CHAPITRE III.

[26] DES TERRES, DE LEURS PEUPLES, & DE CE QU'Y ABONDE.

[62] LES terres, à mon aduis, principalement en la Norambegue, sont aussi bonnes qu'en France: cela cognoissez-vous à leur couleur noire, aux arbres hauts, puissants, & droicts, qu'elles nourrissent, aux herbes & foin aussi haut souuent qu'vn homme, & choses semblables. A S. Sauueur, nous auions semé à la my-Iuin des grains, des pepins, des poix, des febues, & toutes sortes d'herbes de jardinage. Trois mois apres, c'est à sçauoir, à la my-Septẽbre, nous reuinsmes voir nostre labourage: le froment n'apparoissoit point (aussi auoit-il esté semé hors de saison,) l'orge estoit espié, mais non pas meur, les pois & faisoles bonnes parfaictement, mais encores vertes, les febues [27] n'estoyent qu'en fleur: tout le reste estoit admirablement biẽ venu, mesmement les oignons, & ciboules, les pepins auoyent ietté, les aucuns d'vn pied tout entier, les moindres d'vn demy pied.