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DICTIONNAIRE

HISTORIQUE

UNIVERSEL,

CONTENANT

Les Chronologies de tous les peuples, depuis l'antiquité la plus reculée jusqu'à nos jours, avec une Esquisse de leurs différens cultes; la Chronologie de l'Ancien-Testament; celle des Papes, des Antipapes, des Conciles, des Schismes et des Hérésies, etc.; celle des Hommes célèbres, de tous les siècles, dans les arts et dans les sciences; enfin celle des Inventions et Découvertes, et des Institutions françaises les plus importantes;

PAR

M. ARNAULT ROBERT,

AUTEUR DE DIVERS OUVRAGES CHRONOLOGIQUES, ET MEMBRE
DE PLUSIEURS SOCIÉTÉS SAVANTES.

«Indocti discant, et ament meminisse periti.»

SIXIÈME ÉDITION.

A PARIS,
CHEZ L'AUTEUR, RUE GAILLON, No 6.

DICTIONNAIRE HISTORIQUE
UNIVERSEL.

On trouve à la même Adresse:

Le Tableau chronologique de l'Histoire générale des Peuples et de leurs Cultes, depuis la plus haute antiquité jusqu'à nos jours, par M. Arnault Robert; 2e édition, 1830; une feuille grand aigle (3 pieds et demi sur 2 et demi), imprimée sur une seule planche, en caractères typographiques fondus exprès. Avec enluminure, et brochure explicative, prix 8 fr.

Le Tableau des Victoires et Conquêtes des Français, depuis le temps de l'origine des Francs (plus de 1000 ans avant Pharamond) jusqu'à l'an 1830; une feuille grand colombier (3 pieds sur 2 et demi), avec enluminure, prix 3 fr.

IMPRIMERIE DE J. SMITH,

Rue Montmorency, no 16.

INTRODUCTION.

L'histoire occupe de nos jours un rang fort élevé parmi les connaissances humaines; elle devient l'objet d'une multitude d'ouvrages qui en attesteraient assez l'importance, s'il n'était point honteux aujourd'hui d'ignorer les élémens d'une science aussi généralement répandue; et ces élémens sont la chronologie. Quoi de plus ridicule, en effet, que ces anachronismes sans nombre, que commettent à chaque instant les personnes peu instruites dans l'histoire chronologique, en transposant les faits par l'ignorance des dates.

L'utilité de l'histoire est incontestable, et l'on convient généralement que la chronologie doit servir d'introduction à l'étude qu'on doit en faire, car autrement l'esprit s'égarerait dans la multiplicité des faits. Les époques de cette science sont comme des points d'appui sur lesquels la mémoire se repose, ou comme autant de points de réunion autour desquels les autres faits viennent se ranger dans l'esprit. Par là, on parvient sans travail à embrasser à la fois une foule d'événemens, de même qu'on saisirait d'un coup d'œil toutes les parties d'un vaste tableau.

Divers savans se sont exercés avec succès sur la chronologie; mais les livres des uns sont hérissés d'épines, et ceux des autres sont diffus et surchargés de colonnes embarrassantes, ou trop volumineux. On est effrayé lorsqu'il faut lire, pour s'instruire des élémens d'une science, plusieurs gros volumes en petit caractère, qui demandent une attention suivie, et qu'il faut avoir médités pour trouver tout de suite ce que l'on cherche.

Ainsi qu'on l'a fait pour les autres sciences, il était nécessaire que l'histoire chronologique fût présentée sous la forme d'un dictionnaire-manuel, pour suivre le goût de l'époque, et pour être mieux à la portée de tous. C'est ce que l'on a voulu faire en composant ce petit livre, qui sera distingué des grands dictionnaires historiques, en ce que ces derniers tendent toujours à multiplier les articles, et que celui-ci tend au contraire à les choisir, en rejetant ceux qui sont peu importans, et en évitant les dissertations, pour ne présenter que des précis et des résultats. Il sera aussi distingué de la plupart des abrégés, en ce que, plus complet peut-être qu'aucun autre, il contient toutes les chronologies anciennes et modernes, profanes et sacrées, même celles des peuples qui ne sont que très-peu connus, et celles des états les plus modernes. Des chronologies des hommes célèbres, des découvertes, etc., en font un complément utile, qui dispense de beaucoup d'autres livres. Il offre encore un avantage par la disposition des matières, qui sont rangées tout à la fois suivant l'ordre géographique et suivant l'ordre chronologique, et de plus accompagnées d'une table générale alphabétique. Ces trois moyens rendront les recherches infiniment faciles.

Un objet qui devait surtout attirer l'attention de l'auteur, dans la composition de ce petit dictionnaire, c'est la chronologie de l'histoire de France. Quelques chronologies se bornent à présenter l'ordre de succession des soixante et quelques rois qui nous ont gouvernés, ce qui est insuffisant sans la chronologie des autres faits mémorables dans notre histoire; d'autres offrent des détails trop nombreux, ou des récits trop développés, ce qui gêne dans la recherche des dates, objet essentiel de la chronologie. Il fallait donc prendre le milieu entre ces deux extrêmes, c'est-à-dire n'omettre aucun fait important à consigner dans l'histoire, et s'abstenir de toute réflexion sur la moralité des événemens dont on ne doit que constater l'ordre chronologique. C'est dans cette intention qu'a été conçue la chronologie de l'histoire de France qui fait partie de ce petit ouvrage; elle commence au temps de l'origine des Francs, plus de 1000 ans avant Pharamond, et descend jusqu'à nos jours.

Il n'est pas hors de propos de rapporter ici qu'il existe un très-grand nombre de systèmes chronologiques différens, touchant le calcul des années depuis la création jusqu'à la naissance de Jésus-Christ. On en compte soixante-dix principaux, mais on se bornera à en citer les plus remarquables.

SELON LA VULGATE:

Le P. Petau compte3984 ans
Rabbi Nahasson3740
Joseph Scaliger et Ubbo Emmius3950
Usserius4004
Le P. Torniel, Salian et Sponde4052
Le P. Labbe et Muller4053
Riccioli 4184

SELON LES SEPTANTE:

Eusèbe et le Martyrologe romain.5200
Isaac Vossius.5590
Riccioli.5634
Les Tables alphonsines.6984

Tous les autres calculs y sont renfermés entre 3740 et 6984 ans.

Pour fixer le calcul des chronologistes, Joseph Scaliger a inventé, au seizième siècle, la période julienne; mais elle est peu en usage et l'on aime mieux se servir du calcul qui commence à la création, comme on l'a fait pour ce petit dictionnaire, ou qui rétrograde, en commençant par l'année de la naissance de Jésus-Christ.

Selon Newton, qui par ses profondes recherches a répandu tant de lumière sur l'antiquité, le monde est moins vieux que ne le croient les chronologistes. Les preuves qu'il donne sont de deux espèces: les premières roulent sur l'évaluation des générations; la seconde espèce de preuves est tirée de l'astronomie. Mais il faut avouer que ce système n'a point réussi. Il a été attaqué avec force par Fréret et le P. Souciet; il a cependant trouvé des défenseurs en France et en Angleterre.

L'année de la naissance de J.-C. est aussi fort disputée; il y a sept à huit ans de différence, sur ce point, entre les auteurs. Mais, depuis ce temps la chronologie commence à devenir plus certaine, par la quantité des monumens; et les différences qui peuvent se rencontrer dans les calculs sont beaucoup moins considérables.

Comme l'histoire ancienne est ténébreuse, parce que les matériaux nous manquent, et que les chronologies sont contradictoires les unes avec les autres, on doit en conclure que les nombreux systèmes que nous possédons sont plutôt le tableau des opinions de leurs auteurs que celui des faits réels. Il serait inutile alors de se fatiguer à les concilier ou à en imaginer de nouveaux; il suffit d'en choisir un et de le suivre. Tel a été le sentiment de l'auteur de cet ouvrage; il a adopté, pour les époques principales, comme l'a fait M. le comte de Las-Cases, dans la composition de son Atlas, le système du P. Petau, parce qu'il est le plus généralement suivi, qu'on l'emploie dans l'application des nouvelles méthodes d'enseignement, et qu'il s'écarte peu de celui d'Usserius, autre système assez répandu.

TABLE DES MATIÈRES.

Page
I.Europe.[2]
II.Asie.[143]
III.Afrique.[197]
IV.Amérique.[211]
Hémisphère nord.[213]
Hémisphère sud.[214]
V.Océanie.[215]
VI.Chronologie de l'Ancien-Testament. Patriarches.—Juges.—Rois.—Prophètes.—Pontifes.[219]
VII.Chronologie des Papes, des Antipapes, des Conciles, des Schismes, des Hérésies, etc.[225]
VIII.Chronologie des Hommes célèbres de tous les siècles, dans les arts et dans les sciences.[237]
IX.Chronologie des Découvertes et Inventions, depuis les temps les plus reculés,
et des Institutions françaises les plus importantes.
[249]

TABLE GÉNÉRALE ALPHABÉTIQUE.

Page
Alains.[107]
Allemands.[89]
Angleterre.[93]
Arabes anciens.[168]
Arabes modernes.[170]
Argos (Grèce, première époque).[4]
Arragon.[81]
Assyriens ou Chaldéens.[155]
Athènes (Grèce, première époque).[5]
Autriche. V. Allemands, à la fin. [89]
Bactres ou Bactriens.[190]
Batave (République). Voy. Hollande.[139]
Bavière. V. Allemands, à la fin.[89]
Bithynie.[185]
Bohémiens.[110]
Bourguignons. Bourgogne.[103]
Brandebourg.[134]
Bretagne (Angleterre).[92]
Cappadoce.[183]
Carthaginois.[208]
Castille.[83]
Celtes ou Gaulois.[48]
Chaldéens. V. Assyriens.[155]
Chananéens. Voy. Phéniciens et Tyriens. [162]
Chinois. [145]
Cisalpine (République)[141]
Corinthe (Grèce, première époque).[13]
Danois.[114]
Découvertes et Inventions (Chronologie des).[249]
Écosse.[96]
Égypte première époque, depuis la fondation du royaume d'Égypte
jusqu'au temps de la conquête des Perses, sous Cambyse.
[200]
Égypte, deuxième époque, depuis la conquête de Cambyse jusqu'au
temps de celle des Romains.
[203]
Égypte, troisième époque, depuis la conquête par les Romains jusqu'à nos jours.[205]
Élis (Grèce, 1re époque).[15]
Épire.[29]
Espagne.[76]
Éthiopiens.[207]
Étrurie ancienne. Voyez Italie (2e époque).[32]
Étrurie (Royaume d') (Italie, quatrième époque). Voy. Toscane.[136]
Francs ou Français.[52]
Galatie.[189]
Gaulois ou Celtes.[48]
Germains.[87]
Goths.[100]
Grec (Empire) ou d'Orient (Grèce, deuxième époque).[21]
Grèce, première époque, depuis l'origine jusqu'au temps de la
conquête par les Romains.
[3]
Grèce, deuxième époque, depuis le temps de la conquête des
Romains jusqu'à la prise de Constantinople par les Mahométans,
et la fin de l'empire d'Orient.
[21]
Grèce, troisième époque, ou Grèce moderne, depuis la prise de
Constantinoplejusqu'à nos jours.
[27]
Grèce (Grande) (Italie, deuxième époque).[33]
Hanovre.[140]
Hébreux.—Patriarches. Juges. Rois. Prophètes. Pontifes.
Voy. Chronologie de l'Ancien-Testament.
[219]
Hollande.[139]
Hommes célèbres (Chronologie des).[237]
Hongrois.[112]
Indiens.[158]
Inventions et Découvertes (Chronologie des).[249]
Israël (République d'). Voyez Chronologie de l'Ancien-Testament.[219]
Israël (Royaume d'). Voyez Chronologie de l'Ancien-Testament.[219]
Italie, première époque, depuis l'origine jusqu'à la fondation de
Rome.
[30]
Italie, deuxième époque, depuis la fondation de Rome jusqu'au temps de
la conquête des Hérules, sous Romulus Augustulus.
[32]
Italie, troisième époque, depuis la conquête de Rome par les
Hérules jusqu'à la fin de l'empire d'Italie, fondé par les Francs.
[42]
Italie, quatrième époq., depuis le partage de l'empire d'Italie
jusqu'à nos jours.
[44]
Italie (Empire d'). Voyez Italie, troisième époque, à la fin.[42]
Italie (Royaume d'). Voy. République Cisalpine.[14]
Japonais.[153]
Jérusalem (Royaume de).[192]
Juda (Royaume de). Voy. Chronologie de l'Ancien-Testament.[219]
Lacédémone ou Sparte (Grèce, re époque).[8]
Latins (Empire des) en Grèce (Grèce, 2e époq.).[25]
Léon (Royaume de).[80]
Lombards.[98]
Lombard-Vénitien (Royaume). Voyez Venise, à la fin.[122]
Lydiens.[175]
Macédoine (Grèce, première époque).[17]
Macédoniens et Grecs (Grèce, 1re époque).[18]
Mèdes.[182]
Mésopotamiens.[165]
Moabites.[166]
Mogols.[193]
Mycène (Grèce, première époque).[16]
Naples.[131]
Navarre. [79]
Norvégiens.[120]
Occident (Empire d') (Italie, 2e époque).[39]
Orient (Empire d') ou Grec (Grèce, 2e époq.).[21]
Ostrogoths.[100]
Papes (Chronologie des), Antipapes, Conciles, Schismes, Hérésies.[225]
Parthes.[187]
Pays-Bas (Royaume des). Voyez Hollande.[139]
Pergame.[186]
Perse, première époque, depuis l'origine jusqu'au temps de la
conquête par Alexandre.
[176]
Perse, deuxième époque, depuis la fondation du second empire par
Artaxerxès, jusqu'au temps de la conquête de la Perse par les
Arabes mahométans.
[179]
Perse, troisième époque, ou Perse moderne, depuis la fondation du
nouvel empire par Ismaël Sophi jusqu'à nos jours.
[181]
Phéniciens.[162]
Philistins.[167]
Phrygiens.[174]
Polonais.[124]
Pont (Le).[184]
Portugal.[85]
Prussiens.[129]
Rome (Italie, 2e époque).[33]
Russes. [126]
Sardaigne. Voy. Savoie.[185]
Sarmates.[97]
Savoie.[135]
Saxe (Royaume de). Voy. Allemands, à la fin, page [89],
et Saxons, à la fin.
[109]
Saxons.[109]
Scythes.[191]
Sicile.[45]
Sicyone (Grèce, première époque).[3]
Sparte. Voyez Lacédémone (Grèce, première époque).[8]
Suédois.[117]
Suèves.[108]
Suisses.[133]
Syriens.[160]
Tartares.[195]
Testament (Chronologie de l'Ancien).[219]
Thèbes (Grèce, première époque).[12]
Thrace.[28]
Toscane.[136]
Troyens.[173]
Turcs ou Ottomans en Asie.[194]
Turcs ou Ottomans en Europe.[137]
Tyriens.[162]
Vandales.[106]
Venise.[122]
Visigoths.[101]
Westphalie. Voy. Hanovre.[140]
Wurtemberg. Voy. Allemands, à la fin.[89]

I.

EUROPE.

GRÈCE.

PREMIÈRE ÉPOQUE.

Depuis l'origine de la Grèce, jusqu'au temps de la conquête de ce pays par les Romains.

ROYAUME DE SICYONE.

Ans
du monde.

ROYAUME D'ARGOS.

HÉRACLIDES OU DESCENDANS D'HERCULE.

Voyez [Macédoniens et Grecs], page 18

ATHÈNES.

Le déluge ou inondation de l'Attique, appelé déluge d'Ogygès, a eu lieu vers l'an 2218 du monde, sous le règne d'Ogygès. C'est la première mention de ce pays dans l'histoire.

ARCHONTES PERPÉTUELS.
ARCHONTES POUR DIX ANS.
ARCHONTES POUR UN AN.

Voyez [Macédoniens et Grecs.]

LACÉDÉMONE ou SPARTE.

Vers l'an 2420 du monde, Lelex fonde Lacédémone.

HÉRACLIDES OU DESCENDANS D'HERCULE.

Depuis cette époque, jusqu'au partage de la succession d'Alexandre-le-Grand, l'an 3677, la Laconie, comme toute la Grèce, resta dans la composition du grand empire des Macédoniens et Grecs.

Vers l'an 3680, la Laconie reprend une forme de gouvernement indépendant, sous Archidamus III.

La race d'Hercule finit à Lacédémone la même année 3779.

THÈBES.

Voyez [Macédoniens et Grecs.]

CORINTHE.

HÉRACLIDES.

L'histoire n'apprend plus rien du gouvernement de Corinthe pendant les deux siècles suivans. Cette république a cependant pris part aux évènemens généraux de la Grèce, tels que la guerre contre les Mèdes, celle du Péloponèse, celle de Thèbes, et la guerre sacrée.

ÉLIS.

HÉRACLIDES.

Voyez [Macédoniens et Grecs.]

MYCÈNE.

HÉRACLIDES.

Voyez [Macédoniens et Grecs].

MACÉDOINE.

ROIS DESCENDUS DES HÉRACLIDES.

MACÉDONIENS et GRECS.

SUCCESSEURS D'ALEXANDRE.

Voyez [Égypte, deuxième époque;] [Cappadoce], [Parthes], [Syriens], [le Pont], [Bythinie], [Galatie], [Pergame], [Lacédémone], [Argos], [Corinthe].


CULTE DES GRECS ANCIENS.

Les premiers hommes qui ont habité la Grèce ne reconnaissaient point d'autres dieux que le ciel, les astres et les élémens. Le polythéisme qu'ils reçurent ensuite des Égyptiens, et qu'ils agrandirent eux-mêmes, peut se réduire à l'unité d'un seul principe. Jupiter est, selon eux, l'âme du monde, qui prend des noms différens selon les effets qu'il produit; dans les espaces éthérés, on l'appelle Jupiter; dans la mer, Neptune; dans la terre, Pluton; aux enfers, Proserpine; dans l'élément du feu, Vulcain; dans le soleil, Phœbus; dans les devins, Apollon; dans la guerre, Mars; dans la vigne, Bacchus; dans les moissons, Cérès; dans les bois, Diane; dans l'air, Junon; dans les sciences, Minerve. Toute cette foule de dieux et de déesses adorés par les Grecs ne sont que le même Jupiter, dont on exprime les différentes vertus par des noms différens.

La nation grecque, la plus polie de toutes les nations idolâtres, était la seule qu'on ne qualifiât pas du nom de barbare. Les Grecs avaient leurs fêtes, leurs mystères, leurs prêtres, leurs prêtresses, leurs sibylles et leurs prophètes qui rendaient des oracles; leurs augures qui devinaient les choses futures par le chant et le mouvement des oiseaux; des temples, dont les plus fameux étaient celui de Jupiter olympien en Elide, celui d'Apollon à Delphes, à cause des oracles qu'on y rendait, celui de Minerve à Athènes, et celui de Diane à Éphèse. Les Grecs sacrifiaient à leurs dieux des victimes d'animaux, et l'on voit à regret qu'ils leur offraient aussi quelquefois des victimes humaines.

GRÈCE.

DEUXIÈME ÉPOQUE.

Depuis la conquête de la Grèce par les Romains jusqu'à la prise de Constantinople par Mahomet II, qui a mis fin à l'Empire d'Orient.

L'an 3838 du monde, toute la Grèce est conquise par les Romains, qui en forment diverses provinces de leur empire. L'an 330 de J.-C., Constantin-le-Grand, empereur de Rome, fixe sa demeure à Bysance ou Constantinople, et prépare ainsi la division de l'empire, qui s'accomplit l'an 395 entre Arcadius et Honorius. Arcadius possède l'empire d'Orient ou grec, composé de la Grèce, de l'Égypte et de toutes les possessions d'Asie; Honorius possède l'empire d'Occident, composé de l'Italie, de l'Espagne, de la Gaule et de la Bretagne.

Voyez [Empire d'Occident].

EMPIRE D'ORIENT OU GREC.

SUITE DES EMPEREURS GRECS.

(A NICÉE.)

Voyez [Empereurs latins], ci-après.

(A CONSTANTINOPLE.)

Voyez [Grèce, troisième époque].

EMPEREURS LATINS OU FRANÇAIS.

(A CONSTANTINOPLE.)

CULTE DES GRECS MODERNES.

Dès les premiers temps du Christianisme, l'Évangile est répandu dans la Grèce; mais le culte catholique n'y est autorisé que l'an 324, époque de la conversion de l'empereur Constantin-le-Grand, qui abolit l'idolâtrie et détruit les temples dans tous les pays de son empire. L'an 857 il s'opère en Grèce un schisme fameux à l'occasion de l'intrusion de Photius, faux patriarche de Constantinople qui, ayant été déposé par un concile et ne pouvant se faire reconnaître par le Pape, se mit à la tête de l'Église grecque. Les schismatiques grecs nient la divinité du Saint-Esprit, et ne reconnaissent point la primauté du Pape, qu'ils ne regardent que comme le patriarche des Latins. Ils ont quatre patriarches, celui de Constantinople, celui d'Alexandrie, celui d'Antioche et celui de Jérusalem.

Les Russes, qui se sont faits chrétiens l'an 988, ont embrassé le schisme des Grecs, qui existait alors depuis 131 ans, et qui dure encore.

GRÈCE.

TROISIÈME ÉPOQUE,

OU GRÈCE MODERNE.

Depuis la prise de Constantinople par Mahomet II jusqu'à nos jours.

Depuis cette époque, les Grecs sont restés sous la domination des Turcs, mais confondus avec eux sur le même territoire.

THRACE.

C'est vers l'an 3400 du monde, que de petits états ont commencé à se former dans la Thrace.

ÉPIRE.

ITALIE.

PREMIÈRE ÉPOQUE.

Jusqu'à la fondation de Rome.

Vers l'an 2300 du monde, les Pélages d'Arcadie passent en Italie, sous la conduite de Peucélius.

Voyez [Italie],[ deuxième époque].

ITALIE.

DEUXIÈME ÉPOQUE.

Jusqu'au temps de la conquête de Rome par Odoacre, sur Romulus Augustulus.

ÉTRURIE, GRANDE GRÈCE, ROME.

ÉTRURIE.

Les Étrusques, l'un des plus anciens peuples de l'Europe, et qui paraissent être d'origine grecque, habitaient l'Italie long-temps avant la fondation de Rome; cependant on ne sait que peu de chose de leur histoire. Le seul de leurs rois qui nous soit connu est Porsenna qui, l'an 3475, prit parti pour Tarquin-le-Superbe, chassé du trône de Rome, et déclara la guerre aux Romains, qui venaient de se constituer en république.

Depuis cette époque l'Étrurie ne forma plus aucun état séparé jusqu'à l'an 1434 de J.-C., qu'elle composa le duché de Toscane. Voyez [Toscane].

GRANDE GRÈCE.

Les colonies grecques qui, dès l'an 2300 du monde, ont commencé à s'établir en Italie, s'étant plus particulièrement concentrées vers le midi de cette péninsule, qui était plus voisin de la Grèce, cette partie de l'Italie fut appelée grande Grèce ou basse Italie.

ROME.

Ans
de J.-C.

Arcadius possède l'empire d'Orient, composé de la Grèce, de l'Égypte et de toutes les possessions d'Asie. Voyez [Empire d'Orient]. Honorius possède l'empire d'Occident, composé de l'Italie, de la Gaule, de l'Espagne et de la Bretagne. Voyez [Gaule], [Espagne], [Bretagne.]

Comme les empereurs d'Occident résidaient à Rome, on va continuer leur chronologie jusqu'à la fin de l'empire.

EMPIRE D'OCCIDENT.

Voyez Italie, [troisième époque],


CULTE DES ROMAINS.

Les Romains, qui dépassèrent les Grecs dans la civilisation, en ont d'abord emprunté les dieux, le culte et les cérémonies. Dans la suite, ils adoptèrent tous les dieux des nations étrangères, leur bâtirent des temples, et leur consacrèrent des prêtres. Ils honorèrent particulièrement le Deus-Fidius des Sabins et le Mithras des Perses; mais le sénat s'opposa long-temps à l'introduction des divinités égyptiennes, qui cependant forcèrent tous les obstacles, et s'établirent chez eux. Ils honoraient, sous le nom de dieux indigètes, les héros et les personnes vertueuses. Ils divinisaient les vertus et les vices.

Les Romains tenaient des Grecs leurs pratiques religieuses et leurs institutions sacerdotales. Ils avaient comme eux des prêtres et des prêtresses, sous l'autorité des pontifes, pour la célébration des mystères, des orgies, des fêtes et des sacrifices de leurs dieux. Ils avaient aussi leurs sibylles, dont les livres, consultés dans les grandes occasions, rendaient des oracles. Le plus fameux de leurs temples était celui de Jupiter capitolin, où étaient renfermés les livres sibyllins, et même, disait-on, le Palladium de Troie; c'était une statue de Pallas, que les dieux avaient envoyée du ciel.

ITALIE.

TROISIÈME ÉPOQUE.

Jusqu'à la fin de l'empire d'Italie fondé par les Francs.

Voyez Italie quatrième époque, [page 44].

ITALIE.

QUATRIÈME ÉPOQUE.

Qui commence l'an 870 de J.-C., au partage de l'empire d'Italie fondé par les Francs, et finit à nos jours.

Voyez Italie, [troisième époque,], [Papes], [Allemagne,] [Venise], [Naples], [Sicile], [Savoie], [Toscane], [Sardaigne], [République Cisalpine], [Royaume d'Étrurie], [Royaume d'Italie], [Royaume Lombard-Vénitien].

SICILE.

Les Sicules, premiers habitans de la Sicile, commencent à paraître dans l'histoire vers l'an 2850.

Ans
de J.-C.

Pour la Sicile ancienne, voyez [Culte des Grecs] et [Culte des Romains]. Aujourd'hui les habitans de la Sicile sont chrétiens du culte catholique.

CELTES ou GAULOIS.

Vers l'an 3400, Ambigat, prince très-puissant, règne sur toute la Gaule, dont les ports font un grand commerce avec les peuples des côtes de la Méditerranée. A cette époque, plusieurs productions de la Gaule, la laine des Berruyers, la santonique des Santons, etc., étaient très-vantées en Orient, et les armes des Romains étaient achetées des Gaulois.

Vers ce même temps, Bellovèse et Sigovèse neveux d'Ambigat, sortent de la Gaule avec une colonie de Bituriges, d'Auvergnats, de Berruyers, d'Autunois, de Sénonais, de Chartrains et d'autres peuples gaulois. Bellovèse passe les Alpes, fonde la Gaule cisalpine et s'arrête en Lombardie; Sigovèse passe le Rhin, traverse la forêt Hercinie, et établit une partie de ses troupes en Illyrie, une autre en Bohême, et la troisième, d'où sont sortis les Francs, dans la Frise et la Westphalie.

Peu de temps après, Marseille est fondée par une colonie de Phocéens.

C'est à cette époque, et pendant les deux siècles qui suivent, que les Romains édifient dans les Gaules ces monumens, dont les ruines sont encore l'objet de l'admiration des hommes. Alors les Gaules, sous la domination des Romains, sont administrées par des gouverneurs; et les Francs, qui viennent s'y établir ensuite, paient des tributs aux empereurs de Rome jusqu'au temps de Clovis, qui affranchit toute la Gaule transalpine.

L'an 240 de J.-C., les Francs s'établissent dans la Gaule.

Voyez [Francs ou Français], page 52.


CULTE DES CELTES.

Les Celtes se disaient descendus de Pluton; c'est pour cela qu'ils comptaient les espaces du temps, non par les jours, mais par les nuits. Leur culte était très-superstitieux; ils adoraient les mêmes dieux que les Romains, quoique sous des noms différens; car Mercure était leur Theutatès, Mars était Héus ou Hésus, et Jupiter, Taramis. Ils appelaient Hercule, Ogmius; Apollon, Belenus ou Abellio, et Pluton, Sérapion. Ils attribuaient à Mercure l'invention des arts, à Apollon la guérison des maladies, à Jupiter le gouvernement des cieux, et à Mars celui de la guerre. Ils honoraient Hercule, qui les avait policés. Ils craignaient Saturne et lui immolaient des victimes humaines, ainsi qu'à Mercure, qu'ils représentaient souvent sans sexe. Ils avaient emprunté des Romains le culte de beaucoup d'autres dieux, même celui du Mithras des Perses, et celui d'Isis, divinité des Égyptiens, qui avait un temple à Paris. La déesse Néhallennie, et autres divinités, ne sont connues que de nom.

Il y avait chez les Celtes trois sortes de gens fort considérés: les Bardes, qui étaient poètes et chanteurs, les Vates, qui sacrifiaient et étudiaient les choses naturelles, et les Druides, qui avaient l'administration des choses divines. Les Druides avaient un chef élu par les armes, et qui avait toute autorité sur les peuples. Ils s'assemblaient dans un bois sacré, au pays des Carnutes, dans le milieu de la Gaule, et là, on leur déférait le jugement de toutes les affaires publiques et particulières; ils exerçaient la divination par l'inspection des victimes humaines; ils croyaient que les âmes et le monde sont incorruptibles, qu'après la mort les âmes passent dans d'autres corps humains, et qu'il y aura un temps où l'eau et le feu prédomineront.

FRANCS ou FRANÇAIS.

Voyez [Gaulois], page 48.

PREMIÈRE DYNASTIE.

MÉROVINGIENS.

DEUXIÈME DYNASTIE.

CARLOVINGIENS.

EMPIRE D'OCCIDENT.

ROYAUME DE FRANCE.

TROISIÈME DYNASTIE.

CAPÉTIENS.
PREMIER AVÉNEMENT
de la
MAISON DE VALOIS.
AVÉNEMENT
de la
MAISON D'ORLÉANS.

DEUXIÈME AVÉNEMENT
de la
MAISON DE VALOIS.
AVÉNEMENT
de la
MAISON DE BOURBON.

ESPAGNE.

L'an 3778 du monde, 206 ans avant J-C., Cn. Scipion fait la conquête de l'Espagne, qui devient l'une des provinces de l'empire romain. Le culte des anciens peuples de l'Espagne était le même que celui des Gaulois ou Celtes, ce qui fait supposer qu'ils étaient Celtes d'origine.

L'an 409 de J-C. les Vandales, les Alains et les Suèves, venus du nord de la Germanie, après avoir ravagé l'Italie et la Gaule, passent en Espagne. Les Suèves y fondent une monarchie et les Vandales se retirent en Afrique, l'an 429.

Voyez [Vandales], [Alains] et [Suèves].

L'an 470, les Visigoths, autre peuple du nord de la Germanie, après avoir fondé, dans la Gaule, une monarchie, vers l'an 400 (voyez [Visigoths]), pénètrent en Espagne, y fondent une nouvelle monarchie, repoussent les Romains, et commencent leurs guerres avec les Suèves et les Alains, qu'ils ont complètement anéantis l'an 570. Alors ils possèdent seuls toute l'Espagne.

L'an 712, les Arabes font la conquête de l'Espagne; Pélage, roi des Visigoths, se retire et se soutient à Oviédo.

Les petits royaumes arabes, comme Valence, Cordoue, Séville, Grenade, etc., sont successivement conquis par les Chrétiens.

ROYAUME DE NAVARRE.

L'an 857 de J. C., les Chrétiens, repoussés par les Arabes, qui avaient fait la conquête de l'Espagne, l'an 712, s'étant d'abord retirés à Oviédo, commencent à affaiblir la puissance des califes, et fondent le royaume de Navarre, qui a été l'origine des royaumes d'Arragon et de Castille.

Voyez [Arragon] et [Castille].

ROYAUME DE LÉON.

L'an 914 de J.-C., les Chrétiens, repoussés par les Arabes qui avaient fait la conquête de l'Espagne, l'an 712, s'étant d'abord retirés à Oviédo, commencent à affaiblir la puissance des Califes, et fondent le royaume de Léon, qui a été, en l'an 1339, l'origine du royaume de Portugal.

Voyez [Portugal].

ROYAUME D'[ARRAGON].

Voyez [Navarre].

Voyez [Castille], [Espagne].

ROYAUME DE CASTILLE.

Voyez [Navarre].

Voyez [Arragon], [Espagne].

PORTUGAL.

Voyez Royaume de[ Léon].

GERMAINS.

Vers la fin de ce siècle, les Goths, les Bourguignons, les Vandales et les Lombards sortent de la Germanie et se répandent en Europe. Les Francs, les Saxons, les Allemands, prennent naissance en Germanie, au commencement du siècle suivant.

Voyez ces différens peuples.


CULTE DES GERMAINS.

La plus ancienne divinité des peuples de la Germanie est Isis, qui leur apporta, dit-on, d'Égypte, le culte des Dieux et l'agriculture. Ils croyaient qu'elle était la mère des Dieux, et la déesse même de la terre; ils l'adoraient sous le nom de Herte, et sous la figure d'un navire. Ils lui offraient des sacrifices infâmes qu'il était défendu à ses prêtres de révéler. Ils immolaient des victimes humaines à Mercure et à Mars, leurs principaux dieux, ainsi qu'à Hercule, qu'ils regardaient comme leur plus grand guerrier. Les Germains adoraient encore un grand nombre de divinités, dont la plupart ne sont connues que de nom. On croit que, sous tous ces noms, ils n'adoraient que le soleil, la terre, la lune et le feu. Ils n'avaient point de temples, mais ils consacraient des forêts à leurs dieux; ils y nourrissaient des chevaux dont ils tiraient des présages, ainsi que des oiseaux. Ils se servaient des sorts, dans lesquels ils avaient beaucoup de foi. De même que les Gaulois, ils restreignaient la transmigration des âmes des hommes aux seuls corps des autres hommes.

ALLEMANDS.

Les Allemands, peuple de la Germanie, commencent, dans l'histoire, vers le milieu du troisième siècle de J.-C.; ils s'établissent sur le haut Rhin et le Necker.

Au cinquième siècle commencent des guerres continuelles entre eux et les Romains.

L'an 490, le roi Clovis les soumet à la domination des Francs.

L'an 843, Charles-le-Chauve partage l'empire d'Occident, renouvelé par Charlemagne, l'an 800; à cette époque commence l'empire d'Allemagne.

BRETAGNE.

L'an 3934 du monde, cinquante ans avant J.-C., Jules-César, après avoir conquis la Gaule, pénètre dans la Bretagne. Le culte des peuples de ce pays était le même que celui des Gaulois, ce qui fait supposer qu'ils étaient Celtes d'origine.

L'an 51 de J.-C., les Romains font la conquête de la Bretagne jusqu'à l'Humber.

Ces sept royaumes, connus sous le nom d'Heptarchie des Anglo-Saxons, durent jusqu'à l'an 827, où Egbert-le-Grand, roi de Wessex, se fait proclamer roi d'Angleterre.

ANGLETERRE.

ÉCOSSE.

Les Écossais qui veulent, comme tous les peuples, avoir une origine ancienne, prétendent être descendus des Scythes, qui auraient fondé un ancien royaume d'Écosse, et portent à soixante-onze le nombre de ses anciens rois, qui cependant sont inconnus.

Voyez [Angleterre].

SARMATES.

C'est vers l'an 160 de J.-C. que les Sarmates commencent à paraître, au temps de Jazigen, leur chef.

Vers le milieu du quatrième siècle, les Esclavons, peuple Sarmate, sont soumis aux Goths.

Au commencement du sixième siècle, des Sarmates répandus en Germanie, produisent les Dalemenciens, les Moraves et les Tschèches, qui donnent naissance plus tard aux Bohémiens. Au septième siècle, les Russes et les Polonais naissent des Sarmates, et les Prussiens paraissent avoir la même origine.

A peine trouve-t-on chez les peuples de la Sarmatie les traces d'un culte religieux. On croit qu'ils sont originairement Mèdes et qu'ils adoraient le soleil. Ces peuples barbares vivaient dans les forêts et les montagnes, n'ayant pour maisons que leurs charrettes. Ils se nourrissaient du sang de leurs chevaux, qu'ils mêlaient avec le lait de leurs cavales.