CHAPITRE VI.
DE LEURS MARIAGES & PETIT NOMBRE DE PEUPLE.
[98] AV cõtraire de nous, ils font en leurs mariages, non que le pere donne doüaire à sa fille pour la loger auec quelqu'vn; ains [61] que le poursuiuant face de bons, & beaux presens au pere, à ce qu'il luy donne sa fille pour espouse. Les presents seront proportionnément à la qualité du pere, & beauté de la fille; des chiens, des castors, des chauderons, & haches, &c. Mais la façon de courtiser, est bien sauuage: car l'amoureux dés qu'il se professe pour tel, n'oseroit regarder la fille, ny luy parler, ny demeurer aupres d'elle, sinon par occasion, & lors il faut qu'il se commande de ne la point enuisager, ny donner aucun signe de sa passion, autrement il seroit la mocquerie de tous, & sa fauourie en rougiroit. Apres quelque temps, le père assemble la parẽtée, pour auec eux deliberer de l'alliance. Si le recherchant est de bon aage; s'il est bon, & dispos chasseur, sa race, son credit, sa gaillardise; & s'il leur aggrée, ils luy [62] allongeront, ou accourciront, ou conditionneront le temps, & façon de sa poursuitte, ainsi qu'ils aduiseront, au bout duquel temps pour les nopces y aura solemnelle Tabagie & festin, auec harangues, chants, & danses.