APPENDIX XXVII
[P. 422, n. 1]
STATE PAPERS, FOREIGN
Elizabeth, Vol. CXV, No. 937.
[The Vidame de Charters to Marshal Montmorency]
Monseigneur, j’ay receu une lettre quil vous a pleu m’escripre pour responce a ce que vous avois escript par monsieur de Saragosse. Iay congneu que pensiez que je fusses encores au lieu dont vous avois escript. Si jeuse pense que ma presente y eust este requise j’euse differé tant quil vous eust pleu le me faire entendre. Mais il vous estoit fort aise a penser que si lon prenoit goust par deça a ceste negociation elle seroit adressee a monsieur le cardinal de Chastillon, ou a l’ambassadeur du roy. On seroit envoye quelqu’ng des francoys favoris. Quand a moy ie n’ay pretendu en cest affaire que le service du roy et de la couronne de France, et si les affaires succedoient comme je y voy une telle espoirance et asseurance sil estoit poursuivy diligemment. Le contentement que je desire ne me pouroit fuir. Il est vray que je serais fort marry si jamais j’oyois dire que par faulte de diligence cest affaire fust demoure imparfaict, aussy seroit ce ung domage public oultre le particullier du prince au quel les premiers fruicts en appartiennent. Monsieur une lettre que jay receue de monsr de Saragosse me faict entrer en soupçon et craincte que en atendant entre deux personnes qui ne se sont jamais veues qui ostera prenner le bonnet il ne se mette quelqung entre deux qui face perdre l’occasion de contracter une grande amitie & fort utille a la France, la quelle estant perdue sensuyviroit le dommage et le regret (mais en vain). Je suis bien asseure que larcheduc d’Austriche ne sendormira pas et ne laisera perdre l’occassion qui se presente a une assemblee des estatz qui se vont tenyr voire les previendra sil peult ne perdra pas une heure, que pendant quil voyt que la royne est en deffiance et doubte pour les affaires de la royne D’escosse et des differens quelle a avec le roy D’espaigne et quilz voyoient que l’empereur avent en pouppe, et quil faict des mariages telz quil scavroit souhaiter. Il ne se serve de l’occassion & faveur du temps et pendant que les amis simulez paistront la jeunesse animeuse et la rempliront de grande espoirance, luy prometant par adventure des plus grandes choses (combien quelles ne soient pas aysees a trouver), et pour moy je ne les scay pas ilz prendront cest advantage sur la partye et renforceront leur grandeur de la puissance et faveur d’un royaulme qui nest point petit. Et vous ose bien dire quil y a de la part de ceux en qui gist la resolucion de cest affaire une grande inclinacion et une grande consideracion de long service de cest ancyen serviteur et de la subjection et humiliacion quil a monstree de la quelle vous scavez que le sexe se delecte. Ausy est ce leur façon de regner la quelle toutes veulent exercer, tant plus les roynes. Il ne fault penser que les dificultes pour la religion puissent engendrer quelques difficultez aux capitulacions qui facent plus de retardement. Car je scay par la bouche de la dame et ausy par ceux qui ont sceu toute ceste negotiacion passee, et par ung qui y a este employe qui ne parle pour metre le beau devers elle nestant de ses subjects mais estranger, que la charte blanche luy a este donnee. Et sest contente l’Archeduc pour le faict de la religion de si peu que cella se doibt estimer pour rien. Davantage la consideracion de lage qui est plus vivill et meur donne ung beau lustre aux persuasions et jugement de ceux qui tendent de ce costé la. Avec ses advantages du long service et age convenable, je crains que ceux qui tiennent le party contraire ne persuadent avec aparence a cause du trop long silence ou froide poursuite quil y aye du contemnement ou de la froideur en ceux de la France estant chose propre au sexe de faire plus de choses par despit que par amour est a craindre quel la froideur de ceste part ne soit cause de l’eschauffer et faire haster plus quelle ne fairoit si nestoit pour se faire regretter apres a loisir par ceulx qui se seroient portez trop froidement en son endroit. Larticle de la lettre du gentilhomme qui vous porta ma lettre (qui me faict craindre que en voulant traicter de la part de la France avec fort grand respect et par adventure prendre l’honneur devers nous l’affaire nen sera pire) est quil dict que si lon estoit asseure par deça de la bonne volonte de ceux de dela la mer on y pouroit entendre ce qui me semble estrange de vouloir qu’une ville se rende avant quelle soit sommee. Il me semble que cest beaucoup quelle parlamente, sans avoir ouyr parler le canon. Et nest par peu de chose qu’estant sa principalle defence de la difference de laage et de linconstance de la jeunesse et la crainte destre dicy a quelques anees, peu aymes et mesprisee et en danger de veoir de ses yeulx aymer dautres, lon luy a faict abandonner ceste contre escarppe et le corrider tellement que lon peult veoir au pied de la muraille que je vous asseure nest point veue de flans. Des particularitez et moyens que lon a tenue en ses approches jusques la jen ay dice quelque chose a ce gentilhomme qui est fort affectionne a cest affaire en faveur du bien de la France. Et dabondant en hayne de la grandeur qui se voit preparer a la maison d’Autriche si elle s’impatronize de ce royaume, tellement quil nest a craindre si non que la tradiuite ne donne loisir a ceux qui de long temps ont faict deseing de se saisir de ce pais de venyr au bout de leur intencions lesquelles sont fort favorablement receues, et croy quils jouyront en bref si leurs conseilz ne sont troublez par une diuersion & par obiect nouveau plus desirable que celuy qui ce presente Ce qui me semble estre indubitablement en la jeunesse d’un prince qui a la reputacion davoir le sens meur devant les ans et ausi courageux et dausy grande espoirance que prince ne soit ne de lage des hommes. Monsieur vous scavez trop bien combien la maisson d’Autriche seroit agrandie sur la maison de France si elle estoit renforcee de ce royaume. Et ny a point de doubte quelle ne donnast pour tousjours par cy apres la loy a la France et est chose seure quelle contraindroit le roy a rompre la paix quil a donnee a ses subiectz. Davantage si par ce mariage nest donne satisfaction au grand coeur de monsr frere du roy pour loccuper et luy donner matiere de faire plus grandz deseingz Il ne fault point doubter que tous ceux qui prennent la couleur et pretexte de la religion pour advancer les moiens de la divission et ruyne de la France afin d’agrandir la maison d’Autriche ne proposent a monsieur duc danjou quelques mariages qui sera au despens de la couronne de France si la bonne nature et amitie dentre les freres ne resiste a leur malicieux deseingz. Mais il ne sen scauroit proposer du quel se doive espoirer plus de grandeur, non seulement a luy mais a toute la maison de France en gaignant le dessus sur la maison d Autriche, la quelle veult soubz couverture & douceur du mariage du roy faire avaller ceste curee & gaigner ung royaume sans ce quil luy soit donne empeschement et ne fault point doubter que si le mariage de larcheduc se faict quil ne soit en peu de temps mieulx obey que na este le roy Philippe et ce moiennant le danger de la religion et leur sera aise de nous donner la loy ou pour le mains de nous faire redoubler la ruyne de la France par division et guerre civille. Au contraire si ce bien est resceue pour noz princes il y aura bien de quoy rendre la pareille a ceux qui ont dresse tous leurs conseilz a procurer que la France se ruynast par une guerre civille Voyans que par guerres ouvertes jamais ilz n’auroient peu paruenir a leur intencion. Pour amour du mal quilz ont faict monsr pouroit iustement avec forces du roy faveur dangleterre et moiens du prince dorenge avoir la confiscacion de la Flandre par droict de feodalite pour felonnie commise. Et ausy la maison d Autriche qui se bastit lempire hereditaire et la monarchie se trouveroit en ung instant deux freres roys ausy puissans lun que lautre pour contrepois de son ambition liggnez avec les princes protestans de lallemaigne et auroient les deux freres plus de part en lempire que ceux qui se veulent atribuer par la ruyne des anciennes maisons de la Germanye come de la maison de Saxe et des princes palatins qui sont amateurs de la couronne de France. Le partage de monsieur d allençon seroit aise a trouver en la duche de Millan auec la faueur de lallemaigne, des Suises ausy et des princes Italliens devotieux de la France Et si besoing estoit por le recouvrement du royaume de Naples, la faver du Turc se trouveroit par apres ung a propos. Monsr il ma semble que cela est si aparent, et si facille a persuader que puis que vous en aurez une fois ouvert la bouche il ny faudra plus autre soliciteur que le roy mesmes qui peult veoir par ce moyen son royaume luy demourer uny ses freres partagez. Sa force telle et si grande quil ne poura estre offence ny commande par menasses qui contraignent faire la guerre a ses subiects pour complaire a ceux qui sont envieux de sa grandeur et n’ont peu trouver moyen de la diminuer que par elle mesmes. Lors ce pouroit faire une legue parfaicte entre noz princes & les protestans de la Germanie & les suisses. De ceste facon ung grand plaisir viendroit a la royne de veoir tous ses enfans roys. Lors leglisse galicane pouroit sexempter des erreurs de leglisse Romayne comme elle a faict plusieurs fois le temps passe, lors se pouroit faire ung concille general au quel les erreurs introduictes par lambition et advarice de leglisse romayne ne seroient favorisses et confirmees par praticques et corruptions, et en la France l’allemaigne et langleterre s’introduiroient une ordre et pollice de religion et unite de doctrine que toutes les autres provinces de la cristiente seroient contraintes dembrasser et finiroient les differens des subiectz avec leurs princes desquelles Sathan se sert pour la destruction de la Christeente et pour donner loisir au turc d’usurper pendant que les princes Chrestiens s’amussent a defendre les supersticions du Pape et maintenyr sa grander.
Monseigneur je me recommande treshumblement a votre bonne grace et vous suplie de rechef me departir de votre faveur et conseil touchant comment je me doibs gouverner a escripre a leurs mates ou non: Monsr je prie Dieu vous donner tresheureuse et treslongue vye. De la Ferte ce—— [1776] jour doctobre 1570.
[Not signed]
[Not addressed]
[Endorsed in Cecil’s hand] Octob. 1570.
The vidam of Chartres to the Marshall Montmorency.
[Enclosed by Sir Henry Norreys to Cecil, 4 November, 1570.][1777]