vnn'entendoit pas l'autre, tantestoyent separez, Et disant lepremier, Que diable vouloyentilz faire de ceste chaudiere?L'autre respond, pour cuire tonsi grand chou. | Eran duoi che faceuanoa dire miracoli, edicendo l'vno che haueuaveduto vn cauolloin vn paese, che vi stauansotto, mille cinquecento huomini a cauallo,disse l' altro, E io vidiin vn paese vna caldaiache la fabricauanocento maestri, e era tantogranda, che l'vno nonsentiua l'altro, tantoerano discosti. E dicendogli il primo, che diauolovoleuan fare di cotestacaldaia, rispose,Cuocere cotesto Cauollo. |
| A vn qui se grattoit les reinsdisant, Si ce n'est Amourqu'esse donq que ie sens, luyfut respondu, Amour est vnpou, pourautant qu'il mord sonmaistre. | A vno che si grattauale reni, diceua, s'Amornon è, che duncheè quel che io sento, glifu riposto, è vn pidocchioAmore perche mordeil patrone. |
| Messire Otto exposoit à Romedans le consistoire, vneAmbassade, et estant duCardinal In portico (hommetoutefois curieux & fort estrangeen ses demandes) par plusieursfois interrogué de la causepourquoy il auoit perdu vn bras,poursuiuoit ce nonobstant lepropos de ce pourquoy auoit estémandé, disant au Cardinal,Bien tost ie vous respondray, &en poursuiuant sa parole, tombasus le moyen de dire, Pere saint,à l'vn deffaut vne chose, àl'autre vne autre, L'vn naistsans vn pied, L'autre sans vndoigt. Quant est de moy ienasqui sans vn bras, maisplusieurs sont naiz sans cerueau:et tellement accommoda saresponce, que son propos futentendu d'vn chacun. | Messer Otto esponeuaa Roma nel consilio vnaAmbasciata, e essendodal Cardinale in Portico(huomo pur curioso,e strano nella domanda)piu volte domandatoche cossa fusse stataquella perche esso hauessemosso vn braccio,seguitaua pure la suaAmbassiata, dicendo alCardinale, tosto vi darorisposta, e nel processodel parlare, induce aproposito queste parole,Santo Padre a chi manchavna cossa, a chi manchavna altra. Altri nascesensa vn piè, altri sensavn dito. Io nacqui sensamano, e altri sensa cervello.E in modo accommodòla risposta, chefu inteso il suo propositoda ongniuno. |
| Dante interroguoit vn païsan quell'heureestoit: qui assez rudementluy respondit, qu'il estoit heured'aller mener les bestes boire.Dante luy dit, Et toy, pourquoyn'y vas tu donq? | Domandaua Dante avn contadino qual horafusse, il quale grossamenterispondendogli, cheera hora d'andar darea bere a le bestie, dice, Etu perche non vai bere? |
| Vn, toutes les fois que son cheualchoppoit, disoit, Diable ayde luy,et reprins d'vn autre, pourcequ'il n'inuoquoit plustost IesusChrist, dit, Ie connois bien, quetu ne scais encores le teste, quidit, In nomine Iesu omne genuflectatur. | Vno certo quando ilsuo cauallo inciampaua,diceua, Diauoloaiutalo: e riprese da vnaltro, che lo confortauade dire piu tosto Giesu,dice, tu non dei sapereforce questo testo. In nomineIesu omne genuflectatur. |
| Lon dit que Messire BernardRenaud perdit quelque foisl'entendement. Au moyen dequoyvne simple femme ayant son filzfol, cherchoit conseil et remedepour luy. Et elle fut enuoyée pardeuers luy. Auquel elle dit:Messire Renaud, i'ay ouy direqu'autre fois vous auez estéfol, parquoy ie vous prie dem'enseigner les moyens parlesquelz vous receutes guerison:pource que i'ay vn filz qui estfol comme vous estiez. Entenduepar messire Bernard la simplicitéde la femme, luy respondit, Voyma bonne Dame, gardez vousbien de le faire guerir: car ien'eu iamais le meilleur temps,que quand i'estois fol. | Dicesi che Messer BernardoRinaldo impazzòvna volta, onde consigliandosicon alcuni,vna semplici donna, chehaueua vn figliuolo impazzato,qual rimediofusse a guarirlo, fu mandataal detto messer Rinaldo.La donna trouatologli disse, messer Rinaldo,io ho intezo, chevoi impazzaste vna volta,e però vi prego, chevoi m'insegnate, comevoi faceste a guarire, perche,io hò vn figliuoloimpazzato. Inteza messerRinardo, la semplicitàdella donna, rispose,Oi me buona donna nonlo fate guarire, che io nonhebbi mai il piu bel tempo,che quando io erapazzo. |
| Messire Barthelemy medecin dePistoye, homme singulier, estanten disposition de se marier, onluy presenta deux femmes, L'vneque luy donnoit petit mariage,mais elle estoit sage: L'autren'estoit si sage, mais elle luydonnoit trois cens escus de dote,plus que la premiere. Or ilrespondit, à ceux qui luy enparloyent, De la plus sagefemme du monde, à la plusfole, n'y ha difference d'vnpetit grain de millet. Ie ne veuxpas acheter ce petit grain troiscens escus, ou bien perdre troiscens escus, pour vn grain de millet. | Messer Bartolomeomedico Pistolese, huomosingulare, essendo pertorre moglie, e essendoglimesso in anzi due donne,l'vna che gli dauapoca dote, ma era sauia,l'altra che non eratanto sauia, gli da trecentiducati di dote piuche l'altra. Rispose chede la piu sauia del mondoa la piu pazza, nonci era differenza d'vngrano di panico: e chenon voleua, questo granellocomparar trecentiducati: o veramente,perdere trecenti ducatiper hauer questo granello. |
| Iceluy mesme fut interrogué de lacause pourquoy, en sa vieillesseauoit prins femme, il respondit:En la vieillesse les senscommencent à diminuer, & qu'autemps qu'il estoit Ieune, & qu'ilauoit bon iugement, s'en estoitgardé: mais estant apres venuvieux et moins sage, y estoittombé. | Il supradetto domandato,perche in vecchiezahaueua tolto moglie,disse, che a vecchi cominciaa mancare l'intelletto:e mentre che fùgiouane, e di buon sentimento,se n'era guardato:poi vecchio comemen sauio vi era inciampato. |
| Estant requis de la part du Royde France et de l'Empereur leDuc de Bouloigne, de faire ligueaueq eux, leur feit ceste responce,Fut vne fois requis le Liëurede faire ligue aueq le Lyon &l'Ours, et pensant à leurqualité delibere de ne la faireaucunement, et leur feit cesteresponce disant ainsi, Il estvray qu'ilz sont grands maistres,et plus puissans que moy:Mais ilz ont besoing de chercherà manger, et moy ie n'aynecessité que de paistre l'herbe.Semblablement le Roy etl'Empereur sont l'Ours & leLyon, qui sont plus grandsprinces que moy qui suis leLieure me contentant de peu,au moyen dequoy trouueray assezà pasturer en tous lieux, pourhonnestement entretenir mon estat. | Essendo dal Re diFrancia, e dall'Imperadorerichiesto il Ducadi Bologna, di fare legacon essi, fè questa risposta:Fu richiesta laLepre di fare lega conl'Orso, e col Lione, el'Aquila, pensando aloro qualita: la Lepredeliberò de non la fare,dicendo, Questo e veroche loro son maggiori dime, ma a loro bisognacercare di magnare, ame non mancherà maiche pascere, Cossi l'Imperadoree il Re, sonol'Orso, e il Lione, percheson gran maestri: ioson la Lepre, e perchemi contento di poco, troueròche pascer in ogniluogo. |
| Vn Paisan auoit deux enfans d'ontl'vn estoit fort paresseux, etl'autre fort diligent. Aduintvn matin, que le diligent allantau labourage, trouua en sonchemin vne bourse de cinq censducatz. Au moyen dequoy,retourne en arriere, pour lesporter en la maison. Son perele voyant l'interrogue s'il auoitia acheué son oeuure: auquel ilrespond: Mon pere ne voussouciez plus de rien, I'ay fait vnebonne iournée: donnez moyseulement à disner. Tenez voilàque i'ay gaigné à ce matin. Lepere voyant tant de ducatzensemble, remply d'vne grand'liesse, s'en va à son autre filzqui estoit encores au lict, luydisant: Va poultron, forfant,seras tu tousiours ainsi paresseux.Ton frere ha desia auiourd'huytrouué vne bourse de cinq censducatz, et tu es encores au lict.Respond le filz encores toutendormy, Meilleur seroit à celuy quiles ha perdus, qu'il feust encoresau lict endormy comme moy. | Vn contadino haueuaduoi figliuoli, l'vno pigrissimoda se leuar la mattina,l'altro diligente inogni cossa. Auenne vnamattina che lo diligenteandando al lauore, trouònella strada vna borsa,doue eran cinquecenti ducati, perche ritornòdrieto in casa, edomandato dal padre, sihauesse fornito l'oprasua, disse, non dubitaniente, padre, io ho fattogiornata, date mi pura magnare. Vedete cheio ho guadagnato questamattina. Il padre vedendotanti ducati insieme,che mai non haueuaveduti, pieno diallegressa, sene va al figliuolo,ilquale era nelletto, dicendo, Oi poltron,forfant, serai tusempre mai cossi paressoso?Ecco il tuo fratelloha trouato cinque centoducati in vna borsa.Rispose il figliuolo, ancorasopito, Meglio fusse acolui che gli ha perduti,che fusse ancora nel lectocome io. |
| Vn Medecin fut vne fois interroguéde la cause pourquoy il interroguoitles dames qu'il voyoit auoir bonvisage et frais, de leur portement.C'est (dit il) pourautant, quei'ay veu plusieurs flascons ayansla robbe toute neufue, et leverre estoit rompu dedans: etplusieurs pommes desquellesl'escorce reluisoit, et le dedansestoit tout mangé des vers. | Vn Medico fu domandatoper qual causa domandauaalle donne comestauano, vedendo lehauer buon viso, disse,Perche io ho veduto moltevolte de fiaschi rotticon la veste nuova, emolte pome bellissimenella pelle, ma dintromagnate di vermi. |
| Frere Blaise des Carmes estoitcoustumier de dire, que qui doitestre laboureur, il naist aueq lasarpe en main. | Fra Biagio di Carmelitesoleua dire, chechi doueua essere zaniolo,nasceua con manico in mano. |
| Messire Pierre de Nocere, voulantseurement transporter de Lyon àFlorence vne grand somme dedeniers, les commit en la banquedes Medicis, en prenant vnelettre de change. Or en s'envenant commenca par les cheminsfort à soupsonner que ses escusne luy feussent entierementrenduz. Toutesfois dés aussitost qu'il fut arriué à Florence,et en la maison des Medicis,ses escus luy furent entierementrenduz. Au moyen dequoy s'enalla à Cosme, et luy dit (apresl'auoir honorablement remercié)O Cosme, Magna est fidestua! Et Cosme luy respond,Messire Pierre, le plus richetresor des marchands est la foy.& plus de fidelité ha le marchand,plus est il riche. | Messer Pietro da Nocerahauendo a transferirevna gran sommadi scudi, de Lione in Firenzegli commesse albanco di Medici, e conlettre di Cambio senevenne a Firenze. Horper la via cominciò a sospectareassai che gli danarinon gli fussero restituiti:Ma come giunseal banco, tutti gli furonosubito numerati. Ondeandatosene a Cosmodisse, O Cosmo, Magnaest fides tua. E egli,M. Pietro, il tesoro demercadanti è la fede, epiu fede ha il mercadande,tanto piu è ricco. |
| Disoit souuent le Comte Francois,que quatre choses sont necessairesà bien parfaire quelque cas.A sauoir, penser, se conseiller,deliberer, et faire. | Diceua il Conte Francesco,che quattro cossebisognauano a far benvna cossa, pensare, consigliare,deliberare, efare. |
| Le Duc de Milan (Galeas Marie)souloit dire, que trois choses sontnecessaires à faire vne bonnetourte: C'est, sauoir, pouuoir,et vouloir. | Il Duca di Milano,Galeasso Maria, soleuadire, che tre cosse bisognauahauere a farevna buona torta: sapere,potere, e volere. |
| Messire Marcel recitoit, que luyestant en France, il auoit ouydire à vn fol, que lon trouuoitquatre bonnes meres, lesquellesauoyent quatre mauuais enfans.La premiere estoit Verité, etson filz estoit courroux. L'autreestoit Prosperité, et son filz senommoit Orgueil. La troisiesmes'appelloit Seureté, et son filzestoit Peril. Il disoit laquatriesme estre, Familiarité,laquelle enfantoit Contemnement. | Messer Marcello racontauada vn mattohauere vdito dire inFrancia questa sentencia,che sono quattrebuone madri che hannoquattro cattiui figliuoli,e diceuale in latino inquesto modo: Veritas,quæ parit odium: Prosperitas,Superbiam: Securitas,Periculum: Familiaritas,Contemptum. |
| Iceluy mesme parloit d'vn vieuxhomme qui portoit les iambes ensa main, les aureilles au sein,et les yeux en sa ceinture. | Il medesimo, dissed'vn vecchio, che portaua,le gambe in mano,le orecchie in seno, egli occhi a la cintura. |
| Vn Sienois auoit de coustume dedire en leur conseil, Messieursles Citadins, gardez vous desFlorentins. Car eux vousgarderont bien des autres. | Vn Senese soleua direin consiglio: Cittadinimei guardateui daFiorentini, che di altrivi guarderanno essi. |
| Vn iour Cosme se courroussoitalencontre de ses seruiteurs, quile portoyent dans vne chaire,parquoy l'vn luy disoit, Quoymonsieur vous criez, deuant quelon vous fasse aucun mal,respond, Il m'est besoin de crierdeuant que tu me fasses mal,car de crier apres, ne meseruiroit de rien. | Gridaua vna voltaCosmo contra da gli suoifamigli, e dicendo vno,Oh, che hauete voi? Voigridate, inanzi che habbiatenulla. Rispose Cosmo,Oh prima bisognache io gridi, che poi nonmi varebbe nulla. |
| Combien de choses doit auoir vnefemme, pour estre belle enperfection? Trois noires, troisblanches, trois petites, troislongues, trois grosses. A sauoir,les trois noires, les surcilz, lesyeux, la nature; les blanchessont les cheueux, les dents et lachair: les petites sont la bouche,le nez, les aureilles: les longues,sont les doigts, le bust, et lecol: les grosses, sont les bras,les iambes, et les cuysses. | Quante cosse vogliahauere vna donna peresser bella a perfettione?Tre nere, tre bianche,tre piccole, tre luonghe,tre grosse: Cio è,nere, ciglia, occhi, natura:Bianche, capilli,denti, carne: Piccole,bocca, naso, orecchie:Luongue, ditta, busto,collo: Grosse, braccia,gambe, coscie. |
| Iaques Bini me disoit vn de cesiours, que ceux de Florence,ont tousiours esté de trois raisonsen leurs gouuernemens. Pourceque l'vn ha presté la reputation,l'autre les deniers, et letroisiéme, ha pendu vne sonnette.Ie luy demanday que vouloit direce pendement de sonnette. Lorsil me dit, que vn certain nombrede rats deliberarent vne foisparensemble de pendre vnesonnette à la queuë d'vn chat, pourmieux le sentir venir. Mais apresla conclusion, il ne se trouuavn seul de ces rats qui voulustcommencer le premier à pendreceste sonnette. | Iacobo Bini mi disse aquesti di, che quelli diFirenze, sempre sonostati di tre ragioni nelgouerno: perche vno haprestata la riputatione:l'altro i danari: e ilterzo ha appicato vnsonaglio. Io domandaiquesto appicare il sonaglioche voleua dire.Contomi all'hora checerti topi deliberarono,vna volta insieme deappicare vn sonaglio ala coda de la Gatta persentirla: Ma la conclusionefatta, non si trouònessun di questi topi, chevolesse esser il primo adappiccarlo. |
| Vn homme vieux me dit ces iourspassez, que les choses iniustesne peuuent durer, et que laiustice ressemble à l'eau d'vneriuiere, laquelle quand on luydonne quelque obstacle, ouempeschement à son cours, ellerompt son rampar, ou bien ellecroist tellement, et s'engrossitqu'elle rengorge par dessus. | Vn vecchio mi disse aquesti di, che le cosse iniustenon possono durare,e che la iustitia è fattacome l'acqua, chequando è impedita dasuo corso, ella rompequel riparo e impedimento,o vero tantocresce e ingrossa che ellaschocca poi disopra. |
| Disoit Cosme que trois boursessont necessaires à qui veutplaidoyer, l'vne plaine d'argent,l'autre de cautelles, et latroisiéme de finesses. | Diceua Cosmo, chebisogna hauere tre borsepiene a quelli che voglionolitigare, l'vna di danari,l'altra di cautele,e l'altra di diligentie. |
| Estant venu vn Ambassadeur duRoy d'Aragon au temps deCosme, demandant pour tributaux Florentins tous les ans vnfaucon, s'offrant par ce moyengarder et conseruer l'estat desFlorentins, fut commise laresponce à Puccio filz d'Antoinede Pucci, homme tresprudent etde grand hardiesse, lequelrespondit à l'Ambassadeur partelles parolles: Combien que leComte Galeas nommé, Comtede vertu, eust requis vn Esparuieraux Florentins pour tribut annuel,aueq offre de deffendre nostreestat, si est ce que les Florentinsne s'y voulurent aucunementaccorder. Par quoy ilz ne luybailleroyent point non seulementvn faucon, mais qu'ilz ne luymostreroyent pas vne Pie. Maistoutes les fois qu'il plaira à vostreRoy, de se mettre en deuoir, eten bon ordre, pour estre nostreCapitaine, nous luy donneronsquarante ou cinquante mil ducatz.Et de ceste offre ne se doitrendre vergogneux en l'acceptant.Pourautant que plusieurs autresplus grands que luy, auoyentesté leurs Capitaines. | Essendo venuto vnAmbasciadore dal Re diAragona, a tempi diCosmo, il quale chiedeuatributo d'vn falconeogni anno, offerendosiper quello conseruare lostato a Fiorentini, fùcommessa la risposta aPuccio di Antonio Puccihuomo prudentissimoe di grand'animo. Ilquale rispose in questomodo: Che con ciò fusse,che il Conte Giouan Galeazzo,detto Conte diVertu, hauesse chiestovno sparuiere per tributoa Fiorentini, consimili offerta di conseruarelo stato, e che iFiorentini non gli haueuanvoluto concedereche a lui, non solamente,non darebbono vnfalcone, ma non pure glimostrarebbono vn Gheppio.Ma si quando volesseacconciarsi per loroCapitano, che gli darebbenoquaranta o cinquantamille ducati. Edi questo non si dourebbevergognare. Perchemolti altri piu grandiche lui eran stati loroCapitani. |
| Ce mesme Puccio disoit que laverité ressembloit à l'huile quitousiours nageoit au dessus del'eau: de sorte que qui mettroitl'huile dans vn vaisseau de ferlequel feust ietté au plus profondde la mer: par long espace etvarieté du temps, le vaisseau seromproit, et l'huile reuiendroitau dessus de l'eau. | Diceua questo Puccio,que la verità è similea l'oglio, il qualesempre nata supra l'acqua,di modo, che mettendol'oglio dentre vn vasodi ferro, il quale fussegittato nel piu profundod'il mare, il vaso consumandose per la varietàdel tempo, l'oglio riuenerebbesopra di l'acqua. |
| Estant iceluy Puccio Ambassadeurenuoyé au Duc Philippe àMilan, demeura par espace detemps attendant d'auoir audience.Pource que le Duc se gouuernoitassez par les points d'Astrologie.Or ayant entendu par sonAstrologue vne heure propicepour luy, enuoya querir Puccio,disant, qu'il estoit prest de luydonner audience. Auquel feitresponce Puccio, qu'il n'y vouloitlors aller. Pource que si c'estoitl'heure du Duc, ce n'estoitpoint encores la sienne. | Essendo Puccio predettoAmbasciatore alDuca Filippo a Milanosoprastete assai, ad hauerevdientia, perche ildetto Signore se gouuernauaassai per punto diastrologia. Hora hauendointeso dallo Astrologovna hora accommodata,mandò per il predettoPuccio, dicendoche era presto a darglivdientia; a cui Pucciofesse rispondere, che nonvoleua andarui all'horaPerche si in quell'horavi era il punto del Duca,non vi era il suo. |
| Deux cordeliers venoyent de Florence,et arriuant au logis de l'Escalletrouuarent deux autres freresdudit ordre, et tous quatren'auoyent autre chose à mangerqu'vn poisson, qu'auoit vn d'iceuxfreres, qui le meit en troistronsons, et luy disant l'hostepourquoy il n'auoit fait quatreparties d'iceluy poisson, respondit,I'ay fait cecy pour ceste causeque celuy, qui ne saura direquelque bonne sentence de l'escriture,n'en mangera point. A quoys'accordarent tous les autresreligieux. Et mis le poisson dansvn plat, l'vn print la testedisant, In capite libri scriptumest de me: l'autre print letronson du milieu, en disant,Stetit Iesus in medio discipulorumsuorum: le troisiéme print laqueuë en disant, Qui perseueraueritvsque in finem, hic saluus erit: lequatriesme se voyant sans auoirpart au poisson, prent la cassepar le manche ou auoit esté fritle poisson, & respanchant l'huiletoute chaude par dessus la testedes autres trois, dit, Et non estqui se abscondat à calore eius. | Doi frati di san Francescovenean di Fiorenze,e adiungendo a l'ostariadella Scalla, trouaronoduoi altri fratidi detto ordine, e tuttiquatri non hauean altracossa da magnare quevn pesce, il quale haueual'vn di questi fratimesso in tre parte, e dicendol'hoste, perche nonhaueua diuiso in quatreparti, disse, io hò fattoquesto perche nessun nonmagnara d'el pesce, chenon disse qualque buonaautorità de la Scritura,Di che furono d'accordi,tutti gli altri frati. E messoche fu il pesce dentro lopiato, l'vn piglia la testadicendo, In capite libriscriptum est de me: l'altrodisse, Stetit Iesus in mediodiscipulorum suorum:il terzo disse, Qui perseueraueritvsque in finem,hic saluus erit: e dicendoqueste parole il secondopigliò la parte del mezoe l'altro pigliò la coda: ilquarto vedendosi sensahauere parte nessuna delpesce pigliò la patella perlo manico e risparge l'oliosopra la testa de glialtri, dicendo, Et non est quise abscondat a calore eius. |
| Vint en Florence Messire Antoinedal forli, pour mettre sus auxprestres certaines impositions, aueqcommission de messire Falcode traitter le Piouian comme sapropre personne, Au moyendequoy dés aussi tost qu'il futà Florence le feit venir disneraueq luy le faisant seoir au hautbout de la table luy faisant autantd'honneur et seruice, comme ileust fait à messire Falco s'ileust esté là, Or apres le disnerquand le Piouian se preparoit dese retirer dit à Messire Antoine,Mon seigneur ie ne voudrois,qu'il m'en print comme à IesusChrist, Auquel les Iuifz allerentau deuant aueq branches d'oliuierset de Palmes, luy mettant leursvestemens souz les piedz, et apresle crucifierent, I'ay grand peur,que apres tant d'honneurs et sibons morceaux, vous ne mechargez trop de voz impositions. | Venne in Firenze MesserAnthonio dal forli, aporre imposte a Preti concomissione di messer Falconedi trattare il Piouianocome la sua personapropria, Onde comefu in Firenze tantostol'hebbe a disinare, e messoloin capo di tauola, feceglihonore come fusseMesser Falcone, E quandosi partiua gli disse,Messer Anthonio mio, novorrei che mi interuenissecome a Christo, alqual gli Giudei andaronoincontra con Oliue ePalme, mettendogli levesti sotto i piedi, e poi locrucifissero, Accenandohauer paura di non beccaremaior grauesse dappotanti honori. |
| Trois ieunes corsaires de mer,proposarent d'habiter à Siene,et meirent entre les mains d'vnbanquier quarante mil ducatz,disant, n'en demander aucunproufit seulement qu'il le leurrendit sinon qu'ilz feussent toustrois ensemble, Vn d'eux et quiestoit le plus fin, feit semblantde connoistre quelcun qui vouloitvendre quelque maison et autresbiens qu'ilz pourroyent achepterpar ensemble, parquoy dirent quedans peu de iours ilz retireroyentleur argent. Apres il espia vniour que les autres montoyent àcheual pour aller à la chasseaueq quelques autres ieunes genset leur dit, que necessairementen attendant leur retour luy falloitcinquante ou soixante escus pourauancer au vendeur de la maison,pour l'empescher de ne la vendreà quelque autre, les deux autrescompaignons, pour ne rompre leurvoyage, vont tout à cheual à labanque, disant qu'on luy donnasttout ce qu'il demanderoit, Aumoyen dequoy cestuy print toutela somme entiere, d'icelle faisantquittence au Banquier, puis monteà cheual et s'en va en France.Les autres deux estans reuenuzde la chasse, aduertis du cas,donnoyent le tort au Banquierluy demandant leurs deniers, aumoyen de la conuention aueq luyfaitte de ne les bailler sinon à euxtrois tous ensemble, le Banquierentendu la renommée de messireGelio da Resso homme fortnaturel s'en va à luy pour seconseiller de ce qu'il auoit à faire.Il luy dit: Puis que ainsi estque tu leurs as promis de rendreleur argent à tous trois, dy leur,que tu n'es tenu de leur rendre,qu'ilz n'y soyent tous trois: maisobseruer ce qui est promis, qu'ilzs'assemblent tous trois, et tu lespayeras derechef. | Tre giouan corsari feceronpensiero d'habitarin Siena e poseron fra lemani d'vn banchieri quarantamiglia ducati, dicendonone volere discretionenessuna, ma suoloche gli promettesse, non daredenario nessuno, se nonin presentia di tutti tre,Vno di loro piu cattiuopenso da egli dare la bosiae finge d'hauere a le manide comparar poderi, casee beni in comune, Fedare un tocco da gli altrigiouani al banchieri,che stesse in punto, perchein breui giorni gli leuerebenoil denario intero,Poi obserue vn di chequelli duoi caualcauanoin caccia, con altri giouani,e mentre erano a cauallo,disse loro che bisognauadare cinquanta scudia colui che voleva vendereessa casa, per dargliimpedimento de non lavendere a vn altro. Questiduoi altri per non restaresuoli, anderono acauallo fin all' banchieridicendogli che donasse al'altro compagnon loro,quello che domandasse,lui subito, piglo tutti gliquarante mille ducati,poi monte a cauallo, e sene va in Francia, gli altriduoi venuti de la cassia,intendendo la cossa muonolite con il banchiere dandogliil torto, dicendoche non deuea dare questidinari sino in presenciadi tutti tre, Il banchieriintesa la fama diMesser Gelio da Resso,huomo naturale, seneva a lui per consigliarsi,di quello che haueuada fare, il qual gli disse,va confessa la sommaesser mal pagata, maper obseruare, quellopromesso, siate tutti treinsiemo è di nuovo vipagaro tutta la somma. |
| Matthieu gras perdit vne boursede velours, dans laquelle y auoitcent ducatz: apres fut trouuéepar vn pauure compaignon, quiprint vn d'iceux ducatz, & acheptavn bonnet. Ce que venu à lanotice du perdant, vint à celuyqui l'auoit trouuée, luy priantde la rendre: ce qu'il feit, etsoudainement, disant: voila vostrebourse il ne s'en faut qu'vnducat. Le Gras se commencegrandement à se courrousser, etdisant en grand' colere: tu m'asdesrobé mon argent, ie neprendray pas la bourse, que toutn'y soit, et à la fin le feit citerpar deuant le Iuge, lequel apresauoir ouy l'vne et l'autre desparties, dit à Matthieu gras: tuas perdu ta bourse, ou il y auoitcent ducatz, Ouy dit Matthieu.Or ceste cy n'est pas la tienne,car il n'en y ha que nonanteneuf, disant aussi à celuy quil'auoit trouuée: tiens garde la,ce n'est pas la sienne, qu'il lavoise chercher s'il veut. | Matteo grasso perdèvna borsa di veluto, doueeran cento ducati,dapoi fu trouata da vnpouero compagno, il qualpiglò vn di quelli ducati,e comprosi vna barretta,sapendo colui chehaueua perduta la borsadoue essa era, vene alui chiedendo: che la glirendesse, subito la rende,dicendo: eccoui laborsa vostra, non si manchache vn ducato, ilGrasso s'infuria, dicendo:tu m'ai rubbato gli danari,non piglero la borsache non si sia ogni cossa:e in fin' lo fesse citare inanzidel Iudice, ilqualevdita l'vna e l'altraparte, disse a Matteo: tuhai perduto vna borsadoue eran cento ducati,e Matteo respondendo,si: Disse, questa non è latua perche non ci è chenorante noue, e dicendoa colui qual l'haueua,guarda la, perche non èla sua, che la vada cercars'el vuole. |
| Sattan chastioit vn diable, pourcequ'il auoit perdu son temps àsolliciter vn homme, de ne fairerestitution de quelque argent qu'ilauoit desrobbé, et disoit Sattan:ne te suffisoit il pas de l'auoirinduit à faire ce larrecin? ne scaytu pas, qu'il est homme & encoresFlorentin, qui de soy mesme secontregarde assez de iamais nerendre, ce qu'il ha vne foisdesrobbé. | Sattanasso gastigo vndiauolo che haueua perdutotempo dietro a vnche haueua rubbato, accioche non rendesse idinari. Dicendo Sattanasso,che bastaua hauerlocondutto a rubbare,e che era huomo, eFirentino, che da luimedesimo si guarda assaidi rendere quello cheha rubbato. |
| Vn prestre feit vne sepulture ausymetiere, et feit les obsequesfunebres d'vn chien qu'il auoit:apres qu'il fut mort. dequoyinformé l'Euesque le feit citerdeuant luy, ou il se comparut,et repris, confessa le cas, disantpar ses excuses: Monseigneur ieluy ay fait honneur, pourautantqu'il le meritoit, car il estoitchien de grand entendement, desorte qu'il ha fait testament, etentre ses autres Legatz, Il vousha donné ce qui est dans cesteboursette, c'estoyent dix ducatz,Lesquelz ayant receu l'Euesque,donna l'absolution au Curé. | Vn Prete a vn suoCane morto fece la sepultura,e dissegli l'vfficio:perche l'haueuacaro. Fu accusato alvescouo e citato, compari,ripreso, confessa, e hauendoin vn sacchetodieci ducati, disse: Monsignorio gli feci honoreperche egli haueua vngran sentimento, e frale altre cosse fece testamento,e lascioui questidinari, vedendo questoil vescouo, gli da l'absolutione. |
| Messire Francois malle chair,ayant vne tache d'huile en sarobbe au deuant de l'estomac,fort fasché de ce que chacun luydemandoit que c'estoit, printcoustume de dire à tous ceuxqui venoyent à luy, premier que deles ouyr parler: Taisez vous,c'est vne tasche d'huile, apresdisoit, Or dittes ores ce qu'ilvous plaira. Ce mot dureencores auiourd'huy en prouerbe,de quelque mauuais bruit qui nese peut perdre. | Messer Francesco malacarne,hauendo vnamacchia d'oglio in sulpetto, essendogli venutoa noia, d'essere da ogniunodomandato qualcosa fusse: s'acostumo adire a ogniuno che gli veniuaa parlare, inanziche d'ascoltargli: sta saldo,questa è vna macchiad'oglio, di hora cioche tu voi. Questo mottoancho è hoggi in prouerbio,di qualche rumorecattiuo che non sipuo cauar. |
| En se complaignant vn à Puccio, d'vnecharge qu'on luy auoit commiscontre son gré: dit Puccio, tupourrois bien tellement blasmer,ceste charge, que ne trouuerashomme qui la vueille. | Dolendosi vno con Puccio,di una carga qualgli fu data contra la suavolunta, rispose Puccio:Tu biastimerai tantoquesta grauessa, che tunon trouerai huomo chela voglia. |
| Vn criminel fut mené en prison,et entendant lire son proces,confessoit tout, disant: encores ayie pis fait, Et à la fin onl'interrogue, qu'estoit ce qu'ilauoit pis fait, Helas, (dit il)c'est que ie me suis laisséamener ceans. | Vn malfattor trattoin prigione, sentendosileggere il processo, confessauatutto, e diceua ioho fatto anchora peggio,e in fine domandato,qual era questo peggio,rispose, a lasciarmi condurqui. |
| Vn Cardinal, monstroit sonargenterie à messire Angelo dela Stuffa, disant: ie ne puispas dire comme saint Pierre:Argentum et aurum non estmihi. Auquel il respondit, aussine pourriez vous faire ce qu'ilfeit, l'ors qu'il dit: Surgeet ambula. | Mostrando vn Cardinale,a Messer Agnolodella Stuffa, la sua argenteria,e dicendo: ionon posso dire come sanPietro, Argentum &aurum non est mihi. Rispose,Voi non potete ancordire, Surge & ambula. |
| Vne Ieune fille passoit par la rue,à laquelle disant Puccio: A dieubelle fille. Elle respondit, lon nepourroit pas ainsi dire de vous.Si feroit on bien (dit il) quivoudroit mentir par la gorge,comme i'ay fait. | Passaua vna fanciulaper via, e dicendo ilPiouano: Adio bella fanciula,rispose ella: è nonsi po ia cossi dire di voi.E il Piouano, si poterebbebene, che volesse mentireper la gola, come hofatto io. |
| Estant nay vn filz, vn mois apresque la mere s'estoit remariée,Martin dit au pere de la femme:il sera bon que tu fasses ce garsoncorrier, car il ira tousiours deuxou trois milles deuant lesautres. | Essendo nato vn fanciulo,circa vn mese poiche la madre si rimarito,disse Martino al Padrede la donna: sariabuono che tu lo facessecorriere questo putto perche sara sempre due o tremillia inanzi a gli altri. |
| Laurens persuadoit à vn Gentilhomme d'accoustrer vn soldatet le prendre à son seruice, Quiluy respondit: ie le prendroisvolontiers, mais quand on les habien accoustrez, ilz s'en vont & melaissent. Laurens luy respond, ievous scay vn bon remede: Quandvous les aurez bien habillez, chassezles d'aueques vous. | Lorenzo voleua acconciarevn soldato convn Signore, E dicendoesso Signore: io lo torrei,ma essi vanno poi conDio, disse Lorenzo: eccouivn buon rimedio acotesto, Domando il Signore,e quale? che voilo cacciate via inanziche se ne vada. |
| Vn pere estoit de coustume demonstrer à son filz quand lonexecutoit quelque iustice, disant:Ces estandars, et ces bastons, etces armeures que tu vois, sont lesgens de iustice: & celuy que tu voisainsi lié, est le larron que lonmaine pendre. Aduint vn iourque lon faisoit l'offrande sollennelleà saint Ian, en forme d'vnRoyaume, ou estoyent gens armez,estandars, & tabourins: lesquelzauoir passez les premiers, lesseigneurs de la ville suiuoyent apres,lesquelz voyant le ieune gars, dit àson pere: O mon pere que delarrons! mais ilz ne sont point liez. | Vn padre soleua mostrareal figliuolo la Giusticia,e dirli, vedi tuquelle bandiere? quellaè la Giusticia, e quelloche tu vedi dietro, è illadro. Auenne vn diche si faceua l'offerta asan Giouanni, e dietro agli bandieri seguitauanomolti Citadini: ricordosiil fanciulo diquello che gli haueuamostrato il padre, e gridoa vn tratto: o Babboquanti ladri, ma nonson ligati. |
| Vn prescheur, en parlant del'Annonciation, dit entre autresfolies: Que croyez vous, Dames,que faisoit la vierge Marie quandl'Ange vint à elle luy apportantles nouuelles du salut deshommes? Croyez vous qu'elle sepeignasse, ou fardasse? non faisoitnon, elle estoit à genoux audeuant d'vn crucefix ou elledisoit les heures de nostre dame. | Vn predicatore parlandodella Annunciatione,disse fra le sue altresciochesse: che credetevoi donne che facesseall'hora la VirgineMaria, quando l'Angeloveni a essa apportandoglile nuoue de la salutede gli huomini? Credeteche ella se imbiondisse?Madonna non: anzi stauadinanzi vn crucifisso,e diceua l'vfficio dela Madonna. |
| Vn Aduocat promit à vn Païsan deluy apprendre à plaidoyer, tellementqu'il ne perdroit iames sa cause:Au moyen dequoy le païsant luypromit vn ducat: le Docteur sefiant en sa promesse luy dit, prenstoy garde de nier tout ce que lonte demandera: Apres il demandeson ducat à luy promis, le païsantcommencant à praticquer sadoctrine luy nie tresbien de luyauoir rien promis. | Vn Dottore promessea vn Contadino, che glivuoleua insegnare a piadire,se gli donasse vnducato, per modo che semprevincerebbe, colui promesse:e il Dottore fidandosinella sua promessa,dicegli: nega sempre maitutto quello che ti verradomandato. Poi chiese ilducato promesso, e il contadinosubito nego, praticandoquello che haueuaimparato del Dottor. |
| Les Veniciens enuoyerent deuxieunes Ambassadeurs par deuersl'Empereur, qui ne leur vouloitdonner audience. Iceux faschez detant attendre, voulurent sauoir laraison de leur prolongation, etseurent que c'estoit la coustumed'enuoyer pour Ambassade, gensaagez, & non si ieunes. Au moyendequoy, priarent l'Empereur qu'illuy pleust entendre quelque paroled'eux, sans dire chose aucune del'affaire à eux commis. Receuz del'Empereur, luy dirent: SacréeMaiesté, si la Seigneurie deVenize eusse estimé que lascience demeurast aux barbes, Ilzvous eussent enuoyez des boucz &des cheures pour Ambassadeurs. | I Venitiani mandaronoduoi giouani Ambasciatoria l'Imperador,Ilquale non daualoro vdientia, Volleronointendere perche. Intesoche era vsanza mandarehuomini vecchi enon cossi giouani e senzabarbe alcuna. Essipregarono l'Imperadore,che fusse contentovdire alcuna parola,senza dire nulla circala commissione loro, Riceuuti,dissero cossi: SacraMaiesta, se la Signoriadi Venetia hauesse credutoche la sapienzastesse nelle barbe, harebemandato qua per Ambasciatori,becchi e cappre. |
| Le Piouan dit à vn qui s'esmerueilloitfort de ce que deux sienscompaignons auoyent vuydé vnflasque plain de vin. Ho, ho, dit il:i'en ay bien veu deux quivuyderent vn puits. | A vno che si faceuamarauiglia, che duoisuoi compagni haueuanvoto vn fiasco, disse ilPiouano: oime duoivotano un pozzo. |
| En vnes nopces, certains compaignonsse battirent contre quelquesautres ieunes gens, faisant telleesmoution que lon osta vn anneauà l'espousée, et donnerent vngrand soufflet au mary: Cestaffaire se recitoit en presence deLaurens de Medicis, ou quelcundit, que c'estoit la coustume dedonner des soufflets aux nopces.Ouy bien (respondit Laurens)mais c'est quand lon donnel'anneau, et non pas quand onl'oste. | A vne certe nozze,certi giouani scherri, diederode le buffe, a certialtri giouani, e a sonatoriche si trouaron' a quellenozze: e fra altre cosserubbarono vn annelloalla sposa. Contauasi questanouella, in preferenzadi Lorenzo di Medici, evno certo dicendo che eracostuma de dare le buffequando se fanno le nozze,rispose Lorenzo:questa vsanza è quandosi da l'annello nonquando si toglie. |
| Vn Iuif interrogué, s'il trouuoit(vn Sabmedy) dix mil ducatz, àsauoir mon s'il les transporteroiten son logis, respondit: Il n'estpas Sabmedy et moins y sontles ducatz. | Vn Giudeo domandato:se trouando vn Sabbatodieci miglia ducati,gli toccharebbe, rispose:Sabbato non e, e ducatinon si sono. |
| Tu fais comme l'agneau deDicoman: C'est à dire, tu faispeu & mal: Extrait d'vn Païsande Dicoman, qui pour tromper laGabelle, cacha dans vn sac debled, vn petit agneau, qui onquesne se remua et ne sonna mot:sinon lors qu'il fut aux portesde la ville. | Tu fai come l'agnelode Dicomano: cioe puocoe male, tratto da vn contadinoda Dicomano ilqual per fraudar la gabella,nascose in vn sacchodi grano, vn picoloagnelo. Il quale non haueuamai fatto vn gridoper tutta la via, sinonquando fu alle porte dela Cita. |
| Il en y aura de trompez, cecy futdit par vn que lon menoit couperles aureilles, & il les auoit desiacoupées. | E ci saranno de ingannati,disse colui a chisi andaua a mozzaregli orecchie, e haueuagligia mozzi. |
| Messire Ierosme de la Stuffeauoit guery le Pape Pie d'vnemaladie, de tous autres medecinsestimée incurable. Et interroguédu Pape qu'il vouloit pourrecompense, luy dit: TressaintPere Ie ne veux autre chosede vostre sainteté, sinon qu'ilvous plaise me donner permissionde prendre de tous et chacunles medecins et cirurgiens deRome, vn Carlin: ce que lePape luy ottroya liberalement.Apres se reuest messireIerosme d'vn grand bonnet àaureilles, prent vn baston en samain, & se lie la iambe en formed'vn homme gouteux: et en tellesorte accoustré s'en va parRome, là ou toux ceux qui lerencontroyent luy disoyent: Voymessire Ierosme, qu'auez voustrouué? Il vous fait mal veoir,ausquelz respondoit: Helas i'ay vnegoutte chaude qui me tue. Lorschacun luy enseignoit vn remede,l'vn d'vn, l'autre d'vn autre,ausquelz il disoit: certes vousestes bon medecin, si est ce quevous me deuez vn Carlin, Etleur monstrant la Bulle duPape, les contraignoit feust parbon, feust par force, de luy donnervn Carlin pour teste: de sortequ'il assembla plus de trois censducatz. Despuis se prouerbese dit à ceux qui veulentapprendre les choses desquellessont ignorans, à ceux qui en sontbons maistres: Tu es bonmedecin, mais tu me doisvn Carlin. | Messer Gieronimo dela Stuffa haueua sanatoil Papa Pio d'vna infirmita,da tutti gli Mediciestimata irremediabile:e domandato dalPapa qual cossa voleuaper ricompensa, disse,Padre Santo, non voglioaltro de la Santita vostra,si non che mi dateliberta de pigliare datutti gli Medici e gliCirurgici di Roma vncarlino: gli concede ilPapa, Dappoi sene vamesser Gieronimo in casa,stando là vn' o duagiorni senza vscire fuora,dappoi piglio vnagran baretta con orecchieligata in capo, vnbaston in mano, ligasi lagamba fingendo d'hauerela gotta, e cossi sen'andoper Roma, doueogniuno che l'incontrauagli diceua: Oh messerGieronimo, ch'hauete,che vi fa cossi mal veder',e lui rispondeua, lagotta calda, e tutti seingegnauano d'impararglie dirgli qualcherimedio, chi d'vn, chid'altro: e lui diceua, certovoi siate buon medico,ma voi mi douete vncarlino, e mostrando labulla del Papa, pigliauadi ogniuno vn carlino,e delle donne anchora,di modo che accampi piudi trecenti ducati. Dapoiquesto prouerbio sedisse di coloro che voglionoimparar le cosse chenon san', a gli maestri dital cosse: Tu è buon medico,ma tu mi debe vncarlino. |
| Bernardin de Pistoya demeurant àLyon à la banque de Bonuise,auoit ouy dire, que vne broche,estoit meilleur Francois, que vnhaste: et apres vint entre sesmains vn pacquet de lettresallant à Paris, sus lequel estoitescrit: A l'haste, A l'haste.Bernardin pensant que ceslettres feussent enuoyées àl'hostellerie de l'haste, Printsa plume & effassant, A l'haste,à l'haste: escrit, A la broche,à la broche. | Bernardino di Pistoiastando in Lione nellabancha di Buonuiso, haueuavdito dire che, vnebroche, era meglior Franceseche, vn haste. Dapoiveneron certe letteremandate in Parigi, e sopraera scritto, A l'hasteà l'haste. Bernardinocredendo che queste andauanoa l'hostaria dil'haste, con la pennarade à l'haste, à l'haste,e scriue, A la broche, àla broche. |
| Vn Pasteur de brebis de la region duRoyaume de Naples, (les habitansde laquelle, dés long temps ont decoustume de s'addonner à pillageset desrobemens) Alla vne foistrouuer vn prestre pour confesserses pechez, et estant à genoux audeuant de luy, commenca à dire enplorant, pardonnez moy mon pere,car i'ay fait vn grand peché: leprestre luy persuada de declarerquel peché estoit celuy qu'il auoitainsi griefuement commis: Parplusieurs fois reiteroit iceluyPasteur, ce propos, disant auoircommis vn tresgrand peché: finallementpar les douces persuasions que luyfeit le prestre, dit, que vn iour deieusne (luy faisant les formages) ilauoit gousté vne goutte de laictpour experimenter s'il estoit bon, &par friandise l'auoit auallée: lorsle prestre en se souzriant, sachantla coustume des Pasteurs deNaples, l'interrogua, s'il n'auoitpoint commis autre plus grandpeché que d'infringer les ieusnes deCaresme: le Pasteur dit tresbienque non. Parquoy le prestrel'interrogua de nouueau, si luyaueq les autres auoyent iamaisdestroussé ou tué quelque viateur,comme la coustume de son païsestoit telle. Souuentefois(respondit le Pasteur) me suistrouué aueq les autres pasteurs,pour faire telles actes. Mais(come il dit apres) cecy est tantentre nous accoustumé, que nousn'en faisons conscience aucune.Et disant le confesseur que l'vn& l'autre peché, estoit fort graue.Le pasteur reputoit les homicideschose legere, pourautant qu'entreeux y estoyent tant accoustumez,qu'ilz n'en faisoyent aucun scrupule:& seulement demandoit l'absolutionde ce qu'il auoit rompu les ieusnes deCaresme. (Tresmauuaise choseest l'accoustumance & l'habitudede pecher, pourautant qu'elle faitsembler legers, les plus grandset inormes pechez.) | Vn pastore di pecoredi quella contrada delregno di Napoli (laqualesoleua gia attenderea le rubberie) andovna volta a ritrouarevn prete per confessarei suoi peccati: doueessendosi gli posto in ginocchioniinanzi, comincioa dir piangendo,perdonatemi padre, percheio ho fatto vn granpeccato. Commandandodunche che egli dicessecio che haueua fatto, ereplicando spesso il pastorequesta parola, d'hauercommesso vn granpeccato. Finalmente confortatodal prete, disse,che vn giorno che si iegiunaua,facendo formagi,egli haueua assagiatoalcune puoche goccioledi latto, lequales'haueua lasciato intrarein bocca: a l'hora ilprete che molto ben saueual'vsanza de i pastoridi quella patriasorridendo, disse. Se nonhaueua commesso altripeccati che rompendo laquadragesima. Nego ilpastore, perche il pretedi nuouo gli domando, seegli insiemo con gli altripastori haueua mai spogliatoo amassato qualcheviandante, si comeè l'vsanza di quel paese?Spesse volte, rispose ilpastore, con gli altri mison trouato, a fare diqueste cosse. Ma cio soggiose,egli è tanto in vsanzaapresso di noi, che nonse ne fa coscienza alcuna,Dicendo il confessoreche l'vn e l'altro eragran peccato. Egli riputauacossa ligiere, glihuomicidi, per cio cheappo loro erano in vso,domandando solamentel'absolutione d'hauerrotto la quaresima. |
| (Pessima cossa è l'vsanzaè habito di peccare,poi che ella fa parerlegieri, i piu grauissimipeccati.) | |
| Lors que fut interrogué l'EmpereurGismonde, quelz hommes luysembloyent mieux meriter d'estreRoys en quelques Royaumes, ceux(dit il) qui pour les chosesprosperes, ne s'orgueillissent point,et qui n'abaissent point leurscouraiges pour les aduersitez. | Essendo domandato aGismondo Imperadore,qual persone gli pareuache meritassino meglio iRegni, quelli huomini,rispose egli, che per lecosse prospere non s'inalzanoin Superbia, e perle disgratie manco si abassanol'animo loro. |
| Le trespatient Socrates, apresplusieurs iniures & villanies à luyimproperées de par sa femmeSantippa, fut outre ce vn iourtout arrosé d'vrine qu'elle luyrepancha sus la teste, Parquoyil dit apres: I'estoys fortesmerueillé, que apres tant detonnerres, ne feust venu la pluye. | Quel patientissimoSocrate, dopo le molteiniurie e villanie chegli disse la sua moglieSantippa, fu da lei anchoratutto bagnato d'orina,perche lui disse: iomi marauigliaui bene,che dopo tanti tuoni nonvenisse anchora piouere. |
| Vn certain Gentilhomme Florentin,consommant son temps sans aucunfruict, dans les Colleges dePauie: fut reappellé par son pereen sa maison, sans ce quepremierement il eust apprins artny science aucune. Or luy, apresauoir entrepris son voyage, premierque monter à cheval feit appellervn notaire, et quelques tesmoinsaueq luy: deuant lesquelz feit passervn contract iurant et protestantper sa foy et sus les saintsEuangiles, qu'il n'emportoit nylettre, ny science aucune, horsl'Academie ou College de Pauie,tendant lesdites protestations auxfins, que si quelques autresEscoliers auoyent perdu quelquescience, ou doctrine qu'ilz ne laluy vinssent rechercher, ny eussentaucune soupson sur luy. | Vn certo gentilhuomoFiorentino, consumandoil tempo senza frutto nelstudio di Pauia, essendorichiamato a casa dalpadre senza hauere imparatoscientia ne disciplinaalcuna: vuolendosimettere in viagio primache montasse a cauallo,chiamato un notaio ealcuni testimoni fesse passarevno contratto, e giuro:che egli non portaualettere ne scientia nessunafuor di quella Achademia.Onde se per l'aduenire,quelli Scolari hauesseroperduto per negligenza,dottrina veruna,protestaua loro diligentementeche non douesserosospettare che cioper sua colpa fusse accaduto,e che per tempo alcunonon la douessero maicerchare apresso di lui. |
| Thaletes Milesien, qui estoit l'vndes sept sages de la Grece,sortant vn seoir hors son logispour contempler le cours desPlanettes au ciel serain, tombapar cas fortuit dans vne fossequ'il rencontra en son chemin:Parquoy vne sienne vieillechambriere luy dit, en se moquantde luy: Par quel moyen pensestu connoistre (O Thalete) leschoses futures et aduenir, parla speculation des astres duCiel: quand tu ne connois cellesqui sont en terre deuant tespieds. | Thalete Milesio, ilqualeera vno de settesaui de la Grecia, vscendovna volta fuor di casasu la sera per vedere eobseruare nel ciel serenoi moti delle stelle, cadeper caso in vna fossa chetrouo inanzi a i piedi.Perche vna sua fantevecchia vedendolo cadutoe sancendosi di luigli disse in qual modo:creditu, o Thalete, conoscerequelle cosse ch'hannoa venire per obseruationedelle stelle del cielo,non potendo vederequelle che sono in terradinanzi i tuoi piedi. |
| Me semble grand' occasion de rirece que lon dit de ThimothéeMusicien, qui demandoit doublepayement aux Escoliers quivenoyent à luy, apres auoir estésouz quelques autres maistres,l'vn des payemens, demandoit il,pour leur apprendre le bon etvray art, l'autre pour leurdesaprendre les erreurs qu'ilzauoyent appris aueq les autresmaistres. | Parue mi cossa da riderequel che si disse diTimotheo musico, ilqualedomandaua doppio pagamenteda gli scolariiquali erano prima statiammaestrati male,per altri maestri: L'vnoper insegnar loro il buonoe vero arte, l'altroper fargli disimparar lefalle e errori che haueuanoimparato da glialtri maestri. |
| Diogenes disoit, que moins estoitdommageable l'habitation entre lescorbeaux, que entre les adulateurs:Pource que les corbeaux mengentseulement les corps morts, et lesadulateurs destruisent les vifz. | Diceua Diogene cheegli è manco male, esserefra i corui, che fra gliadulatori, per cio chequelli mangiano suolamentei corpi morti, e gliadulatori consumono iviui. |
| Le premier Denis de Siracuse,reprenoit son filz, de ce qu'il auoitviolé vne gentil femme parforce: Et entre les autres proposqu'il luy tint, dit: ie suis certain(mon filz) que de moy tun'entendis iamais dire vne tellefolie: Auquel soudain il respondit,Aussi n'auez vous eu vn Roypour pere comme moy, respondle pere: Aussi n'auras tu enfantqui ait Royaume, ny qui ait PereRoy, si tu perseueres en cestemauuaise vie. | Il primo Dionigio Siracusanoriprendo il figliuoloch'haueua sforzatovna gentil donnadi Siracusa, tra le altrecosse gli dice, Io so figliuoloche di me non hai sentitovna brutezza tale,Alquale subito rispose,Ne tu hai hauuto padrevn Re come ho io. Ne tu(soggionse il padre) haraifigliuolo alcuno chehabbia regno, ne chehabbi padre Re, se tuvai perseuerando questatua mala vita. |
| Galleot Cardinal nommé de saintPierre in vincula, nepueu duPape Iulle deuxiesme, fut enson Ieune aage de telle esperance,et tellement remply de cortesie, etmagnanimité, que on l'estimoitautant que nul autre Cardinaldu College: Et neantmoins, lafortune lors qu'elle sembloitmieux luy rire, elle luy torna ledos, iusques à faire mettre etseoir vn autre en sa place, parla mort du Pape Iulle: quefut la vie de Sixte, que bienencores qu'il succeda au siege,à la dignité, et richesses deIulle: non toutefois à ses vertuzet bon sauoir, ny aux autresbonnes parties de son esprit: Aumoyen dequoy, le Cardinal dePortugal disoit souuent, quele College des Cardinaux (ence cas cy) auoyent ensuiuy lepaïsan, qui apres auoir perdu sonbon cousteau, pour ne laissergaster la gueine, en mettoitdedans vn de bois, au lieudu bon. | Galeotto Cardinale,detto san Pietro in vincula,nipoto del PapaGiullio secondo, fu iouanedi tanta speranzae pieno di tanta cortesiae magnanimita quantoalcun' altro del collegiodi Cardinali, e non dimenola fortuna, al'horaquando piu monstrauadi ridergli in viso, glivolto le spalle per metterealtri a sedere nel luogosuo: impero che morendoil Papa Giullio, lamorte fu la vita di Sistoilquale ancora que fussefatto herede e de la dignitae de le richezze diGiullio, ma non gia de lavirtu dell'animo ne dellealtre sue parti ottime:Onde il Cardinale diPortugalo soleua dire,che il collegio de i Cardinaliin quel caso haueuaimitato il Contadino,ilquale hauendo perdutoil coltello, per non lasciarguastar la guaina,ne metteua vn di legnoin luogo di quello. |
| Denis inuite vn Ioueur d'instumenspour toucher à vnes nopces, etaueq luy fut d'accord, que tantplus il toucheroit magistralement,mieux seroit recompencé etsatisfait. Au moyen dequoy seperforca le tabourineur de mieuxtoucher qu'il luy estoit possible,esperant d'auoir à ceste occasiontresgrand payement. Le Iourensuiuant, lors qu'il demandoitson sallaire, Denis luy respond,que ia il auoit esté payé, de ceque luy auoit esté promis:Pourautant que comme tu asbien touché, i'ay aussi bien dancé:et par ainsi ie t'ay donnépaisir pour plaisir. | Dionigio haueua inuitatovn sonatore di stromentiperche egli sonassea le nozze, e co lui s'accordoche quanto egli sonassepiu dotamente emeglio, tanto hauesse megliopagamento. Sforzosicon tutto suo ingegno ilsonatore di sonare il meglioche potesse e sappesse,sperando d'hauere perciograndissimo premio.L'altro giorno domandandoegli il promesso pagamento,rispose Dionigio,che gia l'haueua pagatodi quel che gli erapromesso, perche come tuhai ben sonato, io ho bendansato, e cossi te ho datopiacere per piacere. |
| Vne viande fors delicate, futpresentée à trois IeunesTheologiens dans Paris, maisle pis est, qu'elle estoit si petite &en si petite quantité, que l'vn d'euxl'eust bien facilement mangéeen vn morceau. Au moyendequoy s'accorderent par ensemble,disant: que mieux seroit que vnd'eux seul la mangeast que sielle estoit diuisée en trois: etqu'elle feust donnée, à celuy quitrouueroit en l'Euangile, ou bienen l'Escriture sainte, plus belleet conuenante sentence, cadanteà ce propos. Or donq le premierdit: Desiderio desideraui hocobsonium manducare. Le seconddit, Domum quampiam ingressicomedite quae apponuntur vobis.Le troisiesme mettant la mainsus la viande dit, en la mettantdans la bouche, et l'auallant:Quand vous auriez bien cherchétoute la sainte Escriture, nesauriez trouuer vne plus belleparole mieux accommodée, quecelle que Iesus Christprofera en la croix, disant:Consummatum est. | Fu presentata vna viuandamolto delicata inParigi a tre nuouici diTheologia, ma tanto pochache chiascuno di lorofacilmente in vn' bocon'solo se l'hauerebbepotuto magnare. S'accordaronodunche insieme,dicendo: che era meglioche ella fusse d'vnsolo, che farne tre parti:e che ella si desse a colui,che ritrouasse nell'Euangelioo nella Scritturasacra, piu bella epiu conueniente sententiaaccommodata a questoproposito. Il primo dunchedisse: desiderio desiderauihoc obsonium manducare.Il secundo soggiunse:Donum quampiamingressi comedite quæ apponunturvobis. Il terzodando di mano a la viuanda,e ingiottitala invn bocone disse: Si voiriuolgete tutto l'Euangelionon trouarette parollapiu accommodataal nostro proposito chequella vltima che disseChristo in croce, cioe:Consummatum est. |
| Vn prestre, de bien petit sauoir,ignoroit quel Office deuoit direpour la messe du iour dePasques, parquoy enuoya son clerc,à vn autre prestre son voisin, quiluy dit, que failoit prendreResurrexit: le clerc qui estoitaussi ignare que son maistre,ne sceut retenir de ce mot queRe, & le disoit continuellementpour ne l'oblier par son chemin,& le referant ainsi à son maistre,dit incontinent ie say bien que tuveux dire, c'est de Requiem:mais tu ne l'as pas sceu retenirpar ainssi le bon homme deprestre chanta de Requiem auiour de Pasques, non sansfaire rire les assistans et lesautres prestres plus sauansque luy. | Non sapeua, vn certoprete assai ignorante,quello che si hauesse acantar il giorno di Pascha:pero mando vno suoclerico da vn altro pretesuo vicino, ilquale hauendoglidetto che si cantauade, Resurrexit: il clericoche non sapeua lettere, sitene suolo a mente Re, e lodice per la via molte volte,per non dismenticarlo. Ilche intendendo il prete grozzoe simplice, disse io someglio di te quello che tuvoi dire tu non hai saputoretenire, te ha detto, diRequiem. Cossi il buonhuom di prete, canto diRequiem el di di Pascha,non senza dar' da riderea quelli che l'vdiuanocantare insiemo glialtri preti non dal tuttotanti ignoranti di lui. |
| Il fut vn prestre vsurier, qui (outreles benefices dont il en auoitacquis vne partie par Simonie)aueq plusieurs artificieux moyens,et vsure, acquit plusieurs biens& richesses: & à la fin commencaà penser au salut de son ame,parquoy de nouueau fonda certainsseruices et messes, en vnechapelle qu'il auoit fait edifier:il fonda aussi la nourriture &entretenement d'vn prescheur en saparroisse, et outre ce plusieursbiens, Ce que vne fois quelcunrecitoit en vne bonne compagnie,ou l'vn d'eux dit: que ce prestreressembloit fort au Cordonnierque l'on appelloit, le Cordonnierde Dieu, pourautant qu'ildesroboit le cuir, puis les soliersqu'il en faisoit les donnoit auxpauures, pour aumosne. Et ditvn autre, que de bien peu sert defaire sacrifice à Dieu du sangdes pauures gens: car à Dieuplaist plus l'obedience, etobseruation de ses commandemens,que non le sacrifice, mesmementquand il est amassé et recueillyde rapine, & des biens des pauures. | Fù vn prete vsurarioilquale oltra i beneficiecclesiastici (de i qualialcuni n'haueua acquistatoper simonia) convarij artifici e vsura, siguadagnò grande richezze,e al fine comincio anchoraa pensare alla salutede l'anima, e denuouo fondo benefici,cappelle, messe, e per intratenirevno predicatorene la sua parochia:laqual cossa hauendo vditoalcuna volta certi galantihuomini, soggiunsevno che disse che questoprete assomigliava moltoa vn Calzolaio ilqualefu chiamato il Calzolaiodi Dio, per che rubauail cuoio, e daua li scarpeper elemosina ai poueri:ma dice vn'altroche puoco gioua fare sacrificioa Dio, del sanguede poueri ilquale vuolepiu tosto l'vbediencia el'osseruancia di suoi precepti:che il sacrificio,massimamente quandoegli è raccolto di rapinae del sangue di poueri. |
| Ayant vne bonne commere (laquellehantoit chez vn prestre) enfanté vnpetit enfant, et se resiouïssant dece aueq certaines autres femmesses voisines dont les aucunesdisoyent (comme l'on ha de coustume)que cest enfant ressembloit fortà son pere: il est bien vray ditvne, encores luy sembleroit ilmieux, s'il auoit vne couronnesus la teste: voulant direqu'il estoit filz d'vn prestre. | Hauendo vna certabuona compagna di donnapartorito vn fanciulo erallegrandosi con alcunealtre donne, suoevicine, alcune diceuano(come si suol fare) cheil figliuolo assomigliauamolto al padre, è ben verodisse vna ma l'assomigliarebbeancora megliose egli hauesse la chericain capo, volendo dire perquesto che era figliuolod'vn prete. |
| Seruile Geminian souppant vniour en la maison de Lucien,tresexcellent peintre, pour lorsresidant à Rome, et qui auoitvne tresbelle ieune femme, maisses enfans estoyent tous laidz,parquoy luy dit: Mallie iem'esbahis de ce que tu ne faisd'aussi beaux enfans, comme tupeints de belles images, auquelil respond: ie fais mes enfansde nuit, et en lieu obscur: et iepeints mes images de iour, eten lieu clair. | Seruilio Geminio cenandovn giorno in casadi Lucio Mallio, excellentissimopittore, ilqualstaua in quel tempo aRoma, e haueua vna bellissimagiouena per donna,ma i figliuoli eranobrutti, per che gli dice:O Mallio, io mi smarauiglioche tu non fai decossi belli figliuoli, cometu fai delle belle pitture,alqual rispose Mallio: iofacio i figliuoli la notte al'oscuro, e al contrariodipingo le mei pitture ilgiorno, e in luogo chiaro. |
| On vint dire au Pape Boniface,qu'vn pelerin du païs de Bauieres,estoit venu à Rome, pour visiterles saints lieux, lequel luyressembloit de corps et de visage.Boniface l'ayant fait venir ensa presence, luy demanda si samere estoit autrefois venue àRome? Le pelerin se sentanttaxé luy respondit: Pere saint,ma mere ne vint iamais ence païs, mais mon pere y estvenu plusieurs fois. | Fu riferito al papa Bonifacio,ch'vn pelegrinodel paese di Bauieresera giunto in Roma, pervisitare i luoghi santi,ilquale, e di corpo e diviso l'assomigliaua. Bonifacio,hauendolo inpresenza sua fatto venire,gli domandò se maila madre sua era statain Roma. Il pelegrinosentendo il suttile de lapunta gli rispose. Padresanto, mai mia madrenon fu in questo paese:ma il mio Padre ci è statoparechie volte. |
| Estans les Cardinaux assemblez enla ville de Bolongne la grasse,dans le conclaue, pour eslire vnPape, apres le trespasd'Alexandre: le CardinalBaltazar Cossa Euesqued'icelle ville de Bologne s'ytrouua aueq puissante armée, etdit franchement aux autresCardinaux, que s'ilz n'eslisoyentvn Pape qui luy feust agreable,ilz s'en repentiroyent. LesCardinaux estonnez de sesmenasses, et voyans sagendarmerie autour du conclaue,luy en nommerent plusieurs,desquelz il ne se contenta. Euxsaisiz de plus grande crainte, luydirent: qu'il en nommast vnluy mesme, et que s'il estoitcapable ils le receuroyent. Cossaadonques leur demanda la chappePapale pour la mettre surceluy qu'il vouloit eslire: Etprenant la chappe la mit surses espaules, disant, Ego sumPapa. Les Cardinaux (combienque l'acte feust contre lacoustume) furent contrains deconsentir à l'election, et lenommerent Ian vint ettroisiesme. | Essendo congregati inconclauio i Cardinali nellacità di Bologna la grassa,per far elettion d'vnPapa, dopò la morte diAlessandro: il CardinalBaldazar cossa, vescouodalla terra istessa, vi sitruouò con possente esercito.E a gli altri Cardinaliliberamente disse,che se non elegeuano vnPapa che gli fosse grato,sene pentirebono. I Cardinalisbigotiti di sue minaccie,e vedendo il Conclauoauoltato di tantiarmati, gli ne nominaronoparechi: de iquali purlui non restò contento.Loro assaltati di maggiortimore dicerogli, cheda se stesso ne volesse nominarvno, e che essendoquello capace lo accettarebono.Cossa adunchedomandò loro la CappaPontificale, per porla insu a colui che vuoleuaeleger. E prendendola lamesse in su le spalle suoe,dicendo, Ego sum Papa. ICardinali (benche l'attofosse contra i costume)furono costretti di consentirea l'elettione. E funominato questo Papa,Giouanni vigesimoterzo. |
| Le Pape Iules deuxiesme dunom, auoit ses seruiteursdomestiques de diuerses nations:Quand il prenoit sa refectionen priué, par recreation, ilappelloit les Espagnols, Volucrescoeli: par ce qu'il les estimoitglorieux, et vouloyent tousioursauoir le dessus. Il nommoitles Venitiens & Geneuois, Piscesmaris: par ce qu'ilz hantentles mers, et que les poissonssouuent sont repeuz de leurscorps. Il nommoit les Allemans,Pecora campi: les iugeant rudesd'entendement. Et appelloit lesFrancois, Pisse vin. Maisvn sien eschansson Normand,ioyeusement luy dit, pere Saintvous estes vray Francois.Pourquoy (dit le Pape) pource(dit il) que vous estes le plusgrand pisse vin qu'on pourroittrouuer entre les autres, et yfeussent tous les Francois. | Papa Giulio secondohaueua i seruitori suoidomestichi de diuerse nationi:e quando in priuatopigliaua sua rifettione,per rallegrarsi chiamuagli Spagnuoli, Volucrescœli: estimandoli voriosi,e che voleuano essersempre in su la cima.Nominaua i Venitiani eGenouesi, Pisces maris:perche couersono circa ilmare, e i pesci spesso sipascono d'i corpi loro.Gli Alamani chiamauaPecora campi: giudicandoligoffi e inculti d'ingegno.A gli Francesi diceua,Pissa vini. Ma vnsuo piucerna Normanolietamete vn di gli disse.Pater sancte, voi siatevero Francese. A che modo(disse il Papa.) Perche(rispose) voi siate ilmaggior pissauino chetra gli altri puotrebbe ritrouarsi,benche vi ci fosserotutti i Francesi. |
| Le Roy Loys vnziesme voyantquelque fois Miles Euesque deChartres, monté sur vnemulle harnachée de veloux,aueq les frains dorez, luy dit:que les Euesques du tempspassé se contentoyent d'vn asneou asnesse aueq vn simple licol.C'estoit du temps (ditl'Euesque) que les Roysestoyent bergers, et gardoyentles brebis, Le Roy repliqua. Iene parle point de ceux du vieilTestament, ie dy du nouueau.L'Euesque respondit, C'estoitlors que les Roys estoyent grandsaumosniers, qu'ilz faisoyent asseoirles ladres à leur table, etlauoyent les pieds aux pauures. | Il Re Luigi vndecimo,vedendo qualchevolta Miles vescouo diChartres, portato sopravna mulla aconciata diveluto, con freni dorati,lui disse: che gli vescouidel tempo anticho contentauansidi caualcare vnasino co'l semplice capestro.Fù nel tempo (risposeil vescouo) ch'i Re eranopastori, e gardauanole pecore, Replicò il Rè.Io non parlo de quelli deltestamento vecchio: dicodel nuovo. Soggiunse ilvescouo: fu nel tempo chei Rè erano grandi elemosinari,che faceuano stara seder i leprosi nella lormensa, e che lauauano ipiedi agli poueri. |
| Estant le Pape Adrian interrogué,quelle plus grande fascherie oupunition il souhaitteroit à vn sienennemy sans mort, il respondit:Le plus grand mal que ieluy voudrois, ce seroit qu'il feustPape: car c'est vne merueilleuseaffliction d'esprit. | Interrogato Papa Adrianoquinto, qual piugran fastidio o punitionedesiderarebbe a qualunchesuo nemico, dellamorte in fuora, rispose. Ilpiu gran male che per luivorrei, sarebbe ch'eglifosse Papa, essendo quellamirabile afflictione despirito. |
| Emanuel Roy de Portugal, osta àvn Euesque le reuenu de sonbenefice, dont il feit complainteau Pape. Le Pape en faueurde l'Euesque enuoya vn Legatvers le Roy de Portugal pourl'excommunier: et de faitproclama la sentence, puis se miten chemin pour retourner. LeRoy courroucé de ceste censuremonta à cheual, et ayantaconsuyui le Legat, tira l'espéenue, le menassant de morts'il ne l'absouloit. Ce qu'ayantobtenu se retira en son palaix,et le Legat paruint à Romme:lequel faisant le recit au Papede ce qui luy estoit aduenu, lePape le redargua et reprintgrandement, d'auoir absouz leRoy: mais le Legat luy respondit,Pere Saint, si vous eussiezesté au danger ou ie me suisveu, prest de perdre la vie:vous eussiez donné au Roy dePortugal double absolution,voire triple. | Emanuel Rè di Portugallotolse a certo vescouol'intrata del beneficio suoonde costuy sene lamentòal Papa. Il Papa in favordel vescovo mandò vn Legatoal Rè di Portugallo,per iscomunicarlo: di modoche costui proclamò lasententia poi si messe in caminper ritornare. Il Rèsdegnato di questa censuramontò a cauallo, e hauendoauentato il legato,sfodrò la spada sua, minacciandolodi morte senon l'assolueva. Assolutoche fù, rittirosi in suopalazzo, e il Legato aRoma. Ilquale recitandoal Papa quanto eraglineimbatuto, fù grandamenteripreso d'hauer dataassolutione al Rè. Patersante, (disse il legato) sela santita vostra fosse stataal pericolo doue mi ritrouai,presso di perderla vita: haueresti dataal Rè di Portugallo doppiaassolutione, e ancotrippia. |
| L'Empereur Sigismond et vn sienvalet de chambre, passoyent surleurs cheuaux quelque riuiere àgué: et comme le cheual del'Empereur fut au milieu del'eau, il se print à pisser.Quoy voyant le valet dechambre, dit à l'Empereur:Sacrée maiesté, vostre cheualest mal apris, et si vousressemble bien. L'Empereur nerespondit mot, et cheuaucherentiusques au logis. Quand ilzfurent arriuez, se faisantdesbotter interroga son valet dechambre, à quel propos il luyauoit dit, que son cheual luyressembloit? Pource (dit le valetde chambre) que la riuieren'ha aucun besoin d'eau, ettoutefois vostre cheual envrinant ha mis de l'eau aueqde l'eau. Ainsi faittes vous:car vous donnez des biens, àceux qui en ont: et à ceux quin'en ont point, vous ne leurdonnez rien: Il y ha assez detemps que ie suis en vostreseruice, et ne me suis encoressenty de vostre liberalité. Lelendemain matin l'Empereurprint deux petits coffres d'acierd'vne grandeur et mesme poix:l'vn plein de ducatz, et l'autreplein de plomb: et les mettantsur vne table dit à son hommede chambre: Choisis lequel quetu voudras des deux, et le prenspour tes gages & salaires. Levalet de chambre esleut etprint celuy plein de plomb.L'Empereur luy dit: Ouure etvoy ce qu'est dedans, Ce qu'ilfeit, et trouua le plomb. Lorsdit l'Empereur: Tu connois tafortune, Il n'ha pas tenu àmoy que tu n'ayes mieux choisi,et ne te sois fait riche: car tuas refusé la bonne fortune,quand elle te venoit. | L'Imperator Gismondo,e certo suo varleto dicamera passauano a caualloqualche fiume aguado. Come il caual del'Imperator fù in mezzode l'acqua, cominciòa pissare. Qual cossa vedendoil Cameriere disseal patron. Sacra maesta,il caual vostro è malammaestrato, e ben vicirassomiglia. L'Imperatorenon rispose moto:e caualcarono per sinoal logiamento. Gionti chefurono, al cauar de glistiuali interrogò il Cameriere,a che propositogli haueua detto ch'il caualsuo lo rassomigliaua.Per ciò (disse il Cameriere)ch'il fiume non habisogno d'aqua: e pur ilcaual vostro vrinando haaccumulata aqua conaqua. Cossi fate voi: perchedate beni a chi assaigia ne possede: e a chin'ha nessuni, voi no nedate nulla. Gia luongotempo fa ch'io vi seruo:ne pur me son anchorapunto preualuto dalla liberalitàvostra. La matinadel di seguente l'Imperatoreprese duoi coffretid'acciaio d'vgualegrandezza e medesimopeso, l'vn pieno di ducati,e l'altro di piombo:e ponendoli sopra vnamensa disse al suo Cameriere:Hor piglia a tua elettionequel che ti piacedelle duoi, e quel fia pertuoi gagi e salario. Il Cameriereelesse e pigliò ilripieno di piombo. Dissel'Imperatore apri, e vediquel che v'è dentro,qual cossa fesse, e truouòil piombo. All'hora dissel'Imperator. Ricognoscitua ventura. Per me nonè stato che tu non habbieletto il meglio, facendotiin vn tratto ricco: perchehai riffiutata la buonafortuna quando essati veniua. |
| Estant le siege mis deuant laville de Nus, par CharlesDuc de Bourgongne, laquellefut secourue par l'EmpereurFrideric troisiesme, et par lesAllemans: Le Roy Loysvnziesme, qui ne tendoit à autrefin qu'à ruyner ce Duc deBourgongne, enuoya sonAmbassadeur vers IceluyEmpereur Frideric, pour leprattiquer, à ce qu'il voulustmettre en ses mains, etconfisquer les terres & seigneuriesque le Duc de Bourgongnetenoit de l'Empire, et que deson costé il en feroit le pareil,des terres de Flandres,Artois, Bourgongne, et autresmouuans de la couronne deFrance. L'Empereur respondità l'Ambassadeur ainsi: Presd'vne ville d'Allemaigne,conuersoit vn Ours cruel etdangereux, qui faisoit beaucoup demaux à tout le voisinage. Troiscompagnons beuuans en vnetauerne, et aueq peu d'argent:conuindrent aueq l'hoste, de lepayer de la pecune qui prouiendroitde la vente de la peau del'Ours, lequel ilz alloyentprendre et s'en faisoyent forts.Le marché fait et le disneracheué, se mirent en queste. Etapprochans de la cauerne ou ilseiournoit, saillit sur eux: lesquelzsurprins de subite frayeur, l'vnfuit vers la ville, l'autre sesauua sur vn arbre, & le tiers futacablé de l'Ours, qui le foulasouz luy comme mort, sansautre mal luy faire: sinon qu'ilmettoit souuent son museau presde l'aureille du pauure homme,lequel s'abstint d'aspirer etrespirer: car telle est la naturede l'Ours de ne toucher nyoffenser les corps morts. Apresque l'Ours s'en fut allé,l'homme se leue et se met envoye. Celuy qui estoit sur l'arbredescendit, et ayant attaint soncompagnon luy demanda, quellechose luy auoit dit l'Ours enl'aureille. Il me disoit(respondit cest homme) queiamais ie ne marchandassela peau de l'Ours, iusques àce que la beste feust morte. | Essendo la terra diNus assediata da Carloduca di Borgogna, alqualdiedero soccorso,l'Imperatore Fridericoterzo, e gli Alamanni. IlRè Luigi vndecimo, nondisegnando altro che rouinarequesto duca di Borgogna,mandò suo Imbassiatoreal sopradetto ImperatorFriderico, perpratticarlo a ciò che eglivolesse ridurre in mansue, e confiscare le terree signorie ch'il Duca diBorgogna teneua da loImperio: e che esso da suocanto ne farebbe parimentedelle terre di Fiandra,Artois, Borgogna, ealtre feudali della coronadi Francia. L'Imperatora l'Imbasciatorrispose a questo modo.Apresso vna terra diAlamagna conuersauavn Orso crudele e pericoloso,facendo assaissimimali per tutta la vicinenza.Tre compagni conpuochi dinari beuendo inuna taberna, restoronod'accordio con l'hostieredi pagarlo colla pecuniache si riscuoterebbe perla vendita dalla pelle dil'Orso: qual andauanopigliare, e cossi lo teneuanper preso. Fatto il mercato,e finito che fù il disnare,cominciorono d'andarin volta a ricercar l'Orso:e accostandosi della giotadoue egli soggiornaua,saltò loro a dosso, dimodo che essi presi di cosisubita paura fuggirono:l'vno verso la terra, l'altrosaluosi in vn albero,il terzo fù achiampatoda l'Orso, che sotto di selo calcaua come morto,senza farli pur altro male,eccetto che spesso poneuail naso suo appressol'orechia del pouero huomo,ilquale ben a propostos'asteni d'aspirare. Perchequesta è la natura dil'Orso, non toccare ne offenderei corpi morti. Comela bestia se ne fù ita,leuò si l'huomo, e andauavia: quando quel ch'erasopra l'albero giu se discese:e auentato suo compagnodomandò, che cossa gliera stata detta da l'Orsone l'orechia. Mi diceua,rispose questo huomo, ch'ionon facesse mai il mercatodella pelle di l'Orso, finoche la bestia fosse morta. |
| L'Empereur Maximilian estant àBoulongne la grasse, vn citadind'icelle ville, riche de biens,mais de basse lignée: se presentadeuant luy, disant: Sacréemaiesté, vostre bon plaisir soitde me faire et creer noble, cari'ay richesses assez pour entretenirl'estat de noblesse. L'Empereurluy respondit, Ie te puis fairebeaucoup plus riche que tu n'es:mais ie ne te puis faire noble.Il faut que tu acquieres cesthonneur par ta propre vertu. | Essendo l'Imperatoremaximiliano in Bolognala grassa, vn citadino diquella terra, ricco di robba,ma di basso linaggio,s'appresentò dinanzi a lui,dicendo. Sacra maesta,piacia vi di farmi ecrear nobile: perche horichezze assai per tratenirlo stato di nobiltade.L'Imperatore gli rispose.Io posso farti moltopiu ricco: ma farti nobilenon lo posso. Bisogna chequesto honor aquisti contua propria virtù. |
| Vn pauure homme assez mal enordre, entra au palaix del'Empereur, requerant qu'ilpeust parler à luy: ce que luyestant refusé, importuna tantles huissiers, que par leconsentement de l'Empereur, futpermis au pauure homme deparler à luy, auquel il dit:Sacrée maiesté, nous sommestous freres d'vn pere Adam, etd'vne mere Eue: Vous voyezma pauureté, plaise à vostreexcellence m'eslargir et fairedonner quelques biens, commechacun doit faire à son frere.L'Empereur voyant la temeritéde ce pauure homme, luy feitbailler vne petite piece d'argent:Et comme le pauure monstrasigne de mescontentement, frustréde l'esperance qu'il auoit eue deplus grande liberalité Imperiale,l'Empereur luy dit: Tu doisestre content de ce que ie tebaille: il est vray que noussommes tous freres, comme tuas dit, au moyen dequoy si tousnoz freres te donnent autantque moy, tu seras plus riche etplus grand seigneur que ie nesuis. | Vn pouero huomo, assaimal in ordine, entrònel palazzo de l'Imperatore,chiedendo di puoterparlar a lui. Ma essendoliquel riffiutato,importunò tanto gli huissieri,che per consentimentode l'Imperatore in finegli fù permesso di parlarli,a cui disse: Sacramaesta, noi siamo tuttifratelli d'vn padre Adamo,e d'vna madre Euavoi vedete la pouertamia: piaccia a l'eccellentiavostra dispensarmi efarmi dar qualche beni,come ciascuno dè far afratelli. L'Imperatorevedendo la temerità diquesto pouero huomo, glifece dar vna piccola pezzad'argento. E come ilpouero mostrò segno dimalcontento, truouandosifrustrato dalla speranzache haueua gia dimaggior liberalità Imperiale,l'Imperatore disse.Tu dei esser contento daquello ch'io ti dono: percheessendo vero che tuttisiamo fratelli, come haidetto, si tutti i fratelli nostriti danno tanto quantoho fatto io, tu sarai piuricco e piu gran signoreche non son io. |
| Roboald duc de Frise, à la predicationde Vualfran Archeuesque deSens, delibera de soy faire baptiser:lors quand il fut despouillé nud,et ià auoit vn pied dedans lesfons, il s'aduisa et demandaaux assistans, en quel lieu yauoit plus de ses parens et amystrespassez: en Paradis, ou enEnfer. On luy respondit, qu'ilzestoyent tous damnez en Enfer,et qu'il n'y en auoit vn seul enParadis, parce qu'ilz n'auoyentesté chrestiens. Tout aussi tostil retira son pied des fons, etcontre l'esperance de tous, vadire, qu'il ne vouloit estrebaptisé, et qu'il vouloit aller,apres sa mort, là ou il sauoitqu'il auoit plus d'amys. Et en cemesme iour il mourut subitement,et les alla trouuer. | Roboaldo Duca di Frisaal predicare di VualfranoArchiuescouo diSens, deliberò di farsibattezare. E come fu spogliatoignudo, e hauendogia vn pie dentro a sacrifonti, si soprastete interrogandogli assistenti, inqual luogo v'erano piudi suoi parenti e amicipassati di questa vita, inParadiso, o in inferno?gli fu risposto, che tuttierano in inferno dannati,e che non ce n'era vnosolo in Paradiso, perchenon eran fatti Christiani.Subito ritrasse il pie difonti, e contra la speme ditutti disse, che no voleuaesser battezzato, e chedopò la morte sua voleuaandare là doue sapeuad'hauere piu amici.E in quel medesimo di simori subitamente, e andolia trouare. |
| Thierry fut par aucuns enuieuxaccusé vers l'Empereur Zenon,qu'il affectoit l'Empire.L'Empereur le manda enConstantinoble, le retint prisonier:& faisant son proces, il se purgea.Quelque temps apres fut derechef accusé par ses enuieux surle mesme fait: & estant mandépar l'Empereur venir vers luy, àfin de le faire mourir, il enuoyavn messager en la Court del'Empereur vers vn sien grandamy & familier, nommé Tolomée,pour sauoir de luy s'il trouuoitbon qu'il allast en court.Tolomée, pour le serment qu'ilauoit fait à l'Empereur, n'osareueler le secret au messagerde Thierry, ains luy donnaassignation de se trouuer au disnerde l'Empereur, luy enchargeant debien retenir ce qu'il luy orroitdire, à fin de le reciter à sonmaistre. Le lendemain l'Empereurestant à table, tenant courtouuerte, Tolomée, qui estoit deses plus fauoris, deuisant aueqluy, parmy les vins et viandes,feit tomber ceste fable à propos. | Thierri, Luogotenentedi Zenone Imperatore,fù da certi inuidiosi appressoil patron accusatoch'egli affettaua l'Imperio.Lo chiamò l'Imperatorea Constantinopoli,e iui lo ritiene in prigione:doue pur facendo ilsuo processo restò purgato.Qualche tempo dopòquesto fu vn'altra voltaaccusato da gl'inuidiosisuoi sopra quel medesimofatto. E mandatoli daparte de l'Imperatoreche venisse a lui (ch'inverità lo voleua far morire)inuiò vn messo allacorte d'esso Imperatore,verso vn suo gran amicoe familiare (nominatoTolomeo) per sapere dilui se trouarebbe buonoch'eli andasse alla corte.Tolomeo, per il sacramentoche haueua fattoa l'Imperatore, non hebbehardir di reuellare ilsecreto al messo di Thierri:anzi gli diede assignationeda ritruouarsi domanenel desinare de l'Imperatore,esortandolo di bentener' a mente quel ch'a luivdirebbe dire, per puoterlopoi referire al suo patrone.Il di seguente essendo l'Imperatorea mensa, e tenendocorte aperta, Tolomeo ch'eral'vn di suoi piu fauoriti,seco tra vini e viuande ragionando,fece vscir a propositoquesta fauola. |
| Le Lyon (dit il) ayant esté esleuRoy par les autres animaux, tousluy vindrent faire la reuerence.Le Cerf, qui est vne assezbelle beste, s'approcha pour lesaluïr comme les autres: ets'enclinant deuant luy, le Lyonle print par les cornes pourle deuorer: mais le Cerfescouyt si fort la teste qu'ileschappa et se sauua, LeRenard voyant que le Lyonrugissoit en fureur par ce quele Cerf luy estoit eschappé,promit audit Roy Lyon de fairereuenir le Cerf, et de fait flatale Cerf de tant douces parolles,qu'il le remena vers le Lyon,auquel faisant la reuerence, leLyon le saisit par le cornes: lesautres bestes se getterent dessus,et fut deuoré. Le Renard luyarracha le cueur, et le mangeasecrettement. Chacun feit inquisitiondu cueur, pour en faire presentau Roy, mais n'estant trouué,la coulpe en fut donnée auRenard aueq menasses etbattures. Helas, dit le Renard,ie suis affligé à tort, le Cerfn'eut onques de cueur: car s'ilen eust eu, il ne feust pasreuenu pour estre occis & deuoré.Le messager ayant entendul'histoire retourna vers Thierry,auquel il recita tout ce qu'ilauoit ouy, qui luy donnaaduertissement de non retournervers l'Empereur: et se feitRoy d'Italie. | Il Lione, disse, essendo elettorè per gli altri animali,venero tutti vn di far la riuerenza.Il ceruo ch'è vn'assaibella bestia s'accostò persalutarlo come gli altri: enello inchinare che faceuadinanzi a lui, il Lione loprese a le corna per diuorarlo.Ma il Ceruo tanto il caposcuosse che scampò, e se saluò.La volpe vedendo ch'il Lionerugiua per furore delceruo scampato, promisse aldetto Lione di far ch'il ceruoritornarebbe. E con tantedolci parolle fece ritornareil Ceruo verso al Lione:a cui facendo la riuerenza, ilLione s'attaccò alle corna,l'altre bestie gli saltoronoa dosso, di modo ch'egli fudiuorato. La volpe gli tiroil cuore, e secretamente se lomangiò. Chiascuno fè inquisitiondel cuore, per puoternefar presente al Rè. Ma nonritrouandolo, la colpa ne fùdata alla volpe, con minacciee bastonate. Hoime, dissela volpe, io son a torto afflitto.Il Ceruo non hebbemai cuore: perche se egli nehauesse hauuto, ritornato nonsarebbe mai per esser vccisoe diuorato. Il messo intesal'historia se ne ritornòverso a Thierri suo patrone:a cui recitò tuto quelloche haueua vdito. Il chegli diede auertimento di nonritornare da l'Imperatore:e fecesi Rè de l'Italia. |
| Philippe le Bel Roy de France,ayant quelque desbat contre lePape Boniface huitiesme, etestant sollicité d'aucuns de sevenger de l'Euesque de Palmiers,principal autheur de leur querelle,Respondit: que plus grandeestoit la gloire à vn Princede magnanime courage, depardonner à ceux dont il sepourroit bien venger, que deprendre vengeance contre eux. | Philippo il bello, Rè diFrancia, hauendo qualche tensionecontra il Papa Bonifacioottauo, e essendo solecitatod'alcuni di vendicarsi delvescouo di Palmieri, principaleautore della questione,rispose che magior erala gloria a vn principe di magnanimocoragio perdonara quelli da i quali se puoterebbeben vendicare che dipigliare vendetta contra essi. |
| Apres que le Roy Edouardd'Angleterre eut ioint les armesde France à celles d'Angleterre,et les eut escartelées de fleurs deliz en champ d'azur, et de troisLeopards d'or en champ degueules, on dit qu'il enuoya auRoy Philippe de Valois cesquatre vers, lesquelz comme faits,de ce temps là, se trouuentauiourd'huy barbares. | Dopo che il Rè Edoardod'Inghilterra hebbe congiuntel'arme di Francia a quelled'Inghilterra, e le hebbesquartate di Fior de liggiin campo d'azuro, e di treLeopardi d'oro in camporozzo, dicono che mandòal Rè Philippo di Valois,questi quatro versi:i quali (come fatti inquel tempo) si truouanohoggidi barbari. |
Rex sum regnorum bina ratione duorum, |
Rex sum regnorum bina ratione duorum, |
| Le Roy Philippe repliqua au RoyEdouard par ces autres sixvers, d'aussi bonne taille queles autres. | Il Rè Philippo replicòal Rè Edoardo per questialtri sei versi, da cossibuon taglio che gli altri. |
Prædo regnorum qui diceris esse duorum, |
Prædo regnorum qui diceris esse duorum, |
| Durant les trefues gardées entre leRoy Ian de France, et EdouardRoy d'Angleterre, les Angloispar composition d'argent prindrentle chasteau et la ville deGuines: dont le Roy Ian secomplaignit, disant que le Royd'Angleterre auoit rompu lestrefues, et contreuenu à icelles.Le Roy d'Angleterre feitceste responce, Ie n'ay pointenfraint les trefues: car iln'y ha aucun article au contenud'icelles, par lequel il soitdeffendu de traffiquerensemble et faire train demarchandise. | Mentre che durauanole tregue seruate tra ilRè Giouanni di Franciae Edoardo Rè d'Inghilterra,gli Inglesi per compositioned'argento piglioronoil castello e la terradi Guines. Onde il RèGiouanni si lamentò, dicendoche il Re d'Inghilterrahaueua rotte le tregue,e contrauenuto aquelle. Il Re d'Inghilterrafece questa risposta. Nonho punto rotte le tregue:perche non v'è alcuno articulonel tenor d'esse, perilqual sia difeso il traficareinsieme, e far facendedi mercantia. |
| Iceluy Roy Edouard s'estantmis sus mer aueq quatremil lances et vnze milarchers, pour venir leuerle siege des Francois deuantThauras en Aquitaine, eutle vent si contraire qu'il nepeut faire voile en France:parquoy retournant tout despitéen Angleterre, dit tellesparolles du Roy Charlescinquiesme, Il n'y eut iamaisRoy en France, qui moinsportast les armes que cestuy cy,et qui, sans bouger desa garderobbe à expedier etescrire lettres, donast tantd'affaires à ses ennemis, età moy mesmes, qu'il fait. | Questo Re Edoardo essendosiposto sul mare conquatro millia lancie, e vndecimillia archieri, pervenire torre l'assedio d'iFrancesi d'inanzi Thorasin Aquitania, hebbeil vento si contrario, chenon puote far vela inFrancia. Onde ritornandotutto dispietato in Inghilterra,disse cotal paroledel Re Carolo quinto.Non fu mai Re in Francia,ilquale manco portassel'arme che questoqui, e ilquale senza muouersidi sua guardarobbaa espedire e scriuere lettere,desse tante fatighe asuoi nimici, e a me medesimo,quanto fa costui. |
| Le Roy Loys vnziéme, apresla bataille de Montleherycontre le Comte de Charrolois,se souuenant de l'appennagedu Duché de Bourgongne,dit, On appelle Charles lequint Charles le sage, maisc'est à tort: car il feit folied'auoir baillé à son plus ieunefrere la duché de Bourgongnepour son appennage, luy donnantaueq cela Marguerite heretierede Flandres pour sa femme.Apres icelle bataille, on luyvint dire que son ennemy leComte de Charrolois, passoit lanuit en son Camp. Il ne sefaut esmerueiller (dit le Roy)s'il demeure aux champs,attendu qu'il n'ha ville nychasteau pour se retirer. | Il Re Lodouico vndecimodopo la bataglia diMonteleheri contra il Contedi Charrolese, ricordandosidello appennagiod'il ducato di Borgogna,disse. Chiamano Caroloquinto Carolo saggio: maquesto è a torto: percheegli fece pazzia d'hauerdato al suo piu giouenefratello il ducato di Borgognaper il suo appennagio,dandoli con quelloMarguerita herede diFiandres per sua moglie.Finita quella bataglia,gli fù riferito ch'il suo nimicoil Conte di Charrolese,passaua la notte alsuo campo. Non è marauiglia(disse il Re) se eglista nelle campagne, attesoche non ha terra ne castelloper ritirarsi. |
| Oyant la messe en vneEglise de Chanoines, il seut,qu'en ce iour estoit trespassévn Chanoine de leans: lorsaduisant vn simple prestre quidormoit dans vne chappelle,dit: Ie donne la prebendeà cestuy là, à fin qu'il puissedire à l'aduenir, que lesbiens luy sont venuz endormant. | Vdendo la messa in vnachiesia di Canonici, seppech'in quel giorno eradi vita passato vn Canonicode là dentro. Al'horaguatando vn sempliceprete, il qual dormiuadentro vna capella, disse.Io dono la prebenda aquello là: a ciò che eglipuossa dir a l'auenire,che i beni gli sono venutidormendo. |
| Le Capitaine Maran venantvers iceluy Roy Loys pourl'aduertir des expeditionspar luy faittes à Cambray,portoit au col vn richecollier d'or, qu'on disoitauoir esté fait des reliquesdes Eglises dudit Cambray:et comme vn gentilhommevoulut manier ledit collier,le Roy luy dit, Garde toybien d'y toucher, car c'estchose sacrée. | Il Capitanio Maran,venendo verso quello istessoRe Lodouico, perauertirlo delle espeditioniper lui fatte a Cambrai,portaua al collo vnriccho colario d'oro, chediceuano esser stato fattodelle reliquie delle chiesiedel detto Cambrai. Ecome vn Gentilhuomovolle maneggiare il dettocolario, il Re gli disse.Guardate bene di toccarci,perche questo ècossa sacra. |
| Ayant ouy reciter (iceluy mesme RoyLoys vnziéme) que NicolasRaulin, Chancellier du Ducde Bourgongne homme tresriche,auoit fondé à Beaune enBourgongne vn hospitalexcellent en edifice et enmeubles, il dit: C'est raisonque le Chancellier deBourgongne, qui en son tempsha fait plusieurs pauures, fasseà la fin de ses iours vnhospital pour les nourriret loger. | Hauendo vdito recitare(il sopradetto ReLodouico) che NicolaoRaulino, Cancelliere delDuca di Borgogna, huomoricchissimo, haueuafondato a Beauna in Borgognavn'hospedale eccellentein edificio e inbeni mobili, disse. Questoè ragion, ch'il Cancellierdi Borgogna, qual in suotempo ha fatti parechi poueri,faccia alla fine disuoi di vn hospedale pernutricarli e alloggiare. |
| Le Roy Loys vnziémeInterrogant quelqu'vn de bassecondition, suiuant sa court,lequel ne connoissoit point leRoy, combien il gagnoit?L'homme respondit, Ie gagneautant que le Roy: car luyet moy viuons aux despensde Dieu, et au partir de cemonde n'emportera non plusque moy. Le Roy estimantceste parolle, le feit son valetde chambre. | Il medesimo Re Ludouicovndecimo interrogandovno di bassa conditionequal seguitaua lacorte, (ilqual non lo cognosceua)quanto egli guadagnaua?l'huomo rispose.Io guadagno tanto quantoil Re: perche lui e io viuemoalle spese d'Idio,e nel partire di questomondo non ne portaranon piu che io. Il Re estimandoquesta parola, lofece suo varleto di camera. |
| Quelque personnage demandaau Roy Loys vnziesme vnoffice qui vaquoit en la villed'ou il estoit: le Roy luyrefusa, et luy osta touteesperance de l'impetrer. Ledemandeur remercia le Royen grand reuerence et s'en alla.Le Roy iugeant cest hommen'estre de pauure esprit, etqu'il n'auoit (à son aduis)entendu ce qu'il luy auoit dit,le feit rapeller, & l'interroguas'il auoit bien entendu son dire,il respondit, ouy Sire. Quet'ay ie dit? Vous m'auezesconduit de ma requeste.Pourquoy m'as tu dit grandmercy? Pource (dit il) Sire,que m'auez fait vn tresgrandbien plus que vous ne pensez,m'ayant si tost donné madespesche, sans me faireperdre temps à courir apresvous, repeu de vaine esperance.Le Roy se contentant grandementde ceste responce, le pourueutde l'office, et à l'instant luyen feit expedier les lettres. | Qualche persona domandoal Re Lodouicovndecimo vn vfficio, chevacaua nella terra d'ondeegli era. Il Re lo riffiuto,e gli tolse ogni speranzad'impetrarlo. Il domandanteringratio il Recon gran riuerentia, e sene ando. Il Re giudicandoquesto huomo non esser dipouero ingegno, e che nonhaueua (al parer suo) intesoquello che gli haueuadetto, lo fece richiamare,e l'interrogo se egli haueuaben inteso il suo dire.Rispose de si. Che t'ho iodetto? Voi me hauete rifiutatamia supplica. Percheme hai tu detto granmerce? Per ciò che (disse)Sire, me hauete fattovn grandissimo bene, piuche voi non pensate, hauendomicossi presto ispedito,senza farmi perdertempo a correre apressovoi, pasciuto di vana speranza.Il Re contentandosigrandamente da questarisposta, il prouide del'vfficio, e a l'instante gline fe espedire le lettere. |
| Iceluy Seigneur Roy Loysvnziesme allant à la chasseestoit monté sur vn petitcheual: monsieur Pierre deBresay seneschal de Normandie,qui luy tenoit compagnie, luydemanda ou il auoit pris vnsi puissant cheual et si fort.Comment? (dit le Roy) estsi foible & petit. Il me semblede grand force (dit Bresay)car il vous porte aueq toutvostre conseil, pource que leRoy ne vouloit iamais autreconseil que le sien propre. | Il sopradetto Re andandoalla caccia eramontato sopra vn piccolocauallo. Il signor Pietrodi Bresai, Senescalle diNormandia, che gli faceuacompagnia, gli domandòdoue egli haueua presovn cossi possente cauallo,e si forte. Come? (disseil Re) egli è cossi debole epicolo. Parmi pur di granforza (disse Bresai) percheegli porta voi con tuttovostro consiglio, percheil Re non voleua mai altroconsiglio che il suo proprio. |
| Les Ambassadeurs du Royd'Angleterre ayans fait leurcharge enuers le Roy Loysvnziesme, il demanda àmonsieur de Bresay, quellechose il pourroit donner àiceux Ambassadeurs, qui neluy coustast guerres. Ilrespondit, Sire, faittes leurpresent de voz Chantres, carilz vous coustent beaucoup,et vous seruent de peu,et si n'y prenez pas grandplaisir. | Gli Imbasciatori delRe d'Inghilterra, hauendofatto il carico loro versoil Re Lodouico vndecimo,il Re domando al signoredi Bresai, qual cossaegli puotrebbe dar aessi Imbasciatori, che glicostasse puoco, Rispose. Sire,fatte lor presente de ivostri Cantori: perche eglivi costan molto, e vi seruenodi puoco: oltra chevoi non ci prendete moltopiacere. |
| Le Roy Loys faisant la guerreaux Venitiens, quelqu'vn luyvoulant dissuader icelle, luydit, qu'il y auoit peril pourles Francois, et que ceux deVenise estoyent hommesprudens et sages. Ie leurmettray (dit il) tant defolz, teste à teste, qu'ilz nesauront de quel costé setourner. | Facendo il Re Lodouicola guerra a i Venitiani,qualcheduno, volendolodissuadere da quella,gli disse, che v'erapericolo per i Francesi, eche Venitiani erano huominiprudenti e saui. Iomandaro loro (disse lui)tanti matti in testa, cheegli non sapranno da checanto voltarsi. |
| Le Roy Loys ayant donné vnoffice de conseiller en Parlementà vn personnage qui n'estoitdes plus prudens, La courtne le voulut receuoir, etenuoya deux conseillers d'icellevers le Roy, luy remonstrerl'insuffisance de l'homme. LeRoy les ayant ouy blasmerl'ignorance de l'impetrant,leur demanda. Combien estesvous en vostre court? Cent,dirent les conseillers. Comment?(dit le Roy) vous estes tantde gens sauans ensemble, n'ensauriez vous faire vn sage. | Hauendo questo Lodouicodato vno vfficio diConsigliere a vno che nonera d'i piu prudenti, lacorte non lo volse accettare:e mando duoi Consiglierid'essa verso alRe, rimostrarli l'insufficientiade l'huomo. IlRe hauendoli vditi biasmarel'ignorantia de loimpetrante, domandoloro. Quanti siate voi invostra corte? Cento (disseroi Consiglieri) Come?(disse il Re) voi siatetanti huomini dotti insieme:no ne sapreste voi farvn saggio? |
| Le Roy Francois premierdu nom vsa d'vn mot telqu'il appartient à Princetreschrestien. Quelqu'vn luydemandoit pardon pour vnautre qui auoit mal parlédudit Seigneur. Il luy dit,Celuy pour qui tu suppliesapprenne à parler peu, eti'apprendray à pardonnerbeaucoup. | Il Re Francesco primodel nome vsò d'un mototal che egli appartiene aprencipe christianissimo.Qualcheduno gli domandauaperdono per vn altro,che haueua mal parlatodel detto signore. Egligli disse. Quello per cui tusupplichi impare a parlarpuoco, e io impararò aperdonar molto. |
| Comme on estoit en propos etsur le point de moyenner lapaix entre les maiestez del'Empereur Charles cinquiéme,et d'iceluy Seigneur Roy, ildit: Nous ne pourrionsiamais demeurer longuementen paix, puis que l'Empereurne veut auoir de compagnon,et ie veux encores auoir moinsde maistre. | Come erano le cosse inproposto e in su' il puntodi pratticare la pace trale Maesta de l'ImperatoreCarolo quinto, ed'esso signore Re Francescoprimo, egli disse.Noi non puotremo mairestare luongamente inpace, perche l'Imperatorenon vuol hauere compagno,e io voglio anchoramanco hauer patrone. |
| Anthoine Panorme estantinterrogué du Roy Alphonse,quelles choses estoyent requiseset necessaires pour viureioyeusement, et pacifiquementen l'estat de mariage, pourcequ'ordinairement y ha desfascheries et ennuys. Ilrespondit, qu'il y auoit besoin dedeux choses. La premiere,que le mary feust sourd, pourn'entendre toutes les sottises,mauuaises parolles, & manierede viure de sa femme. Laseconde, que la femme feustaueugle, pour ne voir toutesles intemperances de son mary. | Anthonio Panormo essendointerrogato del ReAlfonso, che cosse eranobisognose e necessarie perviuere lietamente e pacificamentenello stato dimatrimonio, per ciò cheordinariamente v'è d'ifastidi e noie: rispose, chevi bisognauano due cosse.La prima, ch'il maritofosse sordo, per non intenderetutte le schiocchezze,male parole, e mododi viuere di sua moglie.La seconda, che la donnafosse cieca, per non vederetutte l'intemperantiedel suo marito. |
| Vn matin le Roy Alphonse sevoulant mettre à table, ostales riches anneaux d'or deses doigts pour lauer sesmains, & les bailla au premierqui se presenta deuant luy,sans y prendre garde. Leseruiteur voyant que leRoy n'auoit point aduisé àqui il les auoit baillez, et neles auoit demandez, pensa qu'illes auoit oubliez, et parce estoitbien facile à les retenir: cequ'il feit. Et apres qu'vnlong temps fut passé, voyantqu'on ne s'en souuenoit point,les retint du tout. Aduintqu'approchant le bout de l'anvn autre matin que le Roy sevouloit mettre à table, ceseruiteur se trouua pres deluy, et tendit la main pourprendre les anneaux commel'autre fois: mais le Roy sebaissant iusques pres de sonaureille, luy dit tout bas:Suffise toy d'auoir eu lespremiers: car ceux cy serontbons pour vn autre. | Vna matina volendosiil Re Alfonso porre a mensa,cauò i ricchi annellid'oro delle sue ditta, perlauar sue mani: e gli diedeal primo che s'appresentodinanzi a lui, senzaporui mente. Il seruitore,vedendo che il Re n'haueuapunto guardato a cuiegli l'haueua dati, e nongli haueua domandati,penso che esso gli haueuadosmentecati, e che perciò era ben facile a ritenerli,ciò che fece. E dopoch'vn longo tempo fu passato,vedendo che non sene faceua ricordo, gli ritiennedel tuto. Aduieneche auicinandosi il finede l'anno, vn'altra matinach'il Re se voleuaporre a mensa, questo seruitoretrouosi presso dilui, e tese la mano perprendere gli anneli comel'altra volta. Ma il Reabbassandosi per fino pressodi sua orechia, gli dissepiano. Bastiti d'hauerhauuti gli primi: perchequesti qui sarano buoniper vn altro. |
| Vn Courtisan, lequel despendoitdesmesuréement les largessesroyalles, et pressoit fort leRoy Alphonse de luy donnerquelques deniers. Le Royluy dit, Si ie continue à tedonner, ie me feray plustostpauure, que ie ne te ferayriche: car quiconques te donne,ne fait autre chose sinon quemettre de l'eau dans vnpanier percé. | Vn cortigiano, ilqualspendeua smisuratamentele larghezze Regale,faceua instanza al ReAlfonso che gli desse qualchedinari. Il Re gli disse.S'io persisto a darti, io mifaro piu tosto pouero, cheio non ti faro riccho: perchequalunche ti da nonfa altra cossa senon cheporre de l'aqua dentrovn cesto perforato. |
| Le Roy alphonse oyant quelqueiour la messe, et estantl'Eglise en danger de tomberpar vn tremblement de terre,les assistans s'enfuirent et leprestre quant et quant, maisil le feit demeurer et acheuerle sacrifice. Despuis quandon luy demanda, pourquoy envn si grand peril il ne s'estoitremué de sa place, il responditen grande grauité cestesentence de Salomon en sonEcclesiastique. | Il Re Alfonso vdendovn di la messa, e essendola chiesia in pericolo dicascare per vn terremoto,gli assistenti se ne fuggirono,e il prete anchora:ma egli lo fece affermare,e finire il sacrificio. Dopoquando gli fu domandato,perche in vn cossi granperiglio egli non s'era mossodel suo luogo, rispose congrande grauità questasententia di Salomonenel suo Ecclesiastico. |
Corda Regum in manu Dei sunt. |
Corda Regum in manu Dei sunt. |
| Charles Martel Maire duPalais de France (qu'aucunsdient estre l'office deConnestable) feit regnersuccessiuement quatre Roysen France, à sauoir Childericdit Daniel, Clotaire quatriéme,Theodore deuxiéme, etChilderic troisiéme. IceluyChilderic offrit audit CharlesMartel le Royaume deFrance, et le pria d'enprendre le nom et la coronne:qu'il refusa, disant: que c'estoitchose plus glorieuse regnerdessus les Roys que d'estreRoy. Ceste sentence estcontenue en son Epitaphe. | Carolo Martello Maestrodel palazzo di Parigi(che alcuni diconoesser l'vfficio di Contestabile)fece regnare successiuamentequatro Rein Francia: ciò è Childerico,detto Daniele,Clotario quarto, Theodoricosecondo, e Childericoterzo. Esso Childericoproferse al detto CaroloMartello il regno diFrancia, e lo pregò di pigliarneil nome e la corona:che egli pur rifiutò,dicendo che era cossapiu gloriosa regnare soprad'i Re, che d'esserRe. Questa sententia è recitatanel suo epitafio. |
Ille Brabantinus dux primus in orbe triumphat, |
Ille Brabantinus Dux primus in orbe triumphat, |
| En la Ville de Constantinoble,vn Chrestien demanda parprest à vn Iuif la somme decinq cens ducatz. Le Iuifles luy bailla à condition quepour l'vsure il luy bailleroità la fin du terme deux oncesde sa chair, coupées en l'vnde ses membres. Le tempsde payer escheu, le Chrestienrendit les cinq cens ducats auIuif, refusant bailler de sachair. Le Iuif pour auoirl'vsure le feit conuenir deuantle grand Seigneur: lequelayant ouy les demandes etresponses, et iugeant à l'equitécommanda apporter vn rasoiret le mettre dans la maindu Iuif, luy disant à fin quetu connoisses qu'on te faitiustice, coupe de la chair duChrestien deux onces selon tademande, mais garde toy biend'en couper ou plus ou moins,autrement ie te feray mourir.Le Iuif sachant cela impossible,tint le Chrestien pour quitte. | Nella cità di Constantinopolivn Christiano domandoin presto a vn Giudeola somma di cinquecento ducati. Il Giudeo lelui diede a conditione,che per l'vsura egli gli darebbein fine del terminodue oncie di sua carne,tagliata in uno di suoimembri. Il tempo del pagamentoaccaduto, il Christianorese i cinque centoducati al Giudeo, rifiutandodare di sua carne.Il Giudeo per hauer l'vsuralo fece citare dinanziil Gran signore SultanoSolimano. Ilquale hauendovdite le petititoni e risposte,e giudicando a l'equità,comandò che fosseportato un rasoio, e postoin man del Giudeo, dicendoli.A ciò che tu cognosciche te è fatta giustitia, tagliatu della carne delChristiano due oncie secondoche chiedi. Ma guardatibene de non tagliarnepiu, o meno: altrimenteio ti faro morire. IlGiudeo sapendo che questoera impossibile, tienneil Christiano per quitto. |
| Saladin Roy d'Asie, de Sirie,et d'Egipte, monstra à samort combien il connoissoitla nature de l'homme estremiserable. Il commandaqu'apres son trespas, on portastau bout d'vne lance parmyson camp à la veue de tousles Seigneurs et soldatsde l'armée, la chemise qu'ilauoit vestue, et que celuy quila porteroit criast à haute voix,Saladin dompteur d'Asie,entre les grandes richesseslesquelles il ha conquestees,n'emporte que ce seul linge. | Saladino Re d'Asia,di Siria, e d'Egitto, mostròin sua morte quantoegli cognosceua la naturade l'huomo esser miserabile.Egli comandò chedopo sua morte fosse portatain cima d'una lanciafra il suo campo, invista di tutti i signori esoldati de l'armata, lacamisia che egli haueuavestita: e che quello chela portarebbe gridasse adalta voce, Saladino domitored'Asia, tra legrande richezze che egliha conquistate, no ne portaque questa sindone. |
| Raymire deuxiesme du nomRoy d'Aragon, homme fortsimple, voulant aller en guerrecontre les Maures, ses Baronsl'armerent et monterent àcheual, puis luy meirent satarge en la main gauche, etla lance en la main droitte: &luy baillans encores les resnesde la bride de son cheual,mettez les moy (dit il) en labouche: car les mains sontpleines. Duquel acte sesBarons se prindrent à rire àgorge desployée en s'en gaudissantsans aucune reuerence. Maisvn iour Raymire se resentantde leur mocquerie, feit veniren sa ville d'Osée, vnze de sesplus nobles Barons, & là leurfeit trencher la teste, sans direautres parolles que cestes cy. | Raimirio secondo delnome, Re d'Aragonia,huomo molto semplice, volendoandare in guerracontra i Mori, i Baronisuoi l'armorono e montoronoa cauallo, poi glipuosero sua targa nellaman manca, e sua lancianella man destra: e dandogliancora le rene dellabriglia di suo cauallo, Ficcatele me (disse) nellabocca, perche le mani sonopiene. D'il qual attosuoi Baroni si presero aridere a gola spiegata, sene burlando senza alcunariuerentia. Ma vn diRaimirio rissentendosi dila burla, fè venire in suacità d'Osea vndeci d'isuoi piu nobili Baroni: elà fece loro tagliar la testa,senza dir altre paroleche queste qui. |
La renardaille, |
Le volpinceffe, |
| Bonne responce feit le Comtede Lazaran, aux Ambassadeursde Lamorabaquin Roy desTartares, lequel voulant entreraueq grosse armée au Royaumede Hongrie, enuoya ses messagersvers le Comte de Lazaran, aueqvn mulet chargé de grains demillet, pour luy demanderpassage dans son païs, à fin qu'ilpeust entrer en Hongrie. LesAmbassadeurs faisans leurcommission, trouuerent leComte en son chasteau nomméArcheforme: et estans bieninformez de leur charge, luydemanderent passage pour leurSeigneur et son armée aueqtoute obeïssance et reddition deseruitude: Autrement auoitdeliberé celuy Lamorabaquin demettre dans le païs du Comteplus de gens de guerre qu'iln'y auoit de grains de milletdedans leurs sacs. Et cedisant feirent espandre legrain parmy la court duChasteau. Le Comte lesreceut, et escouta humainement,et au troisiéme iour leurvoulant donner responce,commanda de faire sortir en sacourt, vne quantité de coqs etde poules qui ia auoyent estéenfermez par ces trois iourssans manger, lesquelz en moinsd'vn quart d'heure mangerenttout le millet. Et apres ditaux Ambassadeurs, dittes à vostreSeigneur, qu'il ha grand nombrede gens: mais qu'il n'en sauroittant mettre aux champs qu'ilzne soyent tous occis ou vaincuz,comme vous auez veu ces grainsde millet estre deuorez par mapoulaille. Le Comte selon sonesperance eut la victoire. | Buona risposta fece ilConte di Lazaran a gliImbasciatori di Lamorabaquin,Re d'i Tartari:ilquale volendo entrarecon grossa armata al regnod'Hungaria, mandòsuoi messi verso il Contedi Lazaran con vn mulocarico di grani di miglio,per domandarli passagiodentro suo paese, a ciò cheegli puotesse entrare inHungaria. Gli Imbasciatorifacendo la comissionloro, trouorono il Contein suo castello, chiamatoArcheforma: e essendobene informati di lor carico,gli domandorono passaggioper il signor loro, esua armata, con ogni vbedientiae rendimento diseruitù. Altrimente haueuadeliberato quelloLamorabaquin di porredentro al paese del Contepiu gente di guerra, chenon v'erano grani di migliodentro i sacchi loro.E quel dicendo fecero dispergereil grano per mezola corte del castello. Il Contegli accolse e ascoltò humanamente:e al terzogiorno, volendo loro darrisposta, comandò di farvscir in sua corte vnaquantità di galli e galline,che gia haueuano stateserrate per quei tre disenza mangiare: iqualiin manco d'un quartod'hora mangiorono tutoil miglio. Poi disse a gliImbasciatori: Ditte alvostro signore, che egli hagran numero di gente: mache egli no ne saprebbetanti porre in campagna,che egli non sieno tuttivccisi, o vinti: si come voihauete veduto questi granidi miglio esser deuoratiper mie galline. Il Contesecondo la speranza suahebbe la vittoria. |
| Les Ambassadeurs de Sicile,faisans leur charge vers Iaquesvnziéme Roy d'Aragon, lequelleur remonstra qu'ilz deuoyentobeïr à l'Eglise, et à CharlesRoy de Naples son beau pere:L'vn des Ambassadeurs luydit, Sire, nous lisons enplusieurs histoires les peuplesauoir esté desfaits par leursPrinces, et l'auons veu denostre temps: mais que lespeuples ayent esté destruitspar leur Roy, nous ne l'auonsiamais veu, ny ouy dire. | Gli Imbasciatori di Sicilia,facendo il carico loroverso Iaconio vndecimoRe d'Aragonia, ilqualerimostrò loro cheessi doueuano vbidire allachiesia, e a Carolo Redi Napoli suo socero: vnoda quelli Imbasciatori glidisse. Sire, noi legiamo inparechie historie i popoliesser stati disfatti per i loroprincipi, e lo hauemoveduto del nostro tempo.Ma che i popoli siannostati distrutti per il Re loro,noi non lo hauemo giamaiveduto, ne vditodire. |
| On recita au Duc Galeace,qu'il y auoit dans Milan vnaduocat subtil à trouuer le moyende faire les causes longues, etles proces immortelz, quand ill'auoit entrepris par faueur oupar argent. Le Duc le voulantexperimenter, s'enquit à vn sienmaistre d'hostel s'il estoit riendeu à ceux qui le fornissoyentde marchandise. Fut trouuéle boulenger à qui on deuoitcent liures: au nom duquelil se feit adiourner pourcomparoir deuant le Senat.Et s'estant adressé à cestaduocat, luy demanda conseilpour delayer le payement.L'aduocat luy promit de trouuerles moyens et cautelles, quele boulenger ne toucheroitdeniers d'vn an, voire dedeux s'il vouloit. La causeactionée et preste à iuger, leDuc demanda à l'aduocat, s'ilestoit possible d'y donnerremede: à qui l'aduocat feitresponce qu'il n'en auroitl'issue de deux ans. O grand'iniustice (dit le Duc)homme plein d'iniquité, ne saytu pas que ie t'ay dit queie luy doy cent liures?Veux tu faire contre maconscience et la tienne, etfrustrer le pauure de sondeu? faut il plaider contrevne debte? Prenez (dit ilà ses gens) ce meschant, etqu'il soit pendu, puis son corpsescartelé, à fin que par luy laRepublique ne soit à l'aduenircorrompue. La sentencedonnée aueq l'aduis du Senatfut executée. | Fu recitato al DucaGaleazzo, che dentro aMilano v'era vno auocatosuttile a ritrouare ilmodo di fare le lite luongue,e i processi immortali,quando l'haueua perimpresa, per fauore, o perdinari. Il Duca volendoloisperimentare, fece inquisitioneal suo maestro dicasa, se v'era nessuno debitoa quelli che lo forniuanodi mercantie. Futruouato il Bolongiere àcui cento lire erano debite:in nome del quale eglisi fece acitare per compareredinanzi al Senato.E indrissatosi a questoAuocadore, gli domandòconsiglio per indugiare ilpagamento. L'Auocato glipromisse di truouar i modie cautele, che il Bolongierenon toccarebbe dinarid'un anno, anzi nede duoi, se egli voleua.La lite fornita, e prestaa giudicare, il Duca domandòa l'Aduocato, seegli era possibile da darcirimedio: a che risposel'Aduocato, che egli nonne hauerebbe il fine deduoi anni. O grande ingiustitia(disse il Duca)huomo pieno d'iniquitade,non sai tu che io t'ho dettoche io gli debbio centolire? voi tu fare contra lamia conscientia e la tua,e fraudare il pouero huomodel suo debito? Bisognaegli litigare contravn debito? Pigliate (dissealla sua gente) questo tristo:e che egli sia impiccato,e poi il corpo suo squartato,a ciò che per lui laRepublica non sia a l'auenirecorretta. La sententiadata co'l parere delSenato fu esequita. |
| Ian le Maingre dit Bouciquaut,Mareschal de France etLieutenant pour le RoyCharles sixiesme à Gennes,cheuauchant vn iour par icelleville rencontra en la rue deuxCourtisannes richement vestuesà la mode du païs: lesquellesluy feirent la reuerence, et luyà elles. Huguenin de Tolligney,qui estoit deuant luy, s'arresta,et luy dit: Monseigneur, quisont ces Dames, à qui vousauez fait si grand' reuerence? Iene say (dit le Mareschal)Huguenin repliqua, Ce sontfilles communes. Le Mareschalrespondit, Ie ne say qui ellessont: Mais si est ce quei'ayme mieux auoir fait lareuerence à dix filles communes,qu'auoir failly à saluer vnefemme de bien. | Giouanni il Maingro,detto Bocicaldo, Marescalledi Francia, e Luogotenenteper il Re Carolosesto in Genoua, caualcandovn di per quellacità, riscontrò nellastrada due Cortegiane riccamentevestite al mododel paese: lequali gli fecerola riuerentia, e egli adesse. Huguenino di Tollignei,ilquale era dinanzia lui, s'afermò: e gli disse.Monsignore, chi sono quelledue donne, a cui voihauete fatta cossi granderiuerentia? Io non so. (disseil Marescalle) Al'horaHuguenino replicò, sonofiglie comuni. Il Marescallerispose. Io non so che lesiano: ma voglio piu prestohauere fatto la riuerentiaa diece figlie comuni,che d'hauere fallito a salutarevna donna dabene. |
| Pierre Comte de Sauoye allavers l'Empereur Othonquatriéme, pour luy faire hommagede ses terres, estant vestud'vne robbe moytié d'acier,en facon d'vn harnois doré, desorte que du costé dextreestoit richement vestu, et ducosté gauche estoit armé. Etcomme il eut demandéinuestiture de ses terres àl'Empereur, et il luy eutaccordé, s'estant retiré leComte par deuers leChancellier pour auoir sadespeche, et monstrant lesvieux tiltres et lettres de sespredecesseurs, le Chancellierluy demanda, s'il en auoitpoint des terres de Chablais,d'Oste, et de Vaux, sachantbien que nouuellement il lesauoit conquises: A quoy leComte mettant la main àl'espée, et la luy monstranttoute nue respondit, qu'il n'enauoit autres lettres que cela.Despuis l'Empereur luydemanda qui le mouuoit deporter vne telle robbe moitiéde drap d'or, et moitié d'acier.Le Comte luy respondit, qu'ilportoit le drap d'or à maindroitte, pour faire honneur à samaiesté: et quant au costégauche (dit il) signifie, que sion me dresse quelque querellesinistre est mauuaise, ie suisprest de me deffendre, etcombatre iusques à la mort. | Pietro, Conte di Sauoia,andò da l'ImperatoreOthone quarto, perfarli homagio delle sue terre,essendo vestito d'vnaveste metà d'aciaio inmodo d'vno arnese dorato,di tal guisa che deldestro lato era ricchamentevestito, e del manco latoera armato. E poi ch'hebbedomandata inuestituradelle terre sue a l'Imperatore,e esso la gli hebbeconcessa, riduttosi ilConte verso il Cancelliere,per hauere sua espeditione,e monstrando gli antichititoli e lettere di suoipredecessori, il Cancellierele domandò se egli nehaueua niuna delle terredi Chablaò, d'Osta, e diVaux, sapendo bene chenuouamente le haueuaaquistate. A che il Conteponendo la man alla spada,e mostrandola a luitutta ignuda, rispose cheegli no ne haueua altrelettere che quella. Dopòquesto l'Imperatore domandoli,perche causa portauavna tal veste, metàdi panno d'oro, e metà d'aciaio.Il Conte gli rispose,che egli portaua il pannod'oro a man dritta perfar honore a sua Maestade.E quanto al lato manco(disse) significa, che siqualcheduno mi muovequestion, sinistra è mala,io sono apparechiato dadifendermi, e combattereper fino alla morte. |
| Vn Astrologue faisant estat depredire les choses aduenir, etle bon heur et malheur deshommes, regardant au visage,Ian Galeas Duc de Milan,luy dit: Seigneur disposez àtemps de voz affaires, carvous ne pouuez viurelonguement. Comment le saistu, dit le Duc? Pource (ditil) qu'ayant consideré les astresgouuerneurs de vostre vie, ietrouue qu'ilz vous menassentde mourir en fleur d'aage. Ettoy (dit le Duc) combiendois tu viure? Ditl'Astrologue, Ma planetteme promet longue vie. Orà fin (dit le Duc) que tu nete fies plus en ta planette, tumourras maintenant contreton opinion: et toutes lesplanettes du ciel ne t'enpourroyent sauuer. Ce dit,commanda estre pendu à l'heuremesme: ce qui fut executé. | Vno astrologo facendoprofessione da predire lecosse future, e la felicità oinfelicità de gli huomini,guardando al volto GiouanniGaleazzo Duca diMilano, gli disse. Signore,disponete per tempo dellefacende vostre, perche voinon puotete viuere luongamente.Come il sai tu?(disse il Duca) risposel'astrologo che hauendoconsiderati gli astri gouernatoridi vostra vita, iotruouo ch'essi vi minacianodi morire in eta fiorita.E te (disse il Duca)quanto hai da viuere? Dissel'Astrologo. Il mio Pianetami promette luongavita. Hor a ciò (disse ilDuca) che tu non ti fidipiu nel tuo pianeta, tumorirai di presente contratua opinione: e tutti ipianete del cielo non tepuotranno saluare. Questodetto, comandò colui essereimpiccato a l'horamedesima. Qual cossa fueseguita. |
| La Hire Capitaine Francois,estant enuoyé de l'armée versle Roy de France Charlesseptiéme, pour luy remonstrerles affaires de la guerre, etque par faute de viures, d'argentet autres choses necessaires,les Francois auoyent perduquelques villes et bataillescontre les Anglois. Le Royvoulant, enuers luy, vser defamiliarité: luy monstre lesdelicieux appareilz de ses plaisirs,les esbatemens, les dames, etles banquets, en quoy il prenoitsa recreation, luy demandantqu'il luy en sembloit. La Hirelibrement luy respondit, Sireie ne vey iamais Princequi perdit plus ioyeusement lesien, que vous. | La Hira CapitanioFrancese, essendo mandatoda l'armata verso il Redi Francia, Carolo settimoper rimostrarli le facendedella guerra, e cheper disaggio di vittouaglie,di dinari, e altre cossenecessarie, i Francesi haueuanoperse qualche terree bataglie contra gli Inglesi.Il Re volendo versodi lui vsar di domestichezza,mostroli i delitiosipreparamenti di suoipiacieri, i giochi, le donne,i conuiti, ne i quali eglipigliaua la sua recreatione:domandandoli che gline pareua. La Hira liberamentegli rispose. Sire,Io non vidi mai principeche perdesse piu lietamenteil suo, che voi. |
| Berthelemy d'Aluiane, Capitainedes Venitiens, estant pris àla iournée d'Agnadel par lesFrancois, et presenté au RoyLoys douziéme, leditSeigneur Roy luy demanda,pour quelles causes il luyfaisoit la guerre, l'inequalitéd'eux deux considerée: leseigneur Berthelemy respondit,Sire, ie vous ay fait laguerre, pour deux raisons. Lapremiere, pour l'obligation queie doy à la patrie. Ladeuxiéme, pource qu'ayant euaffaire contre vn si grand etpuissant Roy que vous,si i'eusse obtenu la victoire,ma renommée eust estéperpetuelle: & ayant esté vaincu,ie n'auray moins de reputationenuers ceux de ma nation,quand ilz auront mesuré vostregrandeur: car l'audace quei'ay prise de vous resister metournera en honneur. | Bartolomeo d'Aluiana,Capitanio d'i Venetiani,essendo preso allagiornata d'Agnadello peri Francesi, e presentato alRe Lodouico duodecimo.Il detto signore Re le domandoper qual cagioniegli gli faceua la guerra,la inequalità d'essi duoiconsiderata. Il signor Bartolomeorispose. Sire, io viha fatta la guerra perdue ragioni. La prima,per l'obligo ch'io debbo ala patria. La seconda, perciò che se contrastandocontra vno si grande epossente Re come voi, iohauessi ottenuta la vittoria,mia fama fosse stataperpetua: e hauendo statovinto, io non hauerominor riputatione versoquelli di mia natione,quando eglino haueranomisurata vostra grandezza:perche l'audaciache io ho pigliata diresisterui mi sara cangiatain honore. |
| Francois de Stritingen Coronelde l'Empereur Charles cinquiéme,ayant assiegé Mezieres, enlaquelle estoit le CapitaineBayard pour Francois premierdu nom Roy de France, luymanda par vn Heraut, qu'ileust à se rendre, aueq la place?A quoy Bayard respondit ainsi:Le Bayard de France necraint point le Roussind'Allemagne. C'est vneallusion sur son nom, lequelestoit si renommé, que lesEspagnolz disoyent de luy: EnFrance y ha beaucoup deGrisons: mais il y hapeu de Bayards. | Francesco di Stritingenio,Coronello dello ImperatoreCarolo quinto, hauendoassediate Mezieres,doue era il CapitanioBaiardo per Francescoprimo di quel nomeRe di Francia, mandoliper vno Heraldo, che eglihauesse a rendersi con laterra. A che Baiardocossi rispose. Il Baiardo diFrancia non teme il Ronzinodi Lamagna. E quellodiceua alludendo alsuo nome: ilquale era dital fama, che gli Spagnolidiceuano di lui. In Franciav'è molti grifoni: mavi sono pochi Baiardi. |
| Voulant le Roy Charlescinquiéme vuyder son païs, tantdes gensd'armes Anglois quedes Francois, qui apres letraitté des trefues couroyent etgastoyent le païs de France:le Seigneur Bertrand duGuesclin obtint du Roy deles mener au Royaume deGrenade contre les Sarrasins.Or pour les violences & pilleriesque faisoyent ces gensd'armes,le Pape Vrbain cinquiéme lesauoit excommuniez: & s'appelloyentLes grandes compaignies.Bertrand du Guesclin lesayant assemblez, & estant esleuCoronel de l'armée pour passeren Espagne, les mena enAuignon ou residoit le PapeVrbain cinquiéme, lequelenuoya vn Cardinal pardeuers eux, sauoir qu'ilzdemandoyent: auquel Cardinal,Bertrand respondit. Dittesau Saint Pere, que ces gensde guerre demandent pardon etabsolution de peine et de coulpepour les pechez qu'ilz ontcommis, dont ilz ont encorusentence d'excommunication: etdauantage luy demandent deuxmille florins d'or, pour viureet parfaire leur voyage, à find'exaucer la Foy Chrestienne.Le Cardinal faisant sonrapport au Pape, iceluyrespondit ainsi. C'est chosemerueilleuse de ces gens cy, quidemandent absolution & argent:et nous auons accoustumé deprendre argent pour donnerabsolution. | Volendo il Re Caroloquinto vacuare suo paese,si dalla gente d'armeInglesa, come dalla Francesa:le quali dopo il trattatodella tregua discorreuanoe guastauano ilpaese di Francia: il signoreBeltrame di Guesclinootteni dal Re di menarlial reame di Granatacontra i Sarraceni.Hor per le violentie e rubarieche faceuano questegente, il Papa Vrbanoquinto gli haueua iscommunicati.E si domandauano,Le gran compagnie.Beltrame di Guesclinohauendoli radunati,e essendo eletto Coronellodi l'armata per passarein Spagna, gli conducein Auignione, doueresideua il Papa. Ilqualemando vn Cardinale perverso di loro sapere chedomandauano. Al qualCardinale rispose Beltrame.Ditte al santo Padreche questa gente di guerradomanda perdono eassolutione di pena e dicolpa per gli peccati chehanno comessi, onde eglihanno incorsa sententiad'iscommunicatione: eoltra di quello gli domandanoduoi millia fiorinid'oro per viuere e fornireil viaggio loro, in esaltationedella fede Christiana.Come il Cardinalefece di questo la relationesua al Papa, essogli rispose cossi. Questa ècossa marauigliosa, chequesta gente vogliono assolutionee dinari. E noihauemo vsato di pigliardinari per dare assolutione. |
| Iouian Pontan excellent Philosopheet Poëte, estant interroguépourquoy il ne mangeoit qued'vne seule viande en ses repas,et encores bien sobrement, ilrespondit. C'est à fin que ien'aye que faire du Medecin. | Giouiano Pontano, eccellentephilosofo e poeta,essendo interrogato percheegli non mangiaua ched'vna sola viuanda ne isuoi pasti, e anchora bensobriamente, rispose. Questoè a ciò che io non habbiada fare del medico. |
| Estant à Rome le concileassemblé, sur le fait de laguerre contre les Sarrazinsqui occupoyent la terre sainte:fut longuement desbatu qui seroitdigne et suffisant, pourconduire l'exercite et auoirle gouuernement de toutel'armée. Apres toutes lesopinions vuydées, fut conclu queSantius frere du Royd'Espagne, pour ses bonnesmeurs, hardiesse, prouesse, etvertus, seroit esleu chef de cestelouable entreprise: par ce qu'onconnoissoit en luy n'estreaucune conuoitise ou ambition, etqu'il estoit de bonne expeditionen fait d'armes. Luy donquesapres ceste election estantvenu à Rome, et se trouuantau conclaue, ou assistoyent, lePape, les Cardinaux, et lesPrinces de la Chrestienté: futincontinent en la presence detous, par le decret & ordonnancedu Pape entre autres articlesproclamé, et declaré Royd'Egipte. Dond à l'instanttous les assemblez commencerentà faire vn cry de ioye. Luyignorant la langue Latine, etne sachant dequoy le consistoires'estoit tant esiouy, en demandala cause à son truchement:lequel luy ayant fait entendreque le Pape par ses lettresluy auoit donné le Royaumed'Egipte, dit à son truchement.Leue toy, et prononce icydeuant tous, puis que le Papem'ha creé Roy d'Egipte,qu'il sera Caliphe de Baldach.voulant donner à entendre quetout ainsi que le Pape l'auoitainsi soudain creé Roy sansterre, pour le recompenser luydonnoit vn titre de mesme valeur. | Essendo in Roma ilConcilio ragunato, in su'lfatto della guerra contrai Saraceni, quali occupauanola terra santa, fùluongamente conteso, chisarebbe degno e sufficienteper menare l'esercito,e hauere il gouerno ditutta l'armata. Dopovdite tutte l'opinioni, fùconchiuso, che Santio fratellodel Re di Spagna,per suoi buoni costumi, hardire,prodessa, e virtu,sarebbe eletto capo di questalaudabile impresa: percio che cognosceuano inlui non essere alcuna auaritia,o ambitione, e cheegli era di buona espeditionenel fatto d'arme.Egli donche dopo questaelettione essendo venutoa Roma, e truouandosi alConclauio, doue erano ilPapa, i Cardinali, e iprincipi della Christianità,fù subito in presentiadi tutti, per decreto e ordinationedel Papa, traaltri articoli, proclamatoe dischiarato Re d'Egitto.Onde a l'instante tuttigli assistenti comincioronoa fare un grido digioia. Egli ignorando lalingua Latina, e non sapendodi che il Consistorios'era tanto rallegrato, nedomando la cagione alsuo interprete. Il qualehauendogli fatto intendere,che il Papa per sueBulle gli haueua dato ilregno d'Egitto, disse alsuo interprete. Leuati, epronuntia qui dinanzitutti: poi ch'il Papa m'hacreato Re d'Egitto, cheegli sara Califa di Baldacco.Volendo inferireche come il Papa l'haueuafatto cossi presto Resenza terra per ricompensa,gli daua di vnotitulo, del medesimo valore. |
| Le Duc de Milan, estant assiegédans vn chasteau par lesFlorentins, vn iour qu'ilprenoit son repas, ne trouuoitaucune viande bonne selon songoust, pour raison dequoy iltensa son Cuysinier & se faschaà luy. Mais le Cuysinierprompt à deffendre sa cause,luy respondit (apres autresexcuses) Monsieur, les viandessont bien appareillées: mais lesFlorentins vous degoustent. | Il Duca di Milano essendoassediato dentro vncastello per i Fiorentini,vn di che prendeua il suopasto non truouaua viuandaalcuna buona, alsuo gusto. Onde egli ripreseil suo cucciniere, e s'adiròcontra lui. Ma il cuccinierepronto a difenderesua causa, gli rispose(dopo altre iscuse) Monsignor,le viuande sonobene apparechiate: ma iFiorentini vi togliono l'appetito. |
| Les Anglois estans chassez deFrance par le Roy Charlesseptiéme, ainsi qu'ilz vouloyentpasser la mer, les Francoispar mocquerie demanderent àvn Captaine Anglois quandilz reuiendroyent faire la guerreen France, il respondit. Cesera quand voz pechez seronten plus grand nombre queles nostres. | Gli Inglesi essendo cacciatidi Francia per il ReCarolo settimo, come voleuanopassare il mare, iFrancesi per burla domandoronoa vn CapitanioInglese, quando eglinoritornarebbono far laguerra in Francia, Rispose.Sara quando i peccativostri sarano in piu grannumero che i nostri. |
| Gonnor Damoyselle, amye parle passé de Richard Duc deNormandie, filz de GuillaumeLongue Espée, estant despuismariée à iceluy Duc, apres letrespas d'Auine sa premierefemme, fille de Hugues leGrand Comte de Paris, IcelleGonnor la premiere nuit desnopces, estant couchée aueq leDuc, luy tourna le dos. LeDuc esmerueillé de cestemaniere de faire, luy dit, vousauez tant de fois couché aueqmoy, et ne vous vey onquesfaire ainsi: Elle respondit,Certes mon amy, au parauantie couchois en vostre lit, etfaisois vostre volonté: maismaintenant ie couche dansnostre lit, ou ie me puisreposer sur lequel costé qu'ilme plaira, pource que ie yay part maintenant, ce queie n'auois pas parauant. | Gonora damigella, amicaper il passato di RicardoDuca di Normandia,figliuolo di GuglielmoLonga spada, essendo poimaritata a istesso Ducadopò la morte di Auinasua prima moglie, figliadi Hugone il gran Contedi Parigi. Essa Gonora laprima notte delle nozze,essendo al letto col Duca,voltoli l'espale. Il Ducamarauigliato di questanuoua maniera di fare,gli disse: voi hauete tantevolte dormito meco, e nonvi ho mai visto far cossi.Ella rispose, veramente,amico mio, dinanzi iodormiua nel vostro letto,e faceua la volontà vostra:ma adesso io dormodentro il nostro, doue iomi posso riposare in sul latoche mi piacera, percheho parte in esso quello cheio non haueua prima. |
| Lupolde Duc d'Autriche, faisantla guerre contre les Suissesalliez à l'Empereur Loys deBauieres: et ayant assemblésouz la charge d'aucunsCapitaines, des estatsd'Allemagne, le nombre devint mile hommes, que depied, que de cheual, pour lesdesualizer, feit assembler leconseil pour deliberer parquel chemin on entreroit en leurpaïs. Le conseil pris, le foldu Duc nommé Kune deStoken, qui estoit present, etauoit ouy la deliberation, leurdit (en son habit et contenancede fol) Vostre conseil ne meplaist point: car vous tousensemble auez consulté par quelmoyen nous entrerons en leurpaïs, mais aucun de vousn'ha donné conseil en quellemaniere nous en sortirons. | Lupoldio Duca d'Austria,facendo la guerracontra gli Sguisseri confederatia l'Imperatore Lodouicodi Bauiere, e hauendoragunati sotto lacondotta d'alcuni Capitanidalli stati di Lamagnail numero di vintemiglia huomini, che a pie,che a cauallo, per sualisarli,fece conuocare ilconsiglio, per deliberareper qual via entrarebonoal paese loro. Pigliato ilconsiglio, il Buffone delDuca, chiamato Kune diStocken, che v'era presente,e haueua vdita ladeliberatione, disse loro(in habito suo e gesti diBuffone) vostro consiglionon mi piace punto: perchevoi tutti insieme haueteconsultato con che modonoi entraremo nel paeseloro: ma alcuno di voinon ha dato cosiglio in qualmaniera noi ne vsciremo. |
| Iaques de Genouillay seigneurd'Assier, dit Galeot, grandmaistre de l'artillerie duRoy Loys douziéme, voulantaller à Mitilin, contre lesTurqs, souz la charge deMonsieur de Rauastin, etdisposant de ses affaires pourson voyage, fut admonesté deses amis, de faire son testament,et ordonner de sa sepulture,s'il aduenoit qu'il feust occisen ceste guerre: ausquelz ilrespondit. Qu'ay ie à faire deme soucier ou ie seray enterré,ny par qui? auray ie pas assezde pionniers à l'entour de moyqui ne me laisseront sansenterrer, si par fortune ie ydemeure. Son filz prenantcongé de luy, pour se trouuerà la iournée de Serizolescontre l'armée de l'EmpereurCharles cinquiéme, il luy dit:Vous ne serez pas assez àtemps à la bataille. Le filzrespondit. Ie m'y en iray enposte. Le pere repliqua. Ferezvous aller voz cheuaux & portervoz armes en poste? Non (ditle filz) quand ie seray là, ietrouueray armes et cheuaux.O pauure homme (dit leSeigneur d'Assier) voulez vousaller chercher la mort en poste,ce que fut, car il y fut tué. | Iacomo di Genouillaio,signore d'Assiere, chiamatoGaleoto, gran maestrodi l'artigleria del ReLodouico duodecimo, volendoandare a Mitiglinocontra i Turchi, sotto lacondotta del signore diRauastin, e disponendodelle facende suoi pel suoviaggio, fù persuaso dasuoi amici di fare il suotestamento, e ordinaredella sepoltora, se accadesseche egli fosse vccisoin questa guerra. A cuirispose. Che ho io da fardi curarmi doue io sarosepelito, ne per cui? Nonhauero io assai guastadoria torno di me, i qualinon mi lassarano senzasepelire, se per sorte io virimango. Il figliuolo suopigliando licentia da lui,per truouarsi alla giornatadi Serizole, contral'armata dello ImperatoreCarolo quinto: lui glidisse. Voi non sarete assaiper tempo alla bataglia.Il figliuolo gli respose. Iome ne andoro in posta.Replicò il padre. Faretevoi andare vostri cauallie portar l'arme vostre inposta? Non (disse il figliuolo)quando io ci sarò, iotruouarò arme e caualli.O pouero huomo (disse ilsignor d'Assiere) voletevoi andar cercare la mortein posta? e cossi fu, perchelui ci fu amazato. |
| Comme on parloit en la presenced'Antoine du Prat Chancellierde France, de la guerre duRoy Francois pour larecouurance de Milan: etqu'aucuns disoyent qu'il eustesté de besoin, que Milan feustdu tout perdu et ruyné, pourle dommage qu'il portoit auxFrancois: il respondit. Il estnecessaire que Milan demeureainsi, car il sert d'vnepurgation au Royaume deFrance, pour oster lesmauuaises humeurs des hommesgastez et desbauchez, qui lepourroyent corrompre. | Come si fauellaua nellapresentia d'Antoniodel Prato, Cancelliere diFrancia, della guerra delRe Francesco, per la ricuperationedi Milano, e chealcuni diceuano, che sariaassai meglio, Milanofosse del tutto perduto erouinato, per il danno cheesso portaua a Francesi:egli rispose. Egli è necessarioche Milano stia cossi:perche serue d'vna purgationeal regno di Francia,per cauare i cattiuihumori d'huomini guastie suiati, che lo puotrebbonocorrompere. |
| Alphonse, Roy de Naples, auoiten sa court vn Bufon, lequelmettoit en escrit dans vnliure toutes les folies (aumoins qui luy sembloyent telles)des Seigneurs, gentilzhommes,et autres de son temps, hantansla court. Aduint que le RoyAlphonse ayant vn More ensa maison, l'enuoya au païsde Leuant, aueq dix mileducatz, pour y achepter descheuaux. Le Bufon adioustace fait en son liure, commel'estimant folie. Quelquesiours apres, le Roy Alphonsedemanda au Bufon à voir sonliure, pour ce qu'il y auoitassez de temps qu'il ne l'auoitveu. En lisant dedans, trouuaà la fin d'iceluy, l'Histoirede luy et du More, et desdix mil ducatz. Le Roycourroucé demanda à ce folpourquoy il l'auoit mis dansson liure? Pource (dit leBufon) que tu as fait vnefolie, d'auoir baillé tes deniersà vn estranger que tu ne verrasiamais. Et s'il reuient (dit leRoy) & ameine les cheuaux, quellefolie est ce à moy? Alors qu'ilsera reuenu (dit le Bufon)i'effaceray ton nom du liure,et y mettray le sien: car alorsil sera plus fol que toy. | Alfonso Re di Napolihaueua in sua corte vnBuffone, il quale redigeuain scritto dentr'vn librotutte le pazzie (al menoche gli pareuano tali) d'isignori, gentilhuomini, ealtri del suo tempo che pratticauanonella corte. Aduienneche il Re Alfonsohauendo vn Moro in casasua, mandollo al paese diLeuante con diece migliaducati, per comperar vicauali. Il Buffone aggiunsequesto atto nel suo libro.stimandolo pazzia. Qualchedi dopo il Re Alfonsodomando al Buffone a vederesuo libro, per cio chev'era assai tempo che eglinon l'haueua veduto. Legendodentro, truouo infine di quello l'historia dilui e del Moro e d'i diecemiglia ducati. Il Re sdegnatodomando a questopazzo, perche egli l'haueuaposto dentro suo libro?Per cio (disse il Buffone)che tu hai fatta vnagran pazzia, d'hauer datii dinari tuoi a vno forestiere,che tu non vederaigiamai. E se egli ritorna(disse il Re) e mena icaualli, che pazzia è quellaa me? Al'hora che essosara ritornato (disse ilBuffone) io sfaciaro tuonome del libro, e vi porroil suo: per che al'hora luisara piu pazzo di te. |
| Vn Seigneur Italien surnomméle grand Capitaine, s'estantmis à table, et voyant deuxgentilz hommes qui auoyenttresbien seruy à la guerre, estredebout en la sale, par ce queles sieges estoyent occupez, seleua à l'instant et feit leuertous les autres et faire placeà ces deux là, en disant.Donnez lieu à ces deuxgentilz hommes pour manger:car s'ilz n'eussent esté en lacompagnie, nous autres n'aurionsmaintenant que manger. | Vn signore Italiano,cognominato il gran capitano,essendosi posto amensa, e vedendo duoi gentilhuomini,quali haueuanomolto bene seruito inguerra, stare in pie nellasala, per cio che le sedieerano tutte occupate, leuosisubito, e fece leuaretutti gli altri, e fare luogoa quelli duoi, dicendo.Date luogo a questi duoigentilhuomini per mangiare:perche se essi non fosserostati nella compagnia,noi altri non haueressimoadesso che mangiare. |
| Le Marquis Federic deMantoue, seant à table entreplusieurs gentilz hommes, l'vnd'eux, apres qu'il eut mangétout vn potage, se meit àhumer le brouët qui en restoit,disant par vne maniered'excuse. Monseigneur,pardonnez moy: Soudainementle Marquis luy respondit,demandez pardon aux pourceaux:car à moy vous n'auez pointfait d'iniure. | Federico, Marchese diMantoa, sedendo in mensafra parechi gentilhuomini,vno d'essi, dopo chehebbe mangiato tutta vnamenestra, si puose a beuereil brodo che restaua,dicendo per certa manierad'iscusatione. Monsignore,perdonatemi. Subitoil Marchese gli respose,domandate perdono ai porchi: perche a me voinon hauete punto fattaingiuria. |
| Le Seigneur Ian de Gonzagueiouant et perdant son argentà trois dez, vit que son filzAlexandre se faschoit de laperte: lors dit à aucuns gentilzhommes là presens. On trouuepar escrit que Alexandre legrand lors qu'il estoit enfantploura pource qu'il entendoitque le Roy Philippes son pereauoit obtenu la victoire d'vnebataille, & conquis vn Royaume.Et quand il fut interrogué,pourquoy il plouroit, il respondit:que son pere gaigneroit tant depaïs, qu'il ne luy laisseroit rienà gaigner. Tout au contraire(dit il) Alexandre mon filz estprest à plourer, voyant que ieperds, pource qu'il douteque ie perd tant, que ie neluy laisse rien à perdre. | Il signore giouanni diGonzaga giogando e perdendoi suoi dinari a tredadi, vide che il suo figliuoloAlessandro si stizzauadella perdita. Al'horadisse ad alcuni gentilhuominiiui assistenti. Sitruoua in scritto che Alessandromagno, quandoera puto, pianse per cioche intendeua che il RePhilippo suo padre haueuaottenuto vna vittoriad'vna bataglia, e aquistatovn reame. E quandofu interrogato percheegli piangeua, rispose: cheil suo padre guadagnarebbetanto paese, che nongli lassarebbe niente a guadagnare.Ma Alessandromio figliuolo è tutto al contrarioperche lui vuol piangere,vedendo che io perdo:dubitando che io nonperdi tanto, che io non glilassi niente a perdere. |
| L'Euesque de Seruie, pouressayer la volonté du Pape,et obtenir de luy quelque chose,luy dit, Pere saint, on dit partoute la ville de Rome et aupalaix, que vostre sainteté m'hafait gouuerneur de Rome. LePape respondit, Laissez lesdire, ce sont mauuaispaillards, et n'en ayez point dedoute: car vous trouuerezqu'il n'en est rien. | Il Vescouo di Seruia, pertentare la volontà del Papa,e ottenere da lui qualchecossa, gli disse. Patersancte, dicono per tutta lacità di Roma, e in palazzo,che la Santità vostram'ha fatto Gouernatoredi Roma. Rispose il Papa.Lassate dire a loro, egli sonocattiui ribaldi, e no nehabbiate punto da temere,perche voi truouareteche non sara cossi. |
| L'excellent peintre Raphaeld'Vrbin, escoutant deuxCardinaux, dont il estoitpriué, lesquelz pour le faireparler reprenoyent en sa presencela faute, en vn tableau, qu'ilauoit fait, ou saint Pierre etsaint Paul estoyent peints: etdisoyent, que ces deux imagesauoyent le visage trop rouge:Il respondit soudainement.Messeigneurs ne vous esbahissezpoint pour celà: car ie les aypeints ainsi qu'ilz sont au ciel,et ceste rougeur leur vient dela honte qu'ilz ont de voirl'Eglise ainsi mal gouuernée partelz hommes que vous estes. | L'eccellente pittore Raphaeled'Vrbino, ascoltandoduoi Cardinali, da cuiegli era familiare, i qualiper farlo parlare riprendeuanonella sua presential'errore che esso haueuafatto in vn quadro, douesanto Pietro e santo Pauloerano dipinti: e diceuanoche queste due imaginihaueuano il viso tropporozzo: egli subito rispose.Signori miei, non vimarauigliate punto perquello: perche io gli ho dipinticossi come egli sonoin cielo. E questo rozzorviene loro della vergognache egli hanno di vederela Chiesia cossi mal gouernataper tali huomini chevoi siete. |
| Loys Sforce estant au chasteaude Milan, et sentant venirl'armée du Roy Loys douziémepour l'assieger, demanda àMesser Sico, son Chancellier,quelle chose pourroit garder &deffendre son chasteau contreles Francois, il respondit:l'Amor de gli huomini. Le Ducespluchant trop ceste parolle,sachant iceluy Chancellier estrebien aymé des Milannois,entra en souspson de luy, qu'ilne luy ostast sa principauté.Et pour mettre son esprit àrepos, luy feit trencher la testesur vn eschauffaut en la placepublique. Le Chancellierauant que mourir, secomplaignant de la cruautédudit Loys, dit ces mots.A me il capo, a te il stato. Voulantdire, tu me fais oster lateste: mais on t'ostera laSeigneurie. Cela fut verifié:car tost apres ayant perdul'estat et chasteau de Milan,fut mené prisonnier en France. | Lodouico Sforza, essendonel castello di Milano,e sentendo venire l'armatadel Re Lodouicoduodecimo per assediarlo,domandò a Messer Sico suocancelliere, qual cossa puotrebbeguardare e difenderesuo castello contra iFrancesi. Egli rispose. l'amorede gli huomini. IlDuca ruminando troppoquesta parola, sapendo essoCancelliere essere ben amatod'i Milanesi, entro insospitione di lui, che eglinon gli togliesse suo principato:e per por sua mentein riposo, fecegli tagliarela testa sopra vn costellonella piazza publica. IlCancelliere auanti che morire,lamentandosi dellacrudeltade del detto Lodouico,disse queste parole.A me il capo, a te lo stato.Volendo dire, tu mi faitorre la testa: ma ti torrannola signoria. Quellofu cossi perche tosto apresso,hauendo perso lo stato ecastello di Milano, fu menatopriggione in Francia. |
| Le Comte de Nansot, Lieutenantde l'Empereur Charlescinquiéme, ayant assiegé laVille de Peronne tenant pourle Roy Francois: la Roynede Hongrie, seur et Regente despaïs de l'Empereur enuoyalettres audit Comte, quicontenoyent qu'elle s'esbahissoitcomme il estoit si longuementdeuant Peronne, qu'on estimoitn'estre qu'vn petit colombier:Il luy rescriuit, qu'à la veritéce n'estoit qu'vn colombier:mais que les pigeons, quiestoyent dedans, estoyent fortset difficiles à prendre. | Il Conte di Nansoto,luogotenente dello ImperatoreCarolo quinto, hauendoassediata la terra diPerona contra il Re Francesco:la Regina di Hongueria,sorella e Regentedi paesi dello Imperatore,mando lettere al dettoConte, lequali conteneuanoche essa si marauigliauacome egli era tanto tempodinanzi a Perona, cheno si stimaua essere chevno colombaio. Egli rescrissea lei, che in veritànon era che vno colombaio:ma che i pipioni che v'eranodentro, erano molti forti,e difficili a pigliare. |
| On dit qu'vne Duchesse deBourbon, auoit en sa maisonvne Damoyselle, laquelle paramour se laissa aller, & deuintenceinte. Estant arguée etreprise de sa faute, dit pourse purger, qu'vn gentilhomme dela maison l'auoit efforcée etviolée contre son vouloir. Legentilhomme vint en la presencede la Duchesse s'en excuser. LaDuchesse print l'espéed'iceluy, et la bailla en lamain dextre de la damoyselleaccusante, retenant le fourreauen sa main, et luy dit: Mettezl'espée en ce fourreau. Etcomme elle se mettoit endeuoir de l'y mettre, laDuchesse tenant le fourreauvarioit sa main cà, et là,tellement que la damoysellene la peut rengainer. Alorsla Duchesse luy dit. Si vouseussiez ainsi fait, comme ie faisde ce fourreau, vous ne fussiezpas tombée en l'inconuenientou vous estes. | Dicono che vna Duchessadi Borbone haueuain sua casa vna damigella,laquale per amore selasso andare, e diuento grauida.Essendo ripresa perla Duchessa del suo fallo,gli disse per iscusa, che vnogentilhuomo di casa l'haueuasforzata e violata contrasua volunta. Il gentilhuomoviene in presentiadella Duchessa per iscusarse.La Duchessa pigliola spada del gentilhuomoe la diede nella man destradella damigella accusatrice,ritenendo il fodro in suamano: e gli disse. Mettetela spada in questo fodro. Ecome l'altra se poneua indouere da mettercila, laDuchessa tenendo il fodrovariaua sua mano quà, elà, dimodo che la damigellanon la puote ripor dentroal fodro. All'hora laDuchessa gli disse. Se voihauesti cossi fatto, come iofo di questo fodro, voi nonfosti cascata nello inconuenientedoue voi siete. |
| Francois de Borbon Comted'Anguien, estant pour leRoy Francois en Piemont contrel'armée de l'Empereur Charlescinquiéme, dont estoit chef, leMarquis de Guast. IceluyMarquis, manda audit seigneurd'Anguien (qui estoit ieune)qu'il auoit la barbe trop petite,pour auoir la hardiesse de lecombatre. Le Seigneurd'Anguien, luy feit sauoir pourresponce, que les barbes desFrancois ne tranchoyent necombattoyent: ains que c'estoitl'office des espées, aueqlesquelles il cherchoit labataille, laquelle il gaigna. | Francesco di Borbone,Conte d'Anguiano, essendoper il Re Francesco inPiemonte contra l'armatadello Imperatore Caroloquinto, da laquale era capo,il Marchese del Vasto,esso Marchese mando aldetto signore d' Anguiano(ch'era giouene) che eglihaueua la barba troppopicola, per hauere lo hardiredi combaterlo. Il signored'Anguiano gli fece sapereper risposta, che lebarbe di Francesi non tagliauanone combateuano:anzi che questo eral'vfficio delle spade, conlequali egli cercaua la bataglia,laquale vinse. |
| Auant que donner ceste bataillé,qui fut à Serizoles, iceluyMarquis se persuadant lavictoire, donna à vn sien plaisantvne anime dorée, et vn cheuald'Espagne, luy promettant enoutre (pour plaisir, et de grace)cinq cents ducatz pour allerdire les premieres nouuellesde sa victoire à la Marquisesa femme. Il aduint de bonnefortune, que les Francoisgagnerent la Iournée, et futl'armée de l'Empereur desfaitte.Entre les prisonniers Espagnolz,fut trouué ce plaisant duMarquis, lequel, pour estreainsi bien monté et armé, oncuidoit estre quelque grandSeigneur, ou Cheualier, Etestant mené deuant leSeigneur d'Anguien, il leconneut apres l'auoir interrogué,et luy demandant qui l'auoitmis en si bon ordre, il respondit,Monsieur le Marquis, m'hadonné le cheual et les armes,et me deuoit baillerd'auantage cinq cens ducatz,pour aller dire à Madamela Marquise, les premieresnouuelles de sa victoire: maisie croy que le Marquis ha voulugagner son argent luy mesme,et qu'il y est allé en personne. | Inanzi che dar questabataglia, che fu a Cerizole,lo istesso Marchese, persuadendosila vittoria, donoa vn suo mezzo buffonevna anima dorata, evn cauallo di Spagna, promettendolianchora (perpiacere, e di gratia) cinquecento ducati, per andardir le prime nuouelledi sua vittoria alla Marchesasua consorte. Auiennedi buona ventura, chei Francesi guadagnoronola giornata, e fu l'armatadello Imperatore disfatta.Fra i prigioni Spagnoli futruouato questo Buffonedel Marchese, il quale,per essere cossi ben a caualloe armato, stimauanoessere gran signore, e essendocondutto d'inanzi alsignore d'Anguiano, eglilo conobbe dopo che l'hebbeinterrogato, e domandoglichi l'haueua puostocossi ben in ordine, rispose.Monsignor il Marchese,m'ha dato il cauallo el'arme, e oltra di questomi doueua dare cinquecento ducati, per portar ala Marchesa, le prime nuouelledi sua vittoria. Maio credo che il Marcheseha voluto guadagnaresuoi dinari lui medesimo,e che egli v'è andato inpersona. |
| Le Roy Loys vnziéme, ayantdonné charge à Balue, Euesqued'Eureux, d'aller faire etreceuoir la monstre deshommes d'armes à Paris: leSeigneur de Chabannes,Grand Maistre de France,requist au Roy, luy donnercommission d'aller reformer lesChanoines de l'Eglise d'Eureux.Ceste charge (dit le Roy)ne vous est propre nyconuenable. Cela appartientaussi bien à mon estat (ditChabannes) comme à l'Euesqued'Eureux, d'aller mettre ordreen vne gendarmerie. | Il Re Lodouico vndecimohauendo data comissionea Balua, vescouod'Eureuzzo, d'andaree riceuere la mostra d'ihuomini d'arme, a Parigi:il signore di Chabannes,Gran maestro di Franciasupplico al Re darli comissionedi andar riformarei Canonici della chiesiad'Eureuzzo. Questo carico(disse il Re) non è avoi proprio, ne conueneuoleQuello conuiene cossibene al mio stato (disseChabannes) come al Vescouodi Eureuzzo, d'andarpor ordine in vna gendarmeria. |
| Vn Roy d'Angleterre voyantdeux gentilzhommes se vouloircombattre à outrance, pour lesarmoyries de leurs maisons (cartous deux portoyent vn chefde Taureau en leur escu)deuant qu'ilz entrassent aucamp de bataille, appella l'vnet l'autre, chacun à partsecrettement, et leur dit: A ceque ie puis voir et entendre,vne seule chose vous induit àcombattre, c'est que l'vn nepeut souffrir, que l'autreporte les armes de sa famille.Si donques ie puis tant faire,que vostre aduersaire portearmoyries differentes desvostres, estes vous pas contensde vous abstenir du combat?Quand chacun d'eux separéementse fut consenty, le Roy par vnHeraut feit crier, qu'il auoittrouué le moyen de les accorder,et que leurs armoyries estoyentdiuersifiées: car de là enauant, l'vn porteroit vneteste de Thoreau, et l'autrevne teste de Vache. | Vn Re d'Inghilterravedendo duoi gentilhuominivolersi combattereostinatamente, per l'armedelle case loro (percheambeduoi portauano vncappo di Toro nello scudoloro) auanti che essi entrasseroin campo di bataglia,chiamò l'vno el'altro ciascheduno a partesecretamente, e disse loro.A quello che io possovedere e intendere, vnasola cossa vi induce alduello: ciò è che l'vno nonpuò comportare, che l'altroporti l'arme di sua famiglia.Se donque io possotanto far che vostro auersarioporti arme differentidelle vostre, non siatevoi contenti di asteniruidal duello? Quando ciaschedunodi loro separatamentehebbe consentito,il Re per vno Heraldofece gridare, che egli haueuatruouato il modod'accordargli, e che l'armeloro erano diuersificate:perche de là inanzil'vno portarebbe vna testadi Toro, e l'altro vnatesta di Vacca. |
| Plaisante altercation se meut enla presence du Duc Sforcede Milan, qui estoit à prefereret digne de plus grand honneur,ou l'Aduocat, ou le Medecin:car disoit l'vn, l'Aduocatplayde les causes pour laconseruation du droit, etaugmentation du bien priué etpublique. Le Medecin (ditl'autre) par son sauoir entretientl'homme en sa santé, et luyoste la maladie. Sur cedebat, le fol du Duc presentva dire. S'il plait auDuc que i'en die mon aduis,ie vous mettray d'accord.C'est bien la raison (dit leDuc) dis en ton opinion.Seigneurs (dit le fol) voyezvous pas ordinairement, quequand on meine vn larronpendre au gibet, le larronva le premier, et le bourreauchemine apres? | Piaceuole altercationesi mosse in presentia delDuca Sforza di Milano:che era a preporre, e degnodi maggior honore,o l'Auocato, o il Medico.Perche (diceua l'vno)l'Auocato litiga le causeper la conseruatione deldritto, e augmento delben priuato e publico. IlMedico (diceua l'altro)per suo sapere tratienel'huomo in sua sanità, egli caua la malatia. Insu quella controuersia ilBuffon del Duca presentedisse. Se piace al signorDuca che io ne dica ilmio parere, io vi porròd'accordio. E ben ragion(disse il Duca) di ne purtua opinione. Signori,disse il Buffone, vedetevoi punto ordinariamente,che quando menanovn ladro impiccare alleforche, il ladro va il primo:e il boia caminaappresso? |
| Alphonse d'Aragon, Roy deNaples, nauigeoit en venantde Sicile, et auoit aueq soyaucuns fauoris, qu'il auoit prinspour compaignie: lesquelz auoyentaccoustumé la matinée d'allerfaire la reuerence au Roy surla pouppe: là ou luy s'estantvne fois amusé vne espace detemps à regarder certainsoyseaux de mer, qui voloyentautour de la Galere, attendansqu'il tombast quelque mietteen l'eau, dont iceux qui laprenoyent, soudainement s'enfuioyent la portant en leurbec: le Roy ayant veu cela, setourna deuers ceux qui estoyentaueq luy, disant. Semblablesà ces oyseaux sont aucunsfauoris et courtisans miens:lesquelz soudain qu'ilz ont eu demoy quelque office ou benefice,me tournent les espaules. | Il Re Alfonso Re di Napoli,nauigaua venendodi Sicilia, e haueua secoalcuni fauoriti, che s'haueapreso in compagnia:iquali haueuano per vsanzala matina d'andare afar riuerenza al Re sullapoppa. Doue stando eglivna volta per vn granpezzo a guardare certivccei marini, che volauanointorno alla Galea,aspettando che cadessequalche minuzzolo inacqua, e qual di loro lopigliaua, prestamente sene fuggiua con esso in bocca:il Re hauendo cio veduto,si riuolse a color,ch'eran seco, dicendo: similia questi vccelli sonoalcuni fauoriti e cortigianimiei, iquali subitoche hanno hauuto da mequalche vfficio o beneficio,mi volgon le spalle. |
| Lon lisoit par deuant le Roy,que les Harpyes souloyenthabiter aux Isles: et y auoitlà vn certain Sicilien, quimonstroit ne prendre plaisirà cela. Parquoy Alphonse luydit. Mon amy ne te faschepoint de ce propos: car lontrouue que les Harpyess'ostarent des Isles, et allerentdemeurer en la Court desRoys: là ou elles fontmaintenant leur demeurance. | Leggeuasi dinanzi alRe, che le Harpie soleuanohabitar nell'isole, eera quiui vn certo Siciliano,che mostraua d'hauerloper male. PercheAlfonso gli disse: non farceffo, amico. Perciochesi truoua, che l'Harpie sileuarono dell'isole, e andaronoa stare nelle corti:e quiui hanno hora la lorostanza. |
| Passant Alphonse vers Capueaueq le camp, certain soldattout en colere luy vint audeuant en la place, & prenantla bride du cheual feitarrester le Roy: et ne lelascha iusques à ce que premieril n'eust deshonnestement dit,ce qu'il luy sembla contre leRoy: lequel (tout armé qu'ilestoit) sans point se troublers'en alla par son chemin, etne regarda tant seulementce villain là. | Passando Alfonso daCapua con l'esercito, vncerto soldato tutto adiratose gli fe incontro sullapiazza, e presa la brigliadel cauallo fece fermareil Re: ne prima lolasciò, ch'egli hebbe dishonestamentedetto ciòche gli parue contra ilRe, ch'era anch'egli armato.Ilquale senza puntoturbarsi andò per lasua via, ne pur guardòquel villano. |
| Ce pendant qu'il estoit à table,vn certain vieillard fort eunuyeuxet estrange, luy rompoit de tellesorte la teste, qu'à peineauoit il commodité de manger.Dont le Roy cria, disant,que la condition des Asnesestoit de beaucoup meilleure,que celle des Roys: pourceque quand ilz mangent, lesmaistres leur vsent derespect: et nul n'en vse alorsenuers les Roys. | Mentre ch'egli era atauola, vn certo vecchiomolto satieuole e strano,gli toglieua di tal manierail capo, ch'a penahaueua commodità dimangiare. Doue il Regridò dicendo, che la conditionede gli Asini eramolto migliore, che quellade gli Re: per cio chequando essi mangiono, ipadroni vsan rispetto: ea gli Re niuno. |
| Le Roy Alphonse vsa lesvestemens et habillemens de sapersonne, si temperée, et simodestement, qu'en cela iln'estoit gueres different de sonpopulaire. Et souuentefois souloitdire ces paroles: qu'il desiroitde sembler plus tost Roy encoustumes et autorité, qu'en lacoronne, et aux robbes. | Vsò il Re Alfonso i vestimentie gli habiti dellasua persona, tanto temperata,e modestamente,che in cio non fu moltodifferente da suoi popolari.E spesse volte soleuadire queste parole, ch'eglidesideraua di parerpiu tosto Re ne costumi enella autorità, che nellacorona, o nelle vesti. |
| Le Roy susdit alloit contre Capue:et luy estant tout premier enchemin, trouua vn Asnier quipleuroit, et demandoit ayde, en serecommandant à ceux qui passoyent:pource que luy estoit cheu aubourbier, vn asne chargé defarine. Lors le Roy descenditde cheual, et ensemble aueq lepaïsant, cestuy par la queuë, etle Roy par deuant, tirarentl'asne hors de la fange. Arriuapuis là la famille, lesquelz semeirent à le nettoyer: car ils'estoit emboué. Dont l'Asnier,qui au commencement n'auoitpas conneu le Roy, demy esbahyluy demanda pardon. La chosefut d'assez peu d'importance:mais neantmoins reconciliaaueq le Roy aucuns peuplesdi Terrra di Lauoro. | Andaua il Re contraCapua: e essendo egli ilprimo nel camino, truouòvno Asinario che piangeua,e domandaua aiuto,raccomandandosi a coloroche passauano, percioche egli era cadutonel fango, vno asino caricodi farina. Scese eglidunque da cauallo, e insiemecol villano, egli perla coda, e'l Re dinanzicauarono l'asino fuor delfango. Giunse poi quiuila famiglia, e la cortedel Re, che si misero anettarlo, perch'egli eratutto intriso. Onde l'Asinario,che prima non haueuaconosciuto il Re,mezzo sbigotito gli chieseperdono. Fu la cossad'assai poca importanza,ma non dimeno riconciliòcol Re alcuni popolidi Terra di Lauoro. |
| Auoyent esté desrobbez à vndocteur qui auoit nom MonsieurTrispon, trois cens ducatzAlphonsins: lesquelz luy estoyentdemeurez sans plus, du dot desa femme. Et pource demeuroitfort fasché, d'autant qu'il auoitencores sa femme viue, qui estoitlayde plus que peché. Ditalors le Roy entendant. Estoitassez meilleur pour luy que leslarrons luy eussent desrobbésa femme, que les deniers. | Erano stati rubati avn dottore, ch'hauea nomeMesser Trispone, trecentoducati Alfonsini,iquali gli eran rimasi senzapiu, della dote dellamoglie: e per cio stauamolto di mala voglia, tantopiu ch'egli haueua anchoraviua la moglie,ch'era brutta piu che'lpeccato. Disse all'hora ilRe cio intendendo: eraassai meglio per lui, che iladri gli hauessero piu tostotolta la moglie, che idinari. |
| Souloit dire le Roy Alphonse,que quand il, ou n'eust paseu, ou ne feust esté pour auoiraucun autre Royaume, neaucune autre Prouince que laCalabre, soudainement l'auroitlaissée: et plus tost auroit vouluviure particulier et citoyen, que(en estant Seigneur, ou Roy)comporter les lourderies de ceuxlà, lesquelz n'auoyent rien autrechose de l'homme, que la figure. | Soleua dire il Re Alfonso:che quando egli, o nonhauesse, o non fosse stato perhauere niuno altro Regno,ne niuna altra Prouincia,fuor che la Calabria,subito l'hauerebbe lasciata:e piu tosto sarebbevoluto viuere priuato ecitadino, che anchora cheSignore, o Re comportare legofferie di coloro, iquali nonhaueuano altra cosa d'huomo,saluo che la figura. |
| Le Roy faisoit lire dans virgilela mort de Dido: et cependant qu'on la lisoit, vint vngrand tremblement de terre.Parquoy tous ceux qui estoyentlà estoyent esbahis, & aueq grandpeur. Dont le Roy les voyantainsi estonnez, leur dit. Vousne vous deuez point esmerueiller,si la terre tremble à la mortd'vne si grand' Royne. | Faceua il Re leggere inVergilio la morte di Didone,e mentre che si leggeua,venne vn gran terremoto:e perciò tutti coloro,ch'eran quiui, stauanosbigottiti, e con gran paura.Perche il Re vedendolicossi stare, disse loro. Voinon douete punto marauigliarui,se la terra tremanella morte di cossi granRegina. |
| Alphonse souloit dire, qu'il desiroitfort que chacun de ses vassauxfeust esté Roy: à fin que euxpuis aprez, comme ceux quiauroyent experimenté de regnerconneussent les occupations ettrauaux des Princes: et quepossible cela les garderoitqu'ilz ne seroyent plus siennuyeux et importuns. | Vsaua Alfonso dire,ch'egli desideraua molto,che ciascun de' suoi vassallifosse stato Re: accioch'eglino poi, si come quelliche l'hauessero prouato,conoscessero le occupationie trauagli de' Principi.Per cio che in questomodo solo forse, eglino nonsarebbono piu stati tantosatieuoli e impronti. |
| Voulant le susdit Roy renouuellerce tresbeau chasteau de Naples,se feit apporter le liure deVitreuue, qui traitte d'architecture,lequel soudainement, luy futporté, sans carton, & couuerture,& sans aucun ornement. Lequelquand le Roy l'eut veu, dit,qu'il ne conuenoit pas bien, quece tresbeau liure, lequel tantbien nous enseigne comment nousnous deuons couurir, feust ainsidescouuert. Et lors soudain lefeit tresbien relier et couurir. | Volendo il supradettoRe rinouare quel bellissimocastello di Napoli, si fecearrecare il libro di Vitruuio,che tratta d'architettura.Gli fu portatodunque subito Vitruuio,senza asse, e senza alcunoornamento. Ilquale comeil Re hebbe veduto, disse,ch'egli non istaua bene, chequel bellissimo libro, ilqualecon tanta leggiadriaci insegna, come dobbiamocoprirci, andasse scopertoegli: e cossi subito lo fecebenissimo coprire. |
| Ianosso Manetti Ambassadeurdes Florentins, faisant vnelongue et tresbelle oraison auditRoy: ce pendant qu'il larecitoit s'esmerueilla fort del'attention et patience du Roy:lequel la luy voyant reciterne luy auoit iamais osté laveue de dessus, ne bougé lesmains. Mais sur tout iugeadigne de memoire cecy, ques'estant soudain despuis lecommencement de l'oraison arrestévne mousche sur le nez duRoy, il ne l'auoit iamaischassée, iusques à tant quel'oraison fut acheuée. I'ay voulufaire memoire de ceste chose,pource que ie me souuiensd'auoir leu Homere, qui parmyles batailles des Dieux descritl'importunité de la mousche. | Gianozzo ManettiImbasciadore de Fiorentini,facendo vna luongae bellissima oratione alRe: mentre la recitaua simarauigliò molto dell'attentionee patientia delRe: che vedendolo recitarenon gli hauea maileuati pur vn poco gli occhid'adosso, ne pur mossole mani. Ma sopra tuttogiudicò degno di memoriaquesto, ch'essendosisubito fin dal principiode l'oratione fermatavna mosca sul naso alRe, esso non l'hauea maicacciata, fin che l'orationenon fu finita. Io hovoluto far memoria diquesta cossa, perche io miricordo hauer letto Homero,che fra le batagliede gli Dei descriuela importunitade dellamosca. |
| A vn certain Iaques TedesqueChrestien, mais nay des Iuifz,lequel auoit monstré au Royvne figure de relief, d'or, desaint Ian: et luy en demandoit(s'il la vouloit achepter) cinqcens ducatz: respondit en cestemaniere. Or n'es tu pasbien vn lourdaut, et de longuedistance, different de tespredecesseurs, de demandertant de la figure du discipleet seruiteur: de ce qu'eux nevendirent que trente deniers, lemaistre dudit saint Ian, etSeigneur et Roy des Iuifz. | A vn certo Iacopo ThedescoChristiano, ma natodi Giudei, ilquale haueamostrato al Re vnafigura di rilieuo, d'oro, disan Giouanni: e glie nechiedeua, volendola comperare,cinque cento ducati:rispose in questo modo.Or non sei tu vn goffo,e di gran luonga distanza,differente da tuoi maggiori,chiedendo tanto dellafigura del discipolo eseruo, doue eglino nonvenderono piu che trentadinari, il maestro d'essoGiouanni e Signore e Rede Giudei? |
| Lon demanda vne fois au Roy,qu'est ce que luy sembloitestre l'honneur sans l'vtilité.A quoy il respondit, que celaluy sembloit estre ne plusne moins, comme si quelcunauoit tresbonne et aiguë veuë,laquelle pour estre empeschée dela brouïne ou broullas, nepeust rien voir. | Fu domandato vnavolta al Re, quel che glipareua che fosse l'honoresenza l'vtilità, rispose:che cio gli pareua esserene piu ne meno, come sechi chesia hauesse buonissimae acuta vista, maper essere offeso dalla nebbia,non potesse vedernulla. |
| Lon demanda vn iour au RoyAlphonse, pourquoy c'est queles goutteux raillent tant? Eten se iouant il dit, que lesgoutteux pour auoir mal auxpiedz ne peuuent pas cheminer: &pourtant plus souuent se seruentilz de la langue comme pour vncertain acte de cheminer. Et outrecela disoit, que quand Enniusauoit les gouttes, alors souloitil bien et copieusement poëtiser. | Essendo domandato alRe Alfonso, perche i gottosicicalano tanto, disseburlando: che i gottosiper hauer male a piedinon possono caminare, eper cio piu spesso si seruonodella lingua come pervn certo atto di caminare.E oltra di questo disse,che quando Ennio haueuale gotte, all'hora soleuabene e copiosamentepoetare. |
| Aux Catalans, lesquelz reputoyentchose tresbien faitte, qu'estantle Roy encores Ieune, luy feussentdonnez sept hommes pourgouuerner les choses publiques:Lesquelz craignissent Dieu,aymassent la Iustice, tinsentleurs desirs bridez, et nes'esmeussent point par dons,ne presens: Alphonse loualeur conseil, et dit. Mes amys,se vous me donnez, ie ne dispas sept, mais vn homme seulde ceste sorte, plus quevolontiers ie luy donraysoudainement le gouuernement,et mon Royaume. | A Catalani, iquali riputauanocossa benissimofatta, ch'essendo il Reanchora giouanetto glifossero dati sette huominida gouernar le republiche,iquali temessero Dio,amassero la giustitia, tenesseroi loro desiderij afreno, e non si muouesseroper doni, ne per presenti:Alfonso lodò il lor consiglio,e disse: amici miei,se voi mi darete, non dicosette, ma vno huomo solodi questa sorte, io piu chevolentieri gli darò subitoil gouerno, e'l regno mio. |
| Vn villageois auoit porté du grainpour vendre au marché, àVille neuue d'Austriche: etce pendant qu'il estoit allé àl'hostellerie, luy fut desrobbévn cheual de charrette: de sorteque la querelle de ce larcin allapardeuant l'Empereur Federic:Lequel dit au villageois qu'ileust à nommer celuy qui auoitfait le furt. Le païsantrespondit, qu'il sauoit bien queon l'auoit desrobbé à Villeneuue, mais qu'il ne connoissoitpas le larron. Parquoydemeurans suspens lesConseillers à vouloir faireconiecture, si à l'aduentureaucun feust venu en soupson,l'Empereur dit. Ie m'esbahiscomment le païsant n'haencores perdu l'autre cheual:d'autant qu'il y ha auiourd'huyplusieurs Cheualliers en cesteville, qui ont besoin de cheuaux.Respondit alors le villageois.Sacrée Maiesté, l'autre estvne Iument, qui ne seruiroitde rien pour vn homme de guerre.Dit adonques l'Empereur.Monte sur ceste Iument là,et va t'en par toutes les ruesde la cité: car le cheual qu'ont'ha desrobbé est caché enquelque estable: lequel incontinentqu'il sentira la Iument sacompagne, commencera à hennir.Le païsant obeït: trouua lelarcin, et le larron fut puny.Il faut donques que tous ceuxqui rendent droit non seulementsoyent iustes, mais encorestressubtilz et prudens. | Haueua vn contadinoportato d'il grano da vendereal mercato, a Cittànuova d'Austria, e mentrech'egli era ito all'hosteria,gli fu rubato vncauallo della carretta:doue che la querela diquel furto andò inanziallo Imperator Federigo.Ilquale disse al contadino,che douesse nominarecolui, che hauea fatto ilfurto. Il contadino rispose,che ben sapeua d'esserestato rubato in Cittànuova, ma non conosceuagia il ladro. Perche standosospesi i Consiglieri avolere far congiettura, seper auentura cui che siafosse venuto in sospetto:disse l'Imperatore, io mimarauiglio piu tosto, comeil contadino non habbiaancho perduto l'altrocauallo, tanti caualierisendo hoggi in questacittà, che hanno bisognodi caualli. Soggiunse all'horail contadino, l'altraè una caualla, laqualenon seruirebbe anulla per huomini di guerra.Disse adunque l'Imperatore,monta su quellacaualla, e vatene pertutte le vie della Città:perche il cauallo rubatoè nascoso in qualche stalla,ilquale si tosto che sentiràla caualla sua compagna,comincierà a rignare:Vbidi il contadino,e in quel modo fu truouatoil furto: il villanorihebbe il suo, e'l ladrofu punito. Bisogna adunque,che tutti coloro cherendono ragione, non solamentesian giusti, maanchora acutissimi e prudenti. |
| Auoyent esté portez à l'EmpereurSigismond, quarante mileducatz d'Hongrie sur l'heuredu soir: lesquelz deniers furentreposez en la chambre Royalle.Despuis que l'Empereur s'enfut allé coucher, ce pendantqu'il demeuroit pensant ce qu'ilauoit à faire de ces deniers, il nepouuoit prendre son sommeil.Parquoy resueilla tous sesChamberlans et leur dit. Allezmoy appeller tout maintenanttous mes Conseilliers, et mesCapitaines et Barons & faittesles moy venir, et tous esbahisqu'il furent (pource qu'ilzcraignoyent que ne feustentreuenu quelque desordremesmes à telle heure) vistementallerent trouuer l'Empereur,et luy demanderent, pourquoy illes auoit faits appeller en sigrand' haste. L'Empereursoudainement ayant ouuert soncoffre, & distribuant les deniersà ceux qui estoyent venus, dit.Allez vous en au nom dedieu: ie dormiray maintenantseurement et en repos: car cequi m'auoit osté le sommeil,s'en va maintenant aueq vous. | Erano stati portati all'ImperatorGismondo,quaranta miglia ducatid'Vngheria sull'hora dellasera, iquali dinari furonorisposti nella camerareale. Poi che l'Imperatorefu ito a dormire,mentre ch'egli staua pensandocio ch'egli haueuaa fare di quei dinari, nonpoteua pigliare il sonno.Perche risuegliando i suoiCamerieri, disse: andatetosto, e fatemi venir quii miei Consiglieri, e i Capitanide soldati. I Baronichiamati da mezzanotte tutti sbigottiti (percio che temeuano, chenon fosse interuenuto qualchedisordine) prestamenteandorono a truouarl'Imperatore, e gli domandorono,perche glihauesse fatti chiamarecon tanta fretta. L'Imperatoresubito aperta lacassa, e distribuendo idinari fra coloro ch'eranvenuti, disse: andateuicon Dio: ch'io voglio puoteresicuro e riposato dormire.Per cio che quelche m'hauea tolto il sonno,se ne viene hora conesso voi. |
| George Fistel, estant Docteur,se feit faire Cheuallier parl'Empereur Gismond. Estantpuis allé au Concile de Basle,là ou l'Empereur auoit faitassembler son conseil pour chosesd'importance, ne se sauoitresoudre, s'il se deuoitaccompagner aueq Docteurs deloix, qui estoyent tous ensembleen vn lieu: ou bien s'il semettroit aueq les Cheualiers,qui estoyent separez en vn autrelieu. Et finalement il s'allamettre entre les Cheualiers.Dont l'Empereur luy dit.Vous faittes follement, devouloir preferer les armes auxlettres. Car en vn iour ieferois mile Cheualiers: eten mile ans ie ne pourroispas faire vn Docteur. | Giorgio Fistello essendoDottore, si fece far Caualieredall'ImperatorGismondo. Essendo poi itoal Concilio di Basilea,doue l'Imperatore haueafatto raunare il suo consiglioper cosse importanti:non si sapeua risoluere,s'egli si doueua accompagnarecon dottori di legge,ch'erano tutti insiemein vn luogo, o se pure eglisi metteua fra i caualieri,ch'erano separati invn altro. E finalmenteando a porsi fra i caualieri.Perche l'Imperatoregli disse: voi fate dapazzo, a volere mettereinanzi l'armi alle lettere.Per cio che io fareiin vn di mille caualieri,e in mille anni non potreifar vn dottore. |
| Souloit dire l'Empereur Gismond,que ceux qui moderéementcomportent les mocqueries,sont sages: et ceux quitrespromptement se sauentmoquer, ingenieux. | Vsaua dire l'ImperatoreGismondo, che coloroche temperatamente comportanole burle, son saui:e quegli che prontissimamentesanno burlare,ingeniosi. |
| Lyonard Felseschio estoit allé àla cité de Lipsi, en laquelle lespeuples de Sassonne vont pourapprendre les sciences liberales.Or demandant à vn sien cousingermain, qui estoit alors là auxestudes, comment c'estoit qu'ilauoit fait bon fruit aux lettres:vn galant homme, qui leconnoissoit fort bien, et estoitson coadiuteur et compagnon,dit. Vostre amy se porte bien,& est paruenu vn grand vaillanthomme: pource que entre mileet cinq cens escoliers quesommes en ceste vniuersité, ilemporte l'honneur de boire.Celuy pensoit de luy donnervne tresbonne nouuelle: pourceque les Sassons ont pourcoustume, quand ilz se treuuentensemble, de faire asseoir aupremier lieu, ceux qui boiuent lemieux, et ceux là sont lesplus honnorez entre eux. | Lionardo Felchechio,era ito alla città di Lips,nella quale i popoli di Sassegnavanno a impararel'arti liberali. Ora domandandoegli d'vn suofratel cugino, ch'era all'horaquiui a studio, comeegli hauea fatto buonfrutto nelle lettere: vn galantehuomo che lo conosceuabenissimo, e era suocoadiutore e compagno,disse, l'amico vostro stabene, e è riuscito vn granvalent'huomo. Per cioche fra mille e cinque centoscolari che siamo inquesto studio, esso porta ilvanto di bere. Pensò coluidi dargli vna buonissimanuoua: Perche i Sassonihanno per vsanzaquando si ragunano insieme,di mettere a sedereal primo luogo coloroche piu beuono: e questitali sono i piu honorati fraloro. |
| En la guerre que auoit le Papeau camp de Picene, estant vnefois necessaire de venir àcombattre, de sorte qu'il falloitou vaincre, ou estre vaincu. LeCardinal d'Espagne exhortoitsa gendarmerie, à ce qu'elle sevoulust mettre au danger dela vie, pour son Seigneur:affermant que ceux quidemeureroyent en la bataille,auroyent remission de tousleur pechez, et iront disneraueq les Anges de Paradis.Apres auoir dit cela, il separtit de la bataille. Et vn quiestoit là present luy dit. Et toy,Monseigneur, ne t'arrestes tupas aueques nous, pour venirtoy aussi disner aueq les Anges.Le Cardinal luy respondit.A moy, Il n'est pas tempsde manger encores: car iene me sens point encoresd'appetit. | Nella guerra ch'haueuail summo pontifice nelcampo piceno, essendo vnavolta necessario venirealle schiere, in modo chebisognaua, o vincere, o esserevinto. El Cardinaledi Spagna confortaua lagente sua, che volesse voluntieramettersi al periculode l'anima per il suosignore, affirmando che coloroiquali periclitarebenoin tal conflitto, hauerebberemissione de tutti suoipeccati, e andarebbe a disnarecon gli Angioli delparadiso. Doppo cotesteparole se parti dalla pugnavno ch'era li presente.Monsignor disse, comee tu non rimani con noia cio che tu venghi anchorate con Angioli a disinare.El Cardinale glirispose, a me anchora nonè tempo di mangiare, perchenon mi sento anchorahauer fame. |
| L'Euesque de Retio, qu'onnommoit Angelo, appella vnefois les prestres au Sene, etleur commanda, que ceux quiauoyent dignité et degré, yvinssent tousiours aueq leurschappes & cottes, lesquelles sonthabitz sacerdotaux. Vn Prestre,qui n'auoit ne chappe ne cotte,ne pouuoir d'en faire, demeuranten sa maison tout fasché, futinterrogué par vne sienneChambriere, que vouloit dire,tant soudaine tristesse. LePrestre luy racompta lecommandement de l'Euesque.O miserable (dit elle) tun'as pas bien entendu lecommandement. Car il n'yfaut point de chappes ne decottes: mais seulement dechappons cuitz, que tu porteras àl'Euesque, si tu veux accomplirson commandement. Ce conseilluy sembla assez bon, et auoitdu vray semblable. Dontapportant tresbons chappons àl'Euesque, aueq grand' riséefut receu de luy, et loué d'auoirmieux entendu le commandementque tous les autres. | Il Vescouo da Retio,chiamato Angelo, domandovna volta al Sinodosuoi preti, e comandogliche quelli che hauerannodignitade e grado, semprevenessero al Sinodocon cape e cotte, qualesono veste sacerdotale.Vno prete a cui non erane capa ne cotta, ne anchele faculta de farle,standosi a casa di malavoglia, fu domandato davna sua ancilla, che volessedir tanta subita tristitia.Il prete exposeli elcomandamento d'il Vescouo,o misero disse coleinon bene hai inteso el comandamento:pero chenon ce bisogna cape necotte, ma caponi cotti cebisogna, iquali portaraial Vescouo, se voi adimpireil comandamento.Questo consiglio gli parueassai buono e hauead'il verisimile, e portandocaponi ottimi al Vescouo,con grande riso fu recitatoda esso, e comendatohauer meglio intesoel comandamento de tuttigli altri. |
| L'Abbé de Settime alloit àFlorence, et l'heure estoitdesia tarde: il eut pourrencontre vn villageois, à qui ildemandoit si à son aduis ilpourroit entrer à la porte.L'Abbé entendoit de demander,si auant que la porte seserrast, il y pourroit entrer. Levillageois voyant l'Abbé fortcorpulant, se riant de ce qu'ilestoit si gras, luy respondit. Vnchar de foin non seulement toyy estroit bien. | L'Abbate di Settimoandaua a Fiorenza, el'hora era gia tarda: hebbeper scontro vno villano,alquale domandauasi credesse se potere intraredentro alla porta: intendeual'Abbate domandarese potea anze laporta se serrasse, alla portaintrare. El villano vedendol'Abbate molto corpulentonella grossezzasua, iocando rispose, vnocarro di feno non che tugl'intrarebbe. |
| Le iour que Angelot Rommainfut creé Cardinal, estantretourné en sa maison, vnprestre de Laurento, estant toutioyeux et allegre, Luy futdemandé de ses voisins, quevouloit dire si grand' ioyeusetéplus que de coustume: respondit.Les choses vont bien, ie suisen grand' esperance, puisque l'on commence de faireCardinaux, folz et insensez.I'espere apres Angelot, qui estplus fol que moy, que bientost ie seray semblablementfait Cardinal. | El di che Angeloto Romanofu creato Cardinale,tornatosi a casa vnoprete di Laurento, tuttolieto e iocondo pareua. Domandatoda suoi viciniche volesse dir tanta letitiapiu del solito, rispose lecosse vanno bene, io soncon gran speranza, poi chesi incomenzano pazi einsani a farli Cardinale,io spero dopo Angelotopiu matto di me, prestopresto esser parimenteCardinale. |
| Vn lourdant païsan, nomméPierre, ayant trauaillé à laboureriusques à midy, pource qu'ilestoit tout lassé, luy et sesbeufz. Il meit sa charruë surson asne, sur lequel encores ilmonta. Ainsi picquoit ses beufzdeuant. L'asne par tropchargé ne pouuoit pas aller.De laquelle chose il se printgarde, parquoy desmonta dedessus son asne, et meit lacharuë sur ses espaules, puistourna monter, disant àl'asne: or chemine maintenantcar c'est moy, et non pas toy,qui porte la charruë. | Vno rustico grossolanochiamato Pietro, essendoaffaticato ad arare infinoal mezo di, perche eratutto lasso, e lui e suoibuoui impose l'aratro al'asinello, sopra del qualeanchora lui sali: cossicacciaua inanzi gli buoui.L'asinello sotto tantopeso manchaua. De laqualcossa pur se n'auide,perche smonto, missese loaratro suso le spalle, salisopra l'asinello dicendo:asinello, hor puoi tu caminare,perche io, nontu, porto lo aratro. |
| Dante poëte Florentin, quelquetemps demeura aueq Cane del'Eschelle, Prince de Veronne.Des biens & facultez duquel,ledit Dante estoit sustentédu viure. Il y auoit encoresvn autre Florentin à la court,innoble, ignorant, imprudent, &à nulle autre chose conuenable,qu'à risées et ieux, comme vnbadin. Les folies duquel, iene veux pas dire facecies, firentque le Prince le feit presquele plus riche apres soy.Neantmoins Dante lemesprisoit, comme personnevile & tres inepte. Dont cestuyluy dit vn iour. Que veutdire que toy estant Poëte, eten reputation d'homme sage, tues toutefois pauure? et moy,qui suis vn fol et ignorant,suis beaucoup plus riche quetoy? quand ie trouueray(respondit Dante) vn seigneursemblable à mes moeurs, commetu en as trouué vn, semblableaux tiennes: alors seray iecomme toy, et encores plusriche. Tressagement responditDante. Les Seigneurs ontaccoustumé prendre plaisir auxpersonnes à eux semblables. | Dante poeta Fiorentinoalquanto tempo fu appressoCane da la Scalaprincipe de Verona. Dela robba e facultate de'lquale, esso detto Danteera sostentato nel viuere.Eraci anchoravno altro Fiorentino nellacorte ignobile, ignorante,imprudente, e aniuna altra cossa apto,che al ridere, e giochi comehistrione: le cui ineptienon voglio dir facetie,fecero che il principeil fece ricco assai presso dise, non dimeno Dante,come huomo villissimo eineptissimo, il dispregiaua.Perche disse costui,che vol dire che tu sendopoêta, e sauio riputato,sei pero pouero: e io elqual sono pazzo, e ignorante,assai piu di te ricco.Quando, disse Dante, trouaroio vno signore similea miei costumi, comehai trouato, all'hora saroio come te, e piu di tericco. Sapientissimamenterispose Dante, sempresogliono li Signori delettarsidi persone simile daloro. |
| Estant à table, ledit Dante,assis entre le vieil et le IeuneCane de l'Eschelle, lesseruiteurs de tous deuxcauteleusement, pour offenserDante, luy mettoyent audeuant de ses piedz tous lesos. Apres que la table futleuée, chacun s'esmerueilloitvoyant si grand monceau desos deuant les piedz de Dante.A laquelle chose, luy, (commeestoit prompt à respondre) cen'est pas merueille (dit il)si les chiens ont mangé leursos: mais moy, qui ne suis paschien, ay gardé les miens. | Essendo a mensa, essoDante posto tra il vecchioe il giouane Cane dellaScala, gli serui de ambeduecalidamente ad offendereDante, gli poneuanoinanzi alli piedil'ossa. Dopo leuata lamensa, non era chi nonse marauigliasse molto, vedendotanto cumulo d'ossainanzi alli piedi deDante. A laqual cossaesso come soleua pronto alrispondere, non è marauigliadisse, se cani hannomagnato l'ossa sue, ioche non son cane ho seruatole mie. |
| Vn cherchant sa femme, qui s'estoitnoyée dans l'eau, alloitencontre mont de la riuiere.Dont s'esbahissans aucuns,pourquoy il ne l'alloit cherchantselon le cours de l'eau. Iln'est possible (dit le mary)qu'au fil de l'eau on la peusttrouuer, car elle estoit sirebarbatiue, et contraire auxopinions d'autruy, qu'elle nepourroit sinon au rebours de lariuiere aller. | Vno cercando la suamoglie affocata nell'acqua,andaua de reuersoal fiume. Marauigliandosialcuni, perche nonsecondo el corso dell'acqual'andasse cercando.Non è vero disse il marito,che dretto a l'acquase potesse trouare, perchetanto era ritrosa e contrariaalle opinione d'altri,che non potria senon al reuerso del fiumeandare. |
| Vn Cardinal de Conti, hommegras et corpulent, retourné vnefois de la chasse au tempschaud enuiron midy, tout confitde sueur se meit à table pourdisner, commandant qu'on luyfeit du vent. Les seruiteursoccupez en autres choses ne sepresenterent point. Dont ilcommanda à vn Auerardo deLupo escriuain apostoliq, qu'illuy feit vn peu de vent. LequelAuerardo dit. Monseigneur,ie n'en sauray pas faire àvostre mode. Fais à la tienne, &comme tu as accoustumé. (ditle Cardinal) Tresvolontiers(respondit Auerardo) & haussantla iambe dextre luy bailla duvent de derriere. En cestefacon (dit il) i'ay accoustuméde faire vent. | Vno Cardinale di Conti,huomo molto grasso ecorpulento tornando vnavolta di caccia facea grandissimocaldo, circa il mezodi tutto confetto di sudorese misse a mensa perdisnare, adomanda gli siafatto vento. Li serui circaad altri fatti occupatinon se presentano, perchecomanda a vno Auerardode lupo scrittore apostolico,li facesso alquantodi vento. A cui AuerardoMonsignore non saperofare a vostro modo, faal tuo, e come tu suoli.Molto volentiera sia fattodisse Auerardo, e alzandola gamba destra lassossede se vno tono grandissimodi drieto, a cotestomodo disse, io soglio farvento. |
Fin des Facecies.
MOTZ SVBTILZ.
| A qui ne deult, bien escorche. | A chi non duole, ben scortega. |
| A l'aube des Vicontes, quand le Soleil est à my iambe. | A l'alba di Vesconti ch'el Sol è a mezza gamba. |
| A la fumée, à l'eau, & au feu, on fait bien tost lieu. | A fumo, acqua, e focho, presto se fa logo. |
| Au manger, Vita dulcedo, au payer, Ad te suspiramus. | Al magnar, Vita dulcedo, al pagar, Ad te suspiramus. |
| Au temps que les sardines estoyent poissons. | Al tempo che le sarde erano pesci. |
| Assez bien dance, à qui fortune chante. | Assai ben bala, a cui fortuna sona. |
| Assez gaigne, qui putain perd. | Assai guadagna, chi putana perde. |
| C'est vne pierre precieuse enchassée en plomb. | L'è vna gemma ligata in piombo. |
| C'est vn arc de Surian, qui tire aux amis & aux ennemis. | L'è vn arco Surian, che tira alli amici e a nemici. |
| Chacun vogue à la galliote: c'est à dire, tire à soy. | Tutti voghano alla galiota, cio è, tirano a se. |
| Dame Bietrix, qui porte les patenostres, & iamais ne les dit. | Donna Beatrice, che porta i pater nostri, e mai li dice. |
| Dueil de femme morte, dure iusques à la porte. | Doglia di moglie morta, dura infino alla porta. |
| Elle en met cinq, & leue six. | La buta cinque, e leua sei. |
| Espaules d'asne, bouche de couchon, oreilles de marchand. | Spale d'asinello, bocca di porcello, orecchie di mercadante. |
| Ie vois ou le Pape, et l'Empereur, ne peuuent mander Ambassadeur. | Voglio andar, doue il Papa e l'Imperator, non puol mandar Imbasciator. |
| Ie feray le gain de Casset, qui donnoit trois brebis noires, pour vne blanche. | Faro il guadagno di Casseto, che daua tre pegore negre, per vna biancha. |
| Iamais ne fut si beau soulier, qu'il ne deuint layde sauatte. | Non fu mai cossi bella scarpa, che non diuentasse brutta zauatta. |
| Ioye de cueur, fait beau taint de visage. | Allegrezza di cuore, fa bella pelle di viso. |
| Il ha meilleur temps que le chien d'vn aueugle. | Ha meglior tempo ch'el cane d'vn orbo. |
| Il ha mis la grand' bourse dans la petite. | Ha messo la gran borsa nella picola. |
| Il ha le cerueau tourné à gauche. | Ha senestrato il ceruello. |
| Il fait d'vne lance, vne espine, et d'vne chausse, vn bourseron. | El fa d'vna lanza, vna spina, e d'vna calza, vn bursatto. |
| Il est de la complexion de ceux de Chiose, qui doiuent et font adiourner. | E alla conditione de quelli da Chiosa, che debbono dar e fanno commandar. |
| Il est fourny d'entendement, comme vn oyson de creste. | El gh'auanza el senno, come fa la cresta a le ocche. |
| Il est des soldatz de Trenche, qui sont trente six pour arracher vne raue. | E d'i soldati di Trencha, ch'andauano trente sei a cauar vna rana. |
| Il est de la condition des ancres, qui sont tousiours en l'eau, et n'apprennent iamais à nouër. | E alla condition delle anchore, che stanno sempre in l'acqua, e mai imparano a nodar. |
| Il est comme le lieutenant de Senegal, qui commande & fait luy mesmes. | El fa come el Podesta de Senegaglia, che comanda e fa lui stesso. |
| Il desroberoit l'oeuf souz la geline. | El rubareue l'ouo sotto la galina. |
| Il fait comme le Singe, qui ha la bouche plaine, et demande encor à manger. | El fa come la simia, che ha la bocca piena, e domanda anchor da mangiar. |
| Il fut nay la nuit saint Vidal, il ne peut rien apprendre. | E nasciuto la notte S. Vidale, non puol imparar niente. |
| Il ne veut, ne tenir, n'escorcher. | Non vol tenir, ne scortegar. |
| Il ne me voudroit à peine auoir regardé en peinture. | Non me vorria a pena veder depento. |
| Il ne pouuoit manier la farine à son aise. | El non poteua maneggiar la farina a suo modo. |
| Il me voudroit monstrer la Lune dans le puis. | El me vorria mostrar la Luna nel pozzo. |
| Il n'apperceuroit pas vn corbeau en vn seau de laict. | El non vederia vn corno in vn caldin de late. |
| Ilz mangent la lentille aueq la fourchette. | El magna la lente, con la forcinola. |
| Il ne veut pas que les oyes viuent aupres du paillier. | Non vole che le ocche viuano arente el pagliaro. |
| Il paye des talons. | El paga de calcagni. |
| Il iroit en enfer, l'espée au poing. | El andaria a casa del diauolo con la spada in man. |
| Il ne luy souuient despuis le nez iusques à la bouche. | El non se ricorda del naso alla bocca. |
| Il se repute vn Seneque d'Espagne. | El se tien vn Seneca di Spagna. |
| Il se veut cacher dans vn pré fauché. | El se vol ascondere in vn prato segado. |
| Il se noye dans vn verre d'eau. | El s'anega in vn gotto d'acqua. |
| Il se plaint de grasse souppe. | El se lamenta del brodo grasso. |
| Il se cuide seigner, et se met le doigt dans les yeux. | El se crede segnar, e se da d'i ditti nelli occhi. |
| Il va comme vne mouche sans teste. | El va come vna mosca senza capo. |
| Il veut tirer la coleuure du trou, aueq les mains d'autruy. | El vol tirar la bissa del buso, con le man d'altri. |
| Il veut les oeufz & les gelines. | El vol l'oue e le galline. |
| Il vent la peau, deuant qu'il ayt prins l'Ours. | Vende la pelle, prima che habbia pigliato l'Orso. |
| L'abondance des choses, engendre ennuy. | L'habondantia delle cosse, ingenera fastidio. |
| La iambe fait, ce que veut le genouil. | La gamba fa, quel che vol el genocchio. |
| La Brebis qui doit estre au Loup, faut qu'elle luy vienne. | La pegora che deb'esser del Lupo, bisogna che la sia. |
| La mort des Loups, c'est la santé des Brebis. | La morte de Lupi, è sanita delle Pegore. |
| La bonne mere ne dit pas voulez vous. | La buona madre non dice volete. |
| Le moulin est fermé, l'Asne s'esbat. | L'è serrato el molin, l'Asino tresca. |
| Le trop et trop peu, rompt le ieu. | El molto e poco, rompe il gioco. |
| Le feu, l'amour, aussi la toux, se connoissent par dessus tous. | El fuogo, l'amor, e la tosse, sopra tutti se conosce. |
| Le chien eschaudé de l'eau chaude, ha peur de la froide. | El cane scotato dell'acqua calda, ha paura della fredda. |
| Le ieu de la main, desplaist iusques aux poulx. | El giocar de mani, dispiace sino a i pedocchi. |
| Le beau du Ieu, c'est quand on fait et parle peu. | El bel del gioco, è far fatti e parlar poco. |
| Le Loup pleure la Brebis, et puis la mange. | El Lupo piange la pegora, poi la magna. |
| Le chien de vigneron, ne mange les choulx, et s'il ne veut qu'autres en mangent. | El can de vignari, non mangia le verze ne le lassa mangiar ad altri. |
| Le cheual vaut, autant qu'il va. | El caual, tanto val, quanto el va. |
| Le moyne preschoit, qu'il ne falloit point desrober, et luy mesmes auoit l'oye, dans son capulaire. | El frate predicaua che non se douesse rubar, e lui hauea l'occha, nel capulario. |
| Les folz font la feste, et les sages en prennent l'esbat. | I matti fan le feste, e i sauij le galdeno. |
| Les femmes de bien, n'ont yeux n'aureilles. | Le donne da ben, non hanno ne occhi ne orecchie. |
| Mal an, & femme, ne manquent iamais. | Mal'anno, e moglie, non manchano mai. |
| Mieux vaut donner la laine, que l'ouaille. | Meglio è dar la lana, che la pegora. |
| Medecin piteux, fait playe venimeuse. | Medico pietoso, fa piaga venenosa. |
| N'aiouste foy à femme aucune, Elle change comme la Lune. | Non creder a femina alcuna, che la se volta come fa la Luna. |
| Ne femme ne toile, ne prens à lueur de chandele. | Ne femina ne tela, non pigliar a la candela. |
| Ne l'oeil sur lettre, ne la main en bourse d'autruy. | Ne occhi in lettera, ne man in tasca d'altrui. |
| Ne iette tant le tien aueq les mains, que tu ne l'alles chercher aueq les piedz. | Non gettar del tuo tanto con le mani, che tu el vadi poi cercando con i piedi. |
| N'y ha vertu, que pauureté ne gaste. | Non è virtu, che pouer non gasti. |
| Oy, voy, et te tais, si tu veux viure en paix. | Aldi, vedi, e tace, se voi viuere in pace. |
| Once d'estat, liure d'or. | Onza di stato, libra d'oro. |
| On baille bien les offices: mais on ne baille pas l'entendement. | Se danno bene gli vffici, ma non se da il senno. |
| Ou sers comme vn Serf, ou t'enfuy comme vn Cerf. | O serui come seruo, o fuggi come Ceruo. |
| Ou cuit, ou cru, le feu l'ha veu. | O cotto, o crudo, el focho l'ha veduto. |
| Ou est le mal, s'attache la sansue. | Doue è il male, s'appica la sansuga. |
| Ou y ha femmes et oysons, il y ha paroles à foisons. | Doue sono femine e ocche, non se sono parole poche. |
| Peu de sens suffit, à qui fortune dit. | Pocho senno basta, a cui fortuna sona. |
| Plume à plume, on pele l'oye. | Piuma a piuma, se pela l'occha. |
| Pauure la maison, ou les gelines chantent, et le coq se taist. | Trista quella casa, doue le galine cantano, e'l gallo tase. |
| Quand Dieu ne veut, le saint ne peut. | Quando Dio non vol, el santo non puol. |
| Qui pour autre respond, pour soy paye. | Chi per altri promette, per se paga. |
| Qui de geline naist, faut qu'il becque. | Chi de galina nasce, conuien che ruspe. |
| Sept choses pense l'asne, et huit l'Asnier. | Sette cosse pensa l'Asino, e otto l'Asinaro. |
| Toutes les armeures de Bresse n'armeroyent pas la peur. | Tutte le arme da Bressa, non armariano la paura. |
| Trente Moynes et vn Abbé, ne feroyent chier vn Asne outre son gré. | Trenta Monachi, e vno Abbate, non fariano cagar un Asino a mal suo grado. |
| Tu es parent de l'Asne Balaan, qui porte le vin, et boit l'eau. | Tu sei parente de l'Asino di Balaam, che porta el vin, e beue l'acqua. |
| Tu es de la complexion des Nonnains de Gennes, qu'apres qu'elles sont reuenues des estuues, demandent congé à l'Abbesse. | Tu sei alla conditione delle Monache di Genoa, che poi che sono tornate del bagno, domandano licentia all'Abbadessa. |
| Tu enuoyes vn peigne, à vn chauue. | Tu mandi vn pettene a vn caluo. |
| Tu piles eau dans vn mortier. | Tu pesti acqua in vn mortaro. |
| Tu presches au mur, au vent, et à vn sourd. | Tu predichi al muro, al vento, e a vn sordo. |
| Voz paroles tiennent de l'Autruche, qui n'est ne beste, n'oyseau. | Le vostre parole hanno de'l Struzzo, che non è ne bestia ne vccello. |
| Vn oeil à la paesle, et l'autre au chat. | Vn'occhio alla padella, e l'altro al gatto. |
Fin du present Liure.
NOTES DU TRANSCRIPTEUR
On a conservé à l'identique l'orthographe et la ponctuation de l'original, en résolvant toutefois les abréviations par symboles conventionnels (de type Cõme pour Comme).
Certaines erreurs typographiques manifestes ont été corrigées (Logat > Legat, qu'l > qu'il, Chestien > Chrestien, narché > marché, etc.)