FOOTNOTES:

[216] Ces Nouvelles Indes que Colomb nomma sa propriété (cosa que era suya) etoient inabordables pour celui qui les avoient refusées à la France, à l'Angleterre et au Portugal. Les lettres que l'amiral adresse à sa famille et ses amis depuis l'année 1502, ne respirent que la douleur.

The following is an extract from one of Columbus's mournful appeals to Ferdinand and Isabella:

"Such is my fate, that the twenty years of service through which I have passed with so much toil and danger have profited me nothing, and at this very day I do not possess a roof in Spain that I can call my own: if I wish to eat or sleep, I have nowhere to go but to the inn or tavern, and most times lack wherewith to pay the bill.... I was twenty-eight years old when I came into your highnesses' service, and now I have not a hair upon me that is not gray; my body is infirm, and all that was left to me, as well as to my brothers, has been taken away and sold, even to the frock that I wore, to my great dishonor.... The honest devotedness I have always shown to your majesties' service, and the so unmerited outrage with which it has been repaid, will not allow my soul to keep silence, however much I may wish it. I implore your highnesses to forgive my complaints. I am, indeed, in as ruined a condition as I have related. Hitherto I have wept over others: may Heaven now have mercy upon me, and may the earth weep for me. Weep for me, whoever has charity, truth, and justice!"—Select Letters of Columbus, published by the Hakluyt Society.

No. XIV.

"Per necessità d'acque mandammo il battello a terra con venticinque huomini: dove per le grandissime e frequente onde che gettava il mare al lito per esser la spiaggia aperta, non fu possibile che alcuno potesse smontare in terra senza pericolo di perder il battello: vedemmo quivi molte genti che venivano al lito, facendo varij segni d'amicizia e dimostrando contentezza che andassimo a terra, e per pruova li conoscemmo molto umani e cortesi come per il successo caso V.M. intenderà. Per mandarli delle cose nostre, e da Indiani communimente molto desiderate, e apprezzate come sono fogli di charta, specchi, sonagli e altri simile cose, mandammo a terra un giovane de nostri marinari, quale ponendosi a nuoto, nell' approssimarsi (ritrovandosi in acqua da tre, o quattro braccia di terra lontano) di lor non confidandosi gliele getto nel lito, poi nel voler ritornar a dietro, dall onde con tanta furèa fu traportato alla riva, che vi si trovò di modo straccho, e sbattuto, che vi resto quasi morto. Il che veduto da gli Indiani corsero a pigliarlo, e tiratolo fuora lo portarono alquanto dal mare lontano. Risentito il giovane e vedendosi da lor portato, alla disgrazia prima vi s'aggiunse il spavento, per il quale metteva grandissimi gridi, e il simile facevano gl' Indiani che l'accompagnavano, nel volerlo assicurare e li davano cuore di non temere: di poi avendolo posto in terra al piè d'un picciolo colle in faccia del sole, con atti d'admirazione lo riguardavano, maravigliandosi della bianchezza della sua carne, e ignudo spogliatolo lo fecero ad un grandissimo fuoco restaurare, non senza timore di noi altri, che eramo nel battello restati, che a quel fuoco arrostendolo, lo volessero divorare. Riavute le forze il giovane, e con loro avendo alquanto dimorato, con segni li dimostrò voler alla nave far ritorno: da quali con grandissimo amore, tenendolo sempre stretto, con varij abbracciamenti, fu accompagnato sino al mare, e per più assicurarlo, allargandosi andarono sopra un colle eminente, e quivi fermatislo stellero a riguardare sino che nel battello fu entrato."—Verazzano in Ramusio, tom, iii., p. 420.

No. XV.

"Commission de François I. à Jacques Quartier, pour l'établissement du Canada, du 17e Octobre, 1540.[217]

"François, par la grace de Dieu, Roi de France: à tous ceux que ces présentes lettres verront, salut. Comme pour le désir d'entendre et avoir connoissance de plusieurs pays qu'on dit inhabités, et autres être possédés par gens sauvages, vivant sans connoissance de Dieu et sans usage de raison, eussions dès pie-ça, à grands frais et mises envoyé découvrir les dits pays par plusieurs bons pilotes, et autres nos sujets de bons entendement, savoir et expérience, qui d'iceux pays nous avoient amené divers hommes que nous avons par long-tems tenus en notre royaume, les faisant instruire en l'amour et crainte de Dieu et de sa sainte loix et doctrine Chrétienne en intention de les faire ramener ès dits pays en compagnie de bon nombre de nos sujets de bonne volonté, afin de plus facilement induire les autres peuples d'iceux pays à croire en notre sainte foi; et entr'autres y eussions envoyé notre cher et bien aimé Jacques Quartier, lequel auroit découvert grands pays des terres de Canada et Hochelaga faissant un bout de l'Asie du côte de l'Occident; lesquels pays il trouvé (comme il nous a rapporté), garnis de plusieurs bonnes commodités, et les peuples d'iceux bien fournis de corps et de membres; et bien disposé d'esprit et d'entendement; desquels il nous a semblablement amené aucun nombre, que nous avons par long-tems fait voir et instruire en notre dite sainte foi avec nos dits sujets: en considération de quoi, et de leur bonne inclination, nous avons avisé et delibéré de renvoyer le dit Quartier ès dits pays de Canada et Hochelaga, et jusques en la terre de Saguenai (s'il peut y aborder) avec bonne nombre de navires, et de toutes qualités, arts et industrie pour plus avant entrer ès dits pays, converser avec les peuples d'iceux, et avec eux habiter (si besoin est) afin de mieux parvenir à notre dite intention et à faire chose agréable à Dieu nôtre Créateur et Rédempteur, et que soit à l'augmentation de son saint et sacré nom, et de Nôtre Mère Sainte Église Catholique, de laquelle nous sommes dits et nommés premier fils; par quoi soit besoin pour meilleur ordre et expédition de la dite entreprise, députer et établir un Capitaine Général et Maître pilote des dits navires, qui ait regard à la conduite d'iceux, et sur les gens, officiers et soldats y ordonnés et établis; savoir faisons, que nous à plein confians de la personne du dit Jacques Quartier et de ses sens, suffisance, loyauté, prud'hommie hardiesse, grande diligence et bonne expérience, icelui pour ces causes et autres à ce nous, mouvans, avons faits constitué et ordonné, faisons, constituons, ordonnons et établissons par ces présentes, Capitaine Générale et Maître pilote de tous les navires et autres vaisseaux de mer, par nous ordonnés être menés pour la dite entreprise et expédition, pour le dit état et charge de Capitaine Générale et Maître Pilote d'iceux navires et vaisseaux, avoir tenir, et exercer par le dit Jacques Quartier aux honneurs, prérogatives, pré-éminences, franchises, libertés, gages et bienfaits tels que par nous lui seront pour ce ordonnés, tant qu'il nous plaira. Et lui avons donné, et donnons puissance et autorité de mettre, établir, et instituer aux dits navires tels lieutenants, patrons, pilotes et autres ministres nécessaires pour le fait et conduite d'iceux, en tel nombre qu'il verra et connoîtra être besoin et nécessaire pour le bien de la dite expédition. Si donnons en mandement par ces dites présentes, à nôtre Admiral au Vice Admiral que prins et reçue du dit Jacques Quartier le serment pour ce on est accoutumé, icelui mettent et instituent on fassent mettre et instituer de par nous en possession et saisine du dit état de Capitaine Générale et Maître Pilote; et d'icelui, ensemble des honneurs, prérogatives, pré-éminences, franchises, libertés, gages et bienfaits, tels que par nous lui seront pour ce ordonnés, le fassent, souffrent et laissent, jour et user pleinement et paisiblement et à lui obéir et entendre de tous ceux, et ainsi qu'il appartiendra ès choses touchant et concernant le dit état et charge: et outre lui fasse, souffre et permette prendre le petit galion, appellé l'Emérillon que de présent il a de nous, lequel est jà vieil et caduc, pour servir à l'adoub de ceux des navires qui en auront besoin, et lequel nous voulons être prins et appliqué par le dit Quartier pour l'effet dessus dit, sans qu'il soit tenus en rendre aucun autre compte et reliquat; et duquel compte et reliquat nous l'avons déchargé et déchargeons par icelles présentes: par lesquels nous mandons aussi à nos Prévôts de Paris; Bailliffs de Rouen, de Caen, d'Orleans, de Blois, et de Tours; Sénéchaux du Maine, d'Anjou, et Guienne, et à tous nos autres Bailliffs, Sénéchaux, Prévôts, Alloués, et autres nos Justiciers et officiers, tant de notre royaume que de notre pays de Brétagne uni à icelui pardevers lesquels sont aucuns prisonniers, accusés, ou prévenus d'aucuns crimes quels qu'ils soient, fors de crimes de lèze-Majesté divine et humaine envers nous, et de faux monnoyeurs qu'ils aient incontinent à délivrer, rendre et bailler ès mains du dit Quartier, ou ces commis ou députés partans ces présentés, on le duplicate d'icelles pour notre service en la dite entreprise et expédition, ceux des dits prisonniers qu'il connoîtra être propres, suffisans, et capables pour servir en icelle expédition jusqu'au nombre de cinquante personnes, et selon le choix que le dit Quartier en fera, iceux premièrement jugés et condamnés selon leur démérites et la gravité de leurs méfaits, si jugés et condamnés ne sont; et satisfaction aussi préalablement ordonnée aux parties civiles et intéressés, si fait n'avoit été: Pour laquelle toutefois nous ne voulons la déliverance de leur personne ès dites mains du dit Quartier (s'il les trouve de service) être rétardée ne retenue; mais se prendra la dite satisfaction sur leurs biens seulement: et laquelle délivrance des dits prisonniers accusés ou prévenus, nous voulons être faite ès dites mains du dit Quartier pour l'effet dessus dits par nos dits justiciers et officiers respectivement, et par chacun d'eux en leur regard, pouvoir et jurisdiction, nonobstant oppositions ou appellations quelconque faites ou à faire, relevées, ou à relever, et sans que par le moyen d'icelles, icelle délivrance en la manière dessus dite, soit aucunement différée; et afin que le plus grand nombre n'en soit tiré, outre les dits cinquante, nous voulons que la délivrance que chacun de nos dits officiers en fera au dit Quartier soit écrite et certifiée en la marge de ses présentes, et que neanmoins registre en soit par eux fait et envoyée incontinent pardevers notre âme et fial Chancellier, pour connoître le nombre et la qualité de ceux qui auront été baillé et délivrés: Car tel est notre plaisir. En témoin de ce, nous avons fait mettre notre scel à ces dites présentes. Donné à Saint Pris le dix septième jour d'Octobre, l'an de grâce, mil cinq cent quarante, et de notre règne le vingt-septième.

"Ainsi signé sur le repli, par le Roi, vous Monseigneur le Chancellier et autres persons.

"De la Chesnaie.

"Et scellé sur le repli à simple queue de cire jaune."