1852
A little later, on 6th January 1852, we find him again in Tiflis, writing to Aunt Tatiána.
[7]Je viens de recevoir votre lettre du 24 Novembre et je vous y réponds le moment même (comme j'en ai pris l'habitude). Dernièrement je vous écrivais que votre lettre m'a fait pleurer et j'accusai ma maladie de cette faiblesse. J'ai eu tort. Toutes vos lettres me font depuis quelque temps le même effet. J'ai toujours été Lyóva-ryóva [Leo, Cry-baby]. Avant cette faiblesse me faisait honte, mais les larmes que je verse en pensant à vous et à votre amour pour nous, sont tellement douces que je les laisse couler, sans aucune fausse-honte. Votre lettre est trop pleine de tristesse pour qu'elle ne produise pas sur moi le même effet. C'est vous qui toujours m'avez donné des conseils et quoique malheureusement je ne les aie pas suivis quelquefois, je voudrais toute ma vie n'agir que d'après vos avis. Permettez-moi pour le moment de vous dire l'effet qu'a produit sur moi votre lettre et les idées qui me sont venues en la lisant. Si je vous parle trop franchement je sais que vous me le pardonnerez en faveur de l'amour que j'ai pour vous. En disant que c'est votre tour de nous quitter pour aller rejoindre ceux qui ne sont plus et que vous avez tant aimés, en disant que vous demandez à Dieu de mettre un terme à votre existence qui vous semble si insupportable et isolée,—pardon, chère tante, mais il me paraît qu'en disant cela vous offensez Dieu et moi et nous tous qui vous aimons tant. Vous demandez à Dieu la mort, c. à dire le plus grand malheur qui puisse m'arriver (ce n'est pas une phrase, mais Dieu m'est témoin que les deux plus grands malheurs qui puissent m'arriver ce serait votre mort ou celle de Nicolas—les deux personnes que j'aime plus que moi-même). Que resterait-il pour moi si Dieu exauçait votre prière? Pour faire plaisir à qui, voudrais-je devenir meilleur, avoir de bonnes qualités, avoir une bonne réputation dans le monde? Quand je fais des plans de bonheur pour moi, l'idée que vous partagerez et jouirez de mon bonheur m'est toujours présente. Quand je fais quelque chose de bon, je suis content de moi-même, parce que je sais que vous serez contente de moi. Quand j'agis mal, ce que je crains le plus—c'est de vous faire du chagrin. Votre amour est tout pour moi, et vous demandez à Dieu qu'il nous sépare! Je ne puis vous dire le sentiment que j'ai pour vous, la parole ne suffit pas pour vous l'exprimer et je crains que vous ne pensiez que j'exagère et cependant je pleure à chaudes larmes en vous écrivant.
In the same letter he tells of one of those remarkable 'answers to prayer,' instances of thought-transference, or (if the reader pleases) simply coincidences, which have played so great a part in the history of all religious bodies.
[8]Aujourd'hui il m'est arrivé une de ces choses qui m'auraient fait croire en Dieu, si je n'y croyais déjà fermement depuis quelque temps.
L'été à Stáry Urt tous les officiers qui y étaient ne faisaient que jouer et assez gros jeu. Comme en vivant au camp il est impossible de ne pas se voir souvent, j'ai très souvent assisté au jeu et malgré les instances qu'on me faisait j'ai tenu bon pendant un mois; mais un beau jour en plaisantant, j'ai mis un petit enjeu, j'ai perdu, j'ai recommencé, j'ai encore perdu, la chance en était mauvaise, la passion du jeu s'est reveillée et en deux jours j'ai perdu tout ce que j'avais d'argent et celui que Nicolas m'a donné (à peu près 250 r. argent) et par dessus cela encore 500 r. argent pour lequel j'ai donné une lettre de change payable au mois de Janvier 1852.
Il faut vous dire que près du camp il y a un Aoul qu'habitent les Tchitchéniens. Un jeune garçon (Tchitchénien) Sado venait au camp et jouait, mais comme il ne savait pas compter et inscrire il y avait des chenapans qui le trichaient. Je n'ai jamais voulu jouer pour cette raison contre Sado, et même je lui ai dit qu'il ne fallait pas qu'il jouât, parce qu'on le trompait et je me suis proposé de jouer pour lui par procuration. Il m'a été très reconnaissant pour ceci et m'a fait cadeau d'une bourse. Comme c'est l'usage de cette nation de se faire des cadeaux mutuels, je lui ai donné un misérable fusil que j'avais acheté pour 8 rb. Il faut vous dire que pour devenir Kounák, ce qui veut dire ami, il est d'usage de se faire des cadeaux, et puis de manger dans la maison du Kounák. Après cela, d'après l'ancien usage de ces peuples (qui n'existe presque plus que par tradition) on devient ami à la vie et à la mort, c.à d. que si je lui demande tout son argent, ou sa femme, ou ses armes, ou tout ce qu'il a de plus précieux, il doit me les donner, et moi aussi je ne dois rien lui refuser. Sado m'a engagé de venir chez lui et d'être Kounák. J'y suis allé. Après m'avoir régalé à leur manière, il m'a proposé de choisir dans sa maison tout ce que je voudrais—ses armes, son cheval ... tout. J'ai voulu choisir ce qu'il y avait de moins cher et j'ai pris une bride de cheval montée en argent, mais il m'a dit que je l'offensais et m'a obligé de prendre une sword qui vaut au moins 100 r. arg.
Son père est un homme assez riche, mais qui a son argent enterré et ne donne pas le sou à son fils. Le fils pour avoir de l'argent va voler chez l'ennemi des chevaux, des vaches; quelquefois il expose 20 fois sa vie pour voler une chose qui ne vaut pas 10 r., mais ce n'est pas par cupidité qu'il le fait, mais par genre. Le plus grand voleur est très estimé et on l'appelle 'Dzhigit,' un Brave. Tantôt Sado a 1000 r. arg., tantôt pas le sou. Après une visite chez lui, je lui ai fait cadeau de la montre d'argent de Nicolas et nous sommes devenus les plus grands amis du monde. Plusieurs fois il m'a prouvé son dévouement en s'exposant à des dangers pour moi, mais ceci pour lui n'est rien—c'est devenu une habitude et un plaisir.
Quand je suis parti de Stáry Urt et que Nicolas y est resté, Sado venait chez lui tous les jours et disait qu'il ne savait que devenir sans moi et qu'il s'ennuyait terriblement. Par une lettre je faisais connaître à Nicolas, que mon cheval étant malade, je le priais de m'en trouver un à Stáry Urt; Sado ayant appris cela n'eut rien de plus pressé que de venir chez moi et de me donner son cheval, malgré tout ce que j'ai pu faire pour refuser.
Après la bêtise que j'ai fait de jouer à Stáry Urt, je n'ai plus repris les cartes en mains, et je faisais continuellement la morale à Sado qui a la passion du jeu et quoiqu'il ne connaisse pas le jeu, a toujours un bonheur étonnant. Hier soir je me suis occupé à penser à mes affaires pécuniaires, à mes dettes; je pensais comment je ferais pour les payer. Ayant longtemps pensé à ces choses, j'ai vu que si je ne dépense pas trop d'argent, toutes mes dettes ne m'embarrasseront pas et pourront petit à petit être payées dans 2 ou 3 ans; mais les 500 rbs., que je devais payer ce mois, me mettaient au désespoir. Il m'était impossible de les payer et pour le moment ils m'embarrassaient beaucoup plus que ne l'avaient fait autrefois les 4000 d'Ogaryéff. Cette bêtise d'avoir fait les dettes que j'avais en Russie et de venir en faire de nouvelles ici me mettait au désespoir. Le soir en faisant ma prière, j'ai prié Dieu qu'il me tire de cette désagréable position et avec beaucoup de ferveur. 'Mais comment est-ce que je puis me tirer de cette affaire?' pensai-je en me couchant. 'Il ne peut rien arriver qui me donne la possibilité d'acquitter cette dette.' Je me représentais déjà tous les désagréments que j'avais à essuyer à cause de cela: how when he presents the note for collection, the authorities will demand an explanation as to why I did not pay, etc. 'Lord, help me!' said I, and fell asleep.
Le lendemain je reçois une lettre de Nicolas à laquelle était jointe la votre et plusieurs autres—il m'écrit:
The other day Sádo came to see me. He has won your notes-of-hand from Knorring, and has brought them to me. He was so pleased to have won them, and asked me so often, 'What do you think? Will your brother be glad that I have done this?' that I have grown very fond of him. That man is really attached to you.
N'est-ce pas étonnant que de voir ses vœux aussi exaucés le lendemain même? C. à d., qu'il n'y a rien d'aussi étonnant que la bonté divine pour un être qui la mérite si peu que moi. Et n'est-ce pas que le trait de dévouement de Sado est admirable? Il sait que j'ai un frère Serge, qui aime les chevaux et comme je lui ai promis de le prendre en Russie quand j'y irai, il m'a dit, que dût-il lui en coûter 100 fois la vie, il volera le meilleur cheval qu'il y ait dans les montagnes, et qu'il le lui amènera.
Faites, je vous prie, acheter à Toúla un 6-barrelled pistol et un musical-box, si cela ne coûte pas trop cher. Ce sont des choses qui lui feront beaucoup de plaisir.
In explanation of this letter one has to mention that Sádo was a 'peaceful' Circassian, that is, one friendly to Russia (though his tribe in general were hostile), and further, that the passages printed in English in the midst of the French text, are in the original written in Russian.
A few days later we find Tolstoy on his way back to Starogládovsk, stopping (probably for post-horses) at the post-station Mozdók, and again writing his aunt a long letter in which he says:
[9]La religion et l'expérience que j'ai de la vie (quelque petite qu'elle soit) m'ont appris que la vie est une épreuve. Dans moi elle est plus qu'une épreuve, c'est encore l'expiation de mes fautes.
J'ai dans l'idée que l'idée si frivole que j'ai eu d'aller faire un voyage au Caucase—est une idée qui m'a été inspirée d'en haut. C'est la main de Dieu qui m'a guidé—je ne cesse de l'en remercier. Je sens que je suis devenu meilleur ici (et ce n'est pas beaucoup dire puisque j'ai été très mauvais) et je suis fermement persuadé que tout ce qui peut m'arriver ici ne sera que pour mon bien, puisque c'est Dieu lui-même qui l'a voulu ainsi. Peut-être c'est une idée bien hardie, néanmoins j'ai cette conviction. C'est pour cela que je supporte les fatigues et les privations physiques dont je parle (ce ne sont pas des privations physiques—il n'y en a pas pour un garçon de 23 ans qui se porte bien) sans les ressentir, même avec une espèce de plaisir en pensant au bonheur qui m'attend.
Voilà comment je le représente:
Après un nombre indéterminé d'années, ni jeune, ni vieux, je suis à Yásnaya; mes affaires sont en ordre, je n'ai pas d'inquiétudes, ni de tracasseries. Vous habitez Yásnaya aussi. Vous avez un peu vieillie, mais êtes encore fraîche et bien portante. Nous menons la vie que nous avons menée,—je travaille le matin, mais nous nous voyons presque toute la journée. Nous dînons. Le soir je fais une lecture qui ne vous ennuie pas, puis nous causons—moi je vous raconte ma vie au Caucase, vous me parlez de vos souvenirs—de mon père, de ma mère, vous me contez des 'terrible tales' que jadis nous écoutions les yeux effrayés et la bouche béante. Nous nous rappelons les personnes qui nous ont été chères et qui ne sont plus; vous pleurerez, j'en ferai de même, mais ces larmes seront douces; nous causerons des frères qui viendront nous voir de temps en temps, de la chère Marie qui passera aussi quelques mois de l'année a Yásnaya qu'elle aime tant, avec tous ses enfants. Nous n'aurons point de connaissances—personne ne viendra nous ennuyer et faire des commérages. C'est un beau rêve, mais ce n'est pas encore tout ce que je me permets de rêver.—Je suis marié—ma femme est une personne douce, bonne, aimante; elle a pour vous le même amour que moi; nous avons des enfants qui vous appellent grandmaman; vous habitez la grande maison en haut, la même chambre que jadis habitait grandmaman. Toute la maison est dans le même ordre qu'elle a été du temps de papa et nous recommençons la même vie, seulement en changéant de rôle; vous prenez le rôle de grandmaman, mais vous êtes encore meilleure; moi le rôle de papa, mais je désespère de jamais le mériter; ma femme celui de maman, les enfants le nôtre; Marie le rôle des deux tantes, leurs malheurs exceptés.... Mais il manquera un personnage pour prendre le rôle que vous avez joué dans notre famille; jamais il ne se trouvera une âme aussi belle, aussi aimante que la vôtre. Vous n'avez pas de successeur. Il y aura trois nouveaux personnages, qui paraîtront de temps en temps sur la scène—les frères, surtout l'un qui sera souvent avec nous: Nicolas—vieux garçon, chauve, retiré du service, toujours aussi bon, aussi noble.
I imagine how he will, as of old, tell the children fairy tales of his own invention, and how they will kiss his greasy hands (but which are worthy of it), how he will play with them, how my wife will bustle about to get him his favourite dishes, how he and I will recall our common memories of days long past, how you will sit in your accustomed place and listen to us with pleasure; how, as of yore, you will call us, old men, 'Lyóvotchka' and 'Nikólenka,' and will scold me for eating with my fingers, and him for not having clean hands.
Si on me faisait empereur de Russie, si on me donnait le Pérou, en un mot si une fée venait avec sa baguette me demander ce que je désire—la main sur la conscience, je répondrais que je désire seulement que ce rêve puisse devenir une réalité.
He returned to Starogládovsk a Junker, and in February took part in an expedition as a non-commissioned artillery officer, and nearly received a St. George's Cross for bravery, but lost it because, once again, he had not his documents in order.
Writing to his Aunt Tatiána some months later (June 1852), he says:
[10]Pendant cette expédition, j'ai eu l'occasion d'être deux fois présenté à la croix de St. Georges et je n'ai pas pu la recevoir à cause du retard de quelques jours de ce maudit papier. J'ai été présenté pour la journée du 18 Février (ma fête), mais on a été obligé de refuser à cause du manque de ce papier. La liste des présentations partit le 19, le 20 le papier était arrivé. Je vous avoue franchement que de tous les honneurs militaires c'est cette seule petite croix que j'ai eu la vanité d'ambitionner.
On a second occasion he had the refusal of the coveted cross, but his Colonel pointed out to him that besides being sometimes given to Junkers favoured by their officers, these crosses were also, and more usually, granted to old and deserving privates, whom they entitled to a life pension; and that if Tolstoy would forego the one intended for him, it would be given to a veteran who deserved it, and to whom it would secure a subsistence for his old age. Tolstoy, to his honour be it said, renounced the coveted decoration. He had a third chance of securing it later on, but this time, absorbed in playing chess till late at night, he omitted to go on duty, and the Commander of the Division noticing his absence, placed him under arrest and cancelled the award which had been already made in his favour. Chess, I may here mention, has always been a favourite game of Tolstoy's. He has never studied the game from books, but has played much and plays ingeniously and well.
The kind of warfare in which he was now engaged, is well described in The Raid and The Wood-Felling. A detachment would set out to seize a Tartar village, make a clearing in a forest, or capture cattle. It would exchange cannon- and rifle-shots with Tartar skirmishers, and would lose perhaps half a dozen men killed or wounded before accomplishing its object; but the more serious part of the work came when the expedition returned to the fortified camp from which it had started. As soon as the retreat commenced, Tartar sharpshooters would swarm out, trying to cut off stragglers and inflicting as much damage as possible. Even after the Russians were beyond rifle-shot, a chance ball from a Tartar cannon might reach them within sight of their own quarters.
To see a single man one has known well, struck down by a deadly bullet, may impress an observer as vividly as the myriad corpses of a great battlefield; and in Tolstoy's earliest war-sketches one feels the note of horror at war quite as strongly as when, later on, he described far bloodier struggles at Sevastopol.
When not on campaign, Tolstoy was generally stationed at the Cossack village of Starogládovsk, where he lived more or less the life vividly described in The Cossacks. The Grebénsky Cossacks located there were descended from Russian Dissenters (Old-Believers) who had fled from the persecution of former Tsars and had settled among the Mohammedan Circassians near the river Térek. They had retained the purity of their Russian speech, and remained nominally Christians, but had intermarried with the natives and adopted many of their manners and customs. Love of freedom, idleness, robbery, hunting, and war were their most prominent characteristics. They considered themselves altogether superior both to the semi-savage Mohammedan natives and to the tame, disciplined Russians. Drunkenness was not so much a weakness of these men as 'a tribal rite, to abandon which would have been considered as an act of apostasy.' The work was done by the women, or by hired Nogai-Tartar labourers. The women were physically better developed than the men, and were celebrated for their beauty, combining the purest type of Circassian features with the powerful build of Northern women. In their relations with men, especially before marriage, they enjoyed absolute freedom.
There was much that attracted Tolstoy in the simple life of these people: their frankness, their skill in hunting, their contempt for all that is artificial or weak, and their freedom from the moral struggles that tormented him. With one beautiful girl—Mariána—he fell deeply in love, but she remained indifferent to the attentions of a man who was inferior in the arts of war and hunting to some of the young men of her own tribe. His courtship failed (as he says of his hero in The Cossacks) because he could not, like a dashing young Cossack, 'steal herds, get drunk on Tchikir wine, troll songs, kill people, and when tipsy climb in at her window for a night, without thinking who he was or why he existed.'
Though one has always to be carefully on one's guard against taking Tolstoy's stories as though they were autobiographical, there are passages in The Cossacks which certainly apply to himself, and give a vivid idea of some of his moods at this time, as well as of his way of life while living as a Junker at Starogládovsk.
On one occasion the hero is out hunting in the woods and asks himself:
'How must I live so as to be happy, and why was I formerly not happy?' And he remembered his previous life, and felt disgusted with himself.... And suddenly a new light seemed revealed to him. 'Happiness,' said he to himself, 'consists in living for others. That is clear. The demand for happiness is innate in man; therefore it is legitimate. If we seek to satisfy it selfishly: by seeking wealth, fame, comforts, or love, circumstances may render the satisfaction of these desires impossible. It follows that they are illegitimate, but not that the demand for happiness itself is illegitimate. But what desire is there that can always be satisfied in spite of external conditions? What desire? Love, self-sacrifice!' He was so glad and excited at discovering this, as it seemed to him, new truth, that he jumped up and began impatiently seeking for some one for whom he might quickly sacrifice himself: to whom he might do good, and whom he could love. 'Yes; I need nothing for myself!' he kept mentally repeating: 'Then why not live for others?'
In the same story Tolstoy tells us that his hero lived monotonously and regularly.
He had little to do with his Commander or fellow-officers. In the Caucasus the position of a Junker with means of his own was in this respect particularly favourable. He was not sent to drill nor kept at work. As a reward for going on an expedition he was recommended for a commission, and meanwhile he was left alone. The officers considered him an aristocrat, and therefore in their intercourse with him bore themselves with dignity. Card-playing and the officers' carousals with singers, of which he had had experience when on service with the detachment, seemed to him unattractive, and he avoided the officers' society.
Again he tells us that his hero
often thought seriously of abandoning all else, enrolling himself as a Cossack, buying a cottage, and marrying a Cossack girl ... and living with Uncle Eróshka, going with him to hunt and to fish, and with the Cossacks on expeditions. 'Why don't I do this? What am I waiting for?' he asked himself.... But a voice told him to wait, and not to decide. He was restrained by a dim consciousness that he could not fully live the life of Eróshka and Loukáshka, because he had another happiness,—he was restrained by the thought that happiness lies in self-sacrifice.... He continually sought an opportunity to sacrifice himself for others, but it did not present itself.
In the same story the Cossack Loukáshka kills a Tartar 'brave' at night, and rises greatly in the popular esteem and in his own; and the hero thinks to himself:
'What nonsense and confusion! A man kills another and is as happy and satisfied as though he had done an excellent deed. Does nothing tell him there is here no cause for great rejoicing? That happiness consists not in killing others, but in sacrificing oneself?'
We have a yet safer record of Tolstoy's feelings in his Diary, in which about this time he noted down the following reflections concerning the chief faults he was conscious of in himself:
1. The passion of gaming is a covetous passion, gradually developing into a craving for strong excitement. Against this passion one can struggle.
2. Sensuality is a physical need, a demand of the body, excited by imagination. It increases with abstinence, and therefore the struggle against it is very difficult. The best way is by labour and occupation.
3. Vanity is the passion least harmful to others and most harmful to oneself.
In another passage, indicating quite a different phase of consciousness, he writes:
For some time past repentance for the loss of the best years of life has begun to torment me, and this since I commenced to feel that I could do something good.... There is something in me which compels me to believe that I was not born to be like everybody else.
In May we find him going on furlough to Pyatigórsk to drink the mineral water and to be treated for rheumatism. This is his description of Pyatigórsk, written nearly twenty years later in his Reading Book for Children:
Pyatigórsk (Five Hills) is so called because it stands on Mount Besh-tau. Besh means in Tartar 'five,' Tau means 'hill.' From this mountain flows a hot sulphur stream. The water is boiling, and over the places where it springs from the mountain there is always steam, as from a samovár.
The whole place where the town stands is very gay. From the mountain flow hot springs, and at the foot of the mountain flows the river Podkoúmok. The mountain slopes are wooded, all around are fields, and afar off one sees the great Caucasian mountains. On these the snow never melts, and they are always as white as sugar. When the weather is clear, wherever one goes one sees the great mountain, Elbrus, like a sugar cone. People come to the hot springs for their health; and over the springs, arbours and awnings have been erected, and gardens and paths have been laid out all around. In the morning a band plays, and people drink the waters, or bathe, or stroll about.
Here he was joined by his sister Mary and her husband. She also came to Pyatigórsk to be cured of rheumatism. She tells how her brother Leo was at this time attracted by Spiritualism, and would sometimes even borrow a table from a café and have a séance on the boulevard. He remained in Pyatigórsk till 5th August, and then returned to Starogládovsk. From thence he wrote to his aunt, repeating what he had said before of the officers with whom he had to associate.
[11]Il y a une trop grande différence dans l'éducation, les sentiments et la manière de voir de ceux que je rencontre ici pour que je trouve quelque plaisir avec eux. Il n'y a que Nicolas qui a le talent, malgré l'énorme différence qu'il y a entre lui et tous ces messieurs, à s'amuser avec eux et à être aimé de tous. Je lui envie ce talent, mais je sens que je ne puis en faire autant.
He mentions that for some time past he has acquired a taste for reading history, and says that he perseveres in his literary occupations. He had already three times rewritten a work he had in hand, and intended to rewrite it again. He felt much more content with himself at this time, and adds:
[12]Il y a eu un temps où j'étais vain de mon esprit et de ma position dans le monde, de mon nom; mais à présent je sais et je sens que s'il y a en moi quelque chose de bon et que si j'ai à en rendre grâce à la Providence, c'est pour un cœur bon, sensible et capable d'amour, qu'il lui a plu de me donner et de me conserver.
On 29th June he again notes in his Diary:
He whose aim is his own happiness, is bad; he whose aim is the good opinion of others, is weak; he whose aim is the happiness of others, is virtuous; he whose aim is God, is great.