E. H. Анненковой
D'une fille du Nord, chetive et languissante,
Eclose a l'ombre des forets,
Vous, en qui tout rayonne et tout rit et tout chante,
ous voulez emprunter les traits?
Eh bien, pardonnez-moi mon doute involontaire,
Je crains que l'on ne dise, en voyant ce tableau:
«C'est l'oranger en fleur, tout baigne de lumiere,
Qui veut simuler un bouleau».
* * *
De ces frimas, de ces deserts
La-bas, vers cette mer qui brille,
Allez-vous en, mes pauvres vers,
Allez-moi saluer ma fille.
* * *
La vieille Hecube, helas, trop longtemps eprouvee,
Apres tant de revers et de calamites,
Se refugie enfin, reposee et lavee,
Sous l'abri protecteur de vos jeunes bontes.
* * *
Lorsqu'un noble prince, en ces jours dedemerice,
Decort de sa main le bourreau des chretiens, —
Pourrait-on dire encore, ainsi qu'aux temps anciens:
«Honny soit qui mal y pense»?
* * *
Ah, quelle meprise —
Incroyable et profonde!
Ma fille rose, ma fille blonde
Qui veut se faire soeur grise.