5. PITIÉ TOUCHANTE

C'était pendant la guerre de Crimée. Un soir de combat, deux blessés gisaient côte à côte sur le champ de bataille. La nuit tomba, et le froid terrible qui sévissait augmenta encore leurs souffrances. Ils essayèrent d'échanger quelques paroles, mais ils ne se comprirent pas, car l'un était un Français et l'autre était un Russe. Le sommeil vint enfin clore leurs yeux. Hélas! ceux du Français ne devaient plus voir le jour.

Le matin, en s'éveillant, le Russe vit sur lui un manteau qui ne lui appartenait pas. Son voisin ne bougeait plus. Ce généreux adversaire, sentant approcher la mort, avait jeté sur son compagnon d'infortune un vêtement qui désormais lui était inutile. Il avait ainsi mis en pratique cette maxime: Soyons bons, même envers nos ennemis.--(D'après BERSOT.)

Où les deux blessés se trouvaient-ils?--Qu'est-ce qui augmentait leurs souffrances?--Ont-ils essayé de se parler?--Pourquoi ne pouvaient-ils se faire comprendre?--Qu'est-ce qui a fermé enfin leurs yeux?--Le lendemain matin, qu'est-ce que le Russe a vu?--Pourquoi le Français avait-il jeté son manteau sur le Russe?

Donnez votre idée de la morale de cette histoire.

6. LA MÉFIANCE EST MÈRE DE LA SÛRETÉ

Un particulier avait la réputation de bien faire le café. C'est un talent et notre homme le savait bien. Un jour il reçoit une lettre où, avec les compliments les plus flatteurs sur son talent, on le priait d'envoyer sa recette.

Le grand homme se rend avec joie à cette demande, et remercie l'auteur de la lettre de la bonne opinion qu'il a de lui; puis, saisi tout à coup de méfiance, il ajoute: j'espère cependant que votre demande n'est pas une ruse pour vous procurer mon autographe.

Quel don notre homme avait-il?--S'en faisait-il fort?--Le bruit de son talent s'est-il répandu?--Quelle demande ce monsieur a-t-il reçue un jour?--S'y est-it rendu?--De quelle arrière-pensée a-t-il été tout à coup saisi?